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	<title>Vincent LE CORRE - Psychologue - Psychanalyste</title>
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	<description>psychologue, psychanalyste, en institution et en libéral, travaillant, entre autres, sur les jeux vidéo, les médiations, le jeu...</description>
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		<title>La violence entre dégoût et fascination</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 17:26:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychoboxe]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment réfléchir sur la violence à partir de la Psychanalyse ?
Premier épisode d'un réflexion en cours...
Paris, le 11 janvier 2026.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1) Epistémologie d’une ignorance dans la psychanalyse ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Devons-nous faire taire cette violence qui tente bien souvent de combler, de masquer les failles d’un sujet, ou bien essayer de l’écouter ? Mais alors comment l&#8217;écouter ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2026/01/Livre-Fassin.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1642" title="Livre Fassin" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2026/01/Livre-Fassin-628x1024.jpg" alt="" width="377" height="614" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans son ouvrage <em>Leçons de ténèbres</em>, l&#8217;anthropologue et médecin Didier Fassin cherche à cerner pourquoi la violence n’a pas été prise en compte dans les sciences sociales (Anthropologie et Sociologie). L’historien Stéphane Audouin Rouzeau se pose également la même question en Histoire dans son livre <em>Combattre</em>) au cours du 20<sup>ème</sup> siècle, alors même que ce siècle a été particulièrement violent. Fassin fait référence à l&#8217;ouvrage du philosophe Charles Mills, <em>le contrat racial, </em>en parlant d&#8217;une épistémologie de l&#8217;ignorance. Mills a développé cette expression pour démontrer à quel point ce qu&#8217;il appelle un contrat racial gît sous les élaborations du fameux contrat social dans l&#8217;histoire de la philosophie. Ce contrat racial implique, définit et légitime certains rapports entre les Blancs et les non-Blancs, mais sans qu&#8217;il ne soit jamais explicité. Si le contrat racial est bien perçu par les non Blancs, celui-ci est un point aveugle chez les auteurs Blancs. &laquo;&nbsp;Il existe donc, selon [Charles Mills] une véritable épistémologie de l&#8217;ignorance au coeur de la production de connaissance sur le monde, et cette épistémologie de l&#8217;ignorance est incarnée dans les individus qui élaborent cette connaissance.&nbsp;&raquo; (Fassin, p.38)</p>
<p style="text-align: justify;">Il ressort ainsi dans l&#8217;Anthropologie et la Sociologie pour Fassin que :</p>
<p style="text-align: justify;">1)  Les théories en Anthropologie visaient à décrire un ordre social : comment une société cherche un certain équilibre. La violence étant précisément une force qui bouscule l’ordre, ces théories empêchaient finalement la prise en compte de la violence.</p>
<p style="text-align: justify;">2)  Les anthropologues restaient ainsi trop attachés à leur théorie, à appliquer leur modèle aux mondes sociaux qu’ils rencontraient, et cela les empêchaient ainsi de prendre en compte la violence.</p>
<p style="text-align: justify;">3)  En sociologie, le fonctionnalisme inspiré de Durkheim impliquait un attachement des théories sociologiques à un certain ordre social.</p>
<p style="text-align: justify;">4) Un autre facteur fut les représentations de « l’histoire de la marche du monde » dont l’essai de Norbert Elias est la théorie la plus raffinée. Elias raconte que le monde occidental se civilise, c’est-à-dire se pacifie. C’est ce qu’Elias nomme « la pacification des mœurs ». Audouin Rouzeau critique Elias sur ce point, en mettant en avant les deux guerres mondiales du 20ème siècle. Il y a tout un chapitre dans son livre qui tente de montrer qu’Elias aurait été traumatisé par son expérience de la première guerre mondiale et aurait ainsi complètement mis de côté la violence de la guerre dans la construction de son modèle sociologique.</p>
<p style="text-align: justify;">5)  Enfin, la sociologie des acteurs du fonctionnement des sciences. Ces anthropologues étaient blancs, majoritairement des hommes, issus du monde occidental. Que se serait-il passé si les femmes avaient été plus présentes, si des racisés également. Les violences des colonisations auraient-elles été mieux prises en compte par exemple ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ces exemples dans d’autres disciplines doivent nous faire réfléchir en psychanalyse, dans le sens où les psychanalystes ne sont pas du tout en-dehors de l’ordre social, quand bien même il leur arrive d’essayer de le croire…</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons également nous prémunir, toujours, de tenter d’appliquer nos modèles. Ce qui n’est pas toujours évident. Particulièrement dans les situations qui peuvent nous sidérer par leur violence.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les psychanalystes sont également pris dans l’histoire de Freud. Et nous verrons la prochaine fois que l’abandon de la fameuse <em>Neurotica</em> (la théorie de la séduction, c’est-à-dire de la violence sexuelle) chez Freud est peut-être un exemple de cette sidération que peut provoquer la violence.</p>
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		<title>Psychoboxe</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1620</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 12:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychoboxe]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelques éléments sur le dispositif de Psychoboxe.
Paris, le 2 janvier 2026.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-f26f66a3-7fff-5054-bd7e-fc14069527a5" style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Qu’est-ce que la psychoboxe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Psychoboxe est un dispositif fondé par le psychanalyste Richard  Hellbrunn dans les années 80. Elle s’adressait initialement à tout sujet  qui souhaite interroger son rapport à la violence, qu’elle soit agie  par lui-même ou subie.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Les adresses ont évolué cependant avec le temps et se sont  élargies. L’aspect psychocorporel de ce dispositif étant en exploration,  les patients ayant une problématique psychosomatique par exemple  pourraient en bénéficier.</p>
<p id="docs-internal-guid-530c04eb-7fff-4774-6c90-8eae6047481f" style="text-align: justify;" dir="ltr">C&#8217;est la rencontre avec un adolescent de 16 ans qui a permis à Richard Hellbrunn d&#8217;élaborer son dispositif. Il le raconte dans son ouvrage <em><a href="https://www.editions-eres.com/ouvrage/1304/a-poing-nommes" target="_blank">A poings nommés</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cela n’est certainement pas anodin que le dispositif ait été créé en direction des adolescents. Ils nous demandent en tant que cliniciens d&#8217;élaborer d’autres dispositifs pour être entendus.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">C&#8217;est aussi pour cette raison que la médiation vidéoludique a été de plus en plus pratiquée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Une définition</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Hellbrunn la définit comme tel :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">« La psychoboxe a pour but de permettre à un sujet, à travers ses gestes, ses affects et ses représentations, de remettre en jeu l’universalité des processus et la singularité des positions qui émergent de sa confrontation à ce qui lui est violence dans son corps, sa parole et ses actes.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Des combats libres à frappe atténuée effectués dans un cadre formellement défini quant aux mouvements qu’il autorise, contient, transforme et porte à l’intelligibilité, font apparaître le travail d’une image inconsciente du corps, dont la dynamique est secondairement reprise par une parole visant à le reconnaître, à l’élaborer et à lui permettre de s’engager dans une évolution propre.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La psychoboxe ne se soutient que de l’ouverture d’une scène qui appelle un sujet à interpréter sa violence en la précipitant dans les formes perceptibles ».</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La psychoboxe s’inscrit donc comme dispositif d’écoute psychanalytique du sujet, à travers deux voies d’écoute que le dispositif vient mettre en jeu :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li dir="ltr">
<p dir="ltr">Une écoute du corps, à travers ses manifestations rythmiques et pulsionnelles entre le psychoboxant et le psychoboxeur, qui convoquent l’émergence d’affects pouvant conduire à des proto représentations. Une écoute donc de ce qu’on appelle “des agirs expressifs”, forme d’association libre produite par les mouvements du corps.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p dir="ltr">Et une écoute de la dynamique intrapsychique à travers ce que dit le sujet et des fantasmes qui peuvent se manifester tant dans les gestes et le mouvement que dans la parole.</p>
</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;"><strong>Le dispositif</strong></div>
<div style="text-align: justify;">
<p id="docs-internal-guid-91fd741c-7fff-7366-d5d2-503b3e4fc64b" dir="ltr">En Psychoboxe, le sujet qui souhaite interroger son propre rapport à la violence rencontre deux co-thérapeutes. Il lui est proposé de choisir avec lequel il souhaite mettre les gants. Lorsqu’il débute le travail thérapeutique, le psychoboxeur (le psychanalyste) s’engage alors dans ce que Richard Hellbrunn nomme une « rencontre frappante ». Il va se proposer comme objet à investir au psychoboxant (le patient), en se tenant devant lui, pour échanger des coups, à frappe atténuée, c’est-à-dire à la touche, pour un combat d’une durée d’une minute trente, dans un espace limité.</p>
<p dir="ltr">Ce cadre est assuré par l’écoute seconde d’un autre psychoboxeur (le therapon), garant du dispositif et de ce qui s’y joue, qui aura pour fonction de soutenir le temps d’association libre à l’issue du combat, et de proposer éventuellement un second combat dans la séance. Car c’est aussi à lui, considérant la dynamique transférentielle, que le combat est adressé.</p>
<p dir="ltr">Dans cet espace, il n’y a pas d’apprentissage technique de la boxe à proposer, ni de message psychoéducatif à faire passer. C&#8217;est un point important : la technique est à oublier. “C’est en renonçant à une approche essentiellement technique que les grandes lignes d’attaque, de protection, d’évitement et de fuite pouvaient apparaître plus clairement en ne cherchant que secondairement le meilleur moyen de se réaliser, sans perdre du vue ce qui pouvaient se construire dans la dynamique de la rencontre avec l’adversaire”. (<em>A poings nommés, </em>p. 42)</p>
<p dir="ltr">Nous pensons que la technique est une manière de tenter de refouler son propre manque (ses difficultés existentielles) dans cette rencontre : la technique dans les relations amoureuses et les coachings qui tentent de promouvoir la technique comme remède à l’angoisse de la rencontre ne résolvent rien de durable à cet endroit.</p>
<p dir="ltr">C’est la même chose dans le combat. La technique vise à atténuer, à circonscrire, voire à dénier, l’angoisse et vise la performance.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">Comme le rappelle le président de <a href="https://www.psychoboxe.com/" target="_blank">l&#8217;Institut de Psychoboxe</a>, Lionel Raufast, le psychoboxeur écoute « sous la technique, et au cœur du combat, les variations complexes, et parfois inquiétantes, des intelligences du corps expressif ».</div>
<div style="text-align: justify;">
<p id="docs-internal-guid-ec3f4e47-7fff-dd02-e19e-13fa1b9f0820" style="text-align: justify;" dir="ltr">Le combat en Psychoboxe est un combat théâtralisé. On ne va pas en psychoboxe pour se défouler ou pour apprendre à combattre. On y va pour s’exprimer et travailler sur soi, ce qui engage à partir de ce point de vue la dynamique transférentielle.  Les frappes atténuées qui permettent de ne rien risquer au niveau de l’intensité des coups, amènent à se rendre sensible et à faire l’expérience de « gestes énigmatiques », d’éprouvés sensori-affectifs. L’affrontement est transformé par cet effet de théâtralité. Et c&#8217;est pour cette raison que l&#8217;on rapproche la Psychoboxe du dispositif du Psychodrame psychanalytique.</p>
</div>
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		<item>
		<title>Sortie du second numéro Hors-Série de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1611</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 16:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Sortie du second numéro Hors-Série de la Nouvelle Revue de l'Enfance et de l'Adolescence : L'ENFANCE MISE AU PAS.
Paris, le 28 septembre 2022.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous annonce la sortie du second numéro Hors-Série de <strong>la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</strong>.</p>
<p>Il est intitulé <strong>L&#8217;ENFANCE MISE AU PAS.<br />
</strong></p>
<p>Un numéro porté par <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org" target="_blank">l&#8217;association AREA</a>.</p>
<p>Ce numéro a été coordonné par <strong>le groupe enfance du collectif des 39</strong> : Sandrine Deloche, Simon Dubois, Xavier Gassmann, Liliane Irzenski, Adèle Monod, Françoise Nielsen, Séverine Ouaki, Mickaël Paszt, Martin Pavelka, Anne Perret, Philippe Rassat, Aurélien Vernant.</p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2022/09/Flyer-ENFANCE-MIS-AU-PAS.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1612" title="Flyer ENFANCE MIS AU PAS" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2022/09/Flyer-ENFANCE-MIS-AU-PAS-750x1024.jpg" alt="" width="750" height="1024" /></a></p>
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		<item>
		<title>Sortie du numéro 5 de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1595</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 18:32:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous annonce la sortie du cinquième numéro de la Nouvelle Revue de l'Enfance et de l'Adolescence.
Il est intitulé PENSER LES OUTILS NUMERIQUES , De l'ombre à la créativité.

Paris, le 28/11/2021.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous annonce la sortie du cinquième numéro de <strong>la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</strong>.</p>
<p>Il est intitulé <strong>PENSER LES OUTILS NUMERIQUES , De l&#8217;ombre à la créativité.<br />
</strong></p>
<p>Un numéro porté par <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org" target="_blank">l&#8217;association AREA</a>.</p>
<p>Ce cinquième numéro a été coordonné par Angélique Gozlan, Arnaud Sylla et moi-même.</p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2021/11/FLYER-NREA5_Page_1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1596" title="FLYER NREA5_Page_1" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2021/11/FLYER-NREA5_Page_1-719x1024.jpg" alt="" width="719" height="1024" /></a></p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2021/11/FLYER-NREA5_Page_2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1597" title="FLYER NREA5_Page_2" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2021/11/FLYER-NREA5_Page_2-719x1024.jpg" alt="" width="719" height="1024" /></a></p>
<p>Voici la quatrième de couverture :</p>
<p>« Le  numérique est le grand bouleversement contemporain de la culture. Mais  après l’euphorie utopique apparaît aujourd’hui un retour à une dystopie  numérique, avec notamment la surveillance des individus, le contrôle de  leurs données et la question de leur utilisation. C’est ainsi que  l’individu navigue &#8211; à l’aveugle ou pas – en eau trouble : entre ombre  et créativité, entre individualisme et communauté virtuelle.</p>
<p>L’accueil  des jeunes patients d’aujourd’hui ne saurait faire l’impasse de ces  bouleversements. S’appuyant sur la pratique de différents professionnels  du soin, ce numéro développe l’idée que, quelle que soit notre  fonction, nous sommes amenés à penser les dispositifs numériques avec  lesquels les enfants et les adolescents construisent et développent leur  subjectivité, mais également pourquoi pas,  à en construire de nouveaux dans un objectif de soin. En cela, nous  continuons d&#8217;être des explorateurs de soi, de l’autre, au gré des  transferts qui se nouent dans la relation que chaque sujet entretient avec le numérique et ses autres virtualisés.</p>
<p>Au  confluent de la clinique et de la politique, de la question du  transfert et du travail de la culture, nous souhaitons contribuer à  penser nos pratiques au plus près du patient ou de l’usager, et veiller à  ce que le mouvement de virtualisation-actualisation, tel que l’a décrit  Deleuze, soit toujours actif, que du virtuel se créent un lien, une présence, une parole actuelle et bien réelle. &nbsp;&raquo;</p>
<p>Ce cinquième numéro est édité par l&#8217;Harmattan, et <a href="https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=numero&amp;no=71547&amp;no_revue=963&amp;razSqlClone=1" target="_blank">disponible ici.</a></p>
<p>Enfin, vous trouverez <a href="https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-l-enfance-et-de-l-adolescence.htm" target="_blank">les autres numéros disponibles sur Cairn</a>.</p>
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		<item>
		<title>Sortie du troisième numéro de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1585</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2020 14:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 10 novembre 2020.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous annonce la sortie du troisièe numéro de <strong>la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</strong>.</p>
<p>Il est intitulé <strong>ANALYSER LES PRATIQUES ? POURQUOI, POUR QUI ET COMMENT ?</strong></p>
<p>Un numéro porté par <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org" target="_blank">l&#8217;association AREA</a>.</p>
<p>Ce troisième numéro a été coordonné par Dominique Mahyeux et Philippe Petry.</p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2020/11/COUVERTURE-NREA3-page-001.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1586" title="COUVERTURE NREA3-page-001" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2020/11/COUVERTURE-NREA3-page-001-1024x790.jpg" alt="" width="1024" height="790" /></a></p>
<p>Voici la quatrième de couverture :</p>
<p>« Des actes éducatifs ou de soin. Au risque de la relation. Dans une configuration contemporaine où le cadre institutionnel semble s’estomper, se déliter ou a contrario, se resserrer jusqu’à la compression.</p>
<p>Les pratiques professionnelles dans le secteur socio-éducatif, médico-social et sanitaire, ont été durement éprouvées par les logiques gestionnaires et comptables de ces récentes décennies. Mutations dans les organisations, mise en œuvre de nouveaux protocoles, bouleversement des repères de travail sont venus complexifier des prises en charge souvent sensibles, fragilisant un peu plus les équipes et les individus.</p>
<p>Un espace-temps bien repéré et institué, dédié à une réflexion sur l’exercice quotidien et l’analyse de ces pratiques, apparaît donc bienvenu pour les professionnel.le.s, sinon nécessaire, favorisant l’élaboration groupale des processus psychiques engagés. Les modalités peuvent en être diverses – chaque contexte institutionnel se révélant au demeurant singulier. Le présent recueil d’articles met en lumière des recherches originales, des travaux théorico-cliniques, des dispositifs techniques – qui valorisent la place du sujet et patiemment accompagnent le frémissement du sens. »</p>
<p>Dominique Mahyeux</p>
<p>Ce troisième numéro est édité par l&#8217;Harmattan, et <a href="https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=numero&amp;no=67185&amp;no_revue=963&amp;razSqlClone=1" target="_blank">disponible ici.</a></p>
<p>Enfin, vous trouverez <a href="https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2019-1.htm" target="_blank">le premier numéro disponible sur Cairn</a>, ainsi que <a href="https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2020-1.htm" target="_blank">le second</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sortie du second numéro de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1572</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Feb 2020 20:02:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://vincent-le-corre.fr/?p=1572</guid>
		<description><![CDATA[Paris, le jeudi 27 février 2020.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2020/02/Couverture-num-21.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1575" title="Couverture num 2" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2020/02/Couverture-num-21-1024x796.jpg" alt="" width="1024" height="796" /></a></p>
<p>Je vous annonce la sortie du second numéro de <strong>la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</strong>.</p>
<p>Il est intitulé <em><strong>Pédopsychiatrie de secteur, Etat des liens.</strong></em></p>
<p>Un numéro porté par <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org" target="_blank">l&#8217;association AREA</a>.</p>
<p>Ce second numéro a été coordonné par Emmanuelle Granier et Virginie Cruveiller.</p>
<p>Tous nos remerciements également à <a href="http://www.api.asso.fr/a-propos-de-lapi/" target="_blank">l’Association des Psychiatres de secteur Infanto-juvénile</a> (<a href="http://www.api.asso.fr/a-propos-de-lapi/" target="_blank">API</a>)</p>
<p>Ce second numéro est édité par l&#8217;Harmattan, et <a href="https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=numero&amp;no=65276&amp;no_revue=963&amp;razSqlClone=1" target="_blank">disponible ici</a>.</p>
<p>Enfin, vous trouverez <a href="https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2019-1.htm" target="_blank">le premier numéro disponible sur Cairn</a>.</p>
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		<title>Livre Médiations numériques : jeux vidéos et jeux de transfert</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1553</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Jul 2019 08:31:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Marion Haza]]></category>
		<category><![CDATA[médiation]]></category>
		<category><![CDATA[médiation numérique]]></category>
		<category><![CDATA[yann leroux]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris le 23 juillet.
Un ouvrage à lire cet été (en plus de la Nouvelle Revue de l'Enfance et de l'Adolescence) !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un ouvrage à lire cet été !</p>
<p>Et un ouvrage dont je suis <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=1545" target="_blank">également</a> très fier d&#8217;y avoir participé.</p>
<p>Si vous connaissez un peu mon site, vous savez la place qu&#8217;y trouve le jeu vidéo et son éventuel usage comme objet de médiation.</p>
<p>Vous pouvez lire par exemple :<a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=EP_056_0118" target="_blank"> « Au croisement du symbolique et de l’imaginaire, le jeu vidéo »</a>, dans la revue <a href="http://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2012-3.htm" target="_blank"><em>Enfances&amp;Psy</em> n°56, 2013</a>.<a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SC_018_0043" target="_blank"> </a></p>
<p>Ou encore <a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SC_018_0043" target="_blank">« De quelques aspects de l’expérience vidéoludique »</a>, dans la revue <a href="http://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2015-1.htm" target="_blank">Savoirs et clinique, n°18</a>, 2015.</p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2019/07/Médiations-numériques.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1555" title="bouton4 copy" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2019/07/Médiations-numériques-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a></p>
<p>Le livre est <a href="https://www.editions-eres.com/ouvrage/4351/mediations-numeriques-jeux-video-et-jeux-de-transfert" target="_blank">disponible ici</a>.</p>
<p><strong>Argument du livre</strong> :</p>
<p>Les médiations thérapeutiques sont aujourd’hui largement utilisées  dans la clinique. Avec l’essor du numérique, les jeux vidéo ont fait  leur apparition dans le soin et sont devenus des objets de médiation que  les auteurs ont tous expérimentés dans leur pratique.</p>
<p>Ils développent les enjeux de l’usage des jeux vidéo et de la console  dans la séance de thérapie auprès d’enfants ou d’adolescents, en soin  individuel ou groupal, institutionnel ou libéral, et analysent la place  de la parole dans la partie de jeu partagée. Dans leurs présentations  cliniques de jeunes sujets – qu’ils soient, ou non,  habitués, adeptes  du jeu vidéo ou joueurs excessifs –, ils montrent que l’important n’est  pas le jeu vidéo en lui-même mais bien sa caractéristique de médiation,  induisant des effets de transfert et contre-transfert à l’œuvre dans  toutes rencontres thérapeutiques.</p>
<p>Ce livre, destiné à tous les professionnels de l’enfance et de  l’adolescence, en exercice ou en formation, en offrant une vision  précise de quelques jeux vidéo et de leurs intérêts en thérapie, ouvre  la voie à d’autres possibilités de prises en charge créatives autour du  numérique !</p>
<p><a href="https://www.editions-eres.com/uploads/documents/sommairepdf/201901183300tdm-haza-mediations-numeriques_.pdf" target="_blank"><strong>Sommaire du livre</strong></a></p>
<p style="text-align: center;">
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		<item>
		<title>Sortie du premier numéro de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1545</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Jul 2019 07:24:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[AREA]]></category>
		<category><![CDATA[NREA]]></category>
		<category><![CDATA[Revue]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis extrêmement fier d&#8217;avoir participé à l&#8217;élaboration du premier numéro de la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence, en tant que membre du comité de rédaction. Numéro porté par l&#8217;association AREA. Ce premier numéro a été coordonné par le docteur Nicolas Girardon, et Michèle Simon. Il est intitulé Corps de l&#8217;adolescent, corps souffrant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2019/07/NREA-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1546" title="NREA 1" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2019/07/NREA-1-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" /></a></p>
<p>Je suis extrêmement fier d&#8217;avoir participé à l&#8217;élaboration du premier numéro de <strong>la Nouvelle Revue de l&#8217;Enfance et de l&#8217;Adolescence</strong>, en tant que membre du comité de rédaction. Numéro porté par <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org" target="_blank">l&#8217;association AREA</a>.</p>
<p>Ce premier numéro a été coordonné par le docteur Nicolas Girardon, et Michèle Simon.</p>
<p>Il est intitulé <em><strong>Corps de l&#8217;adolescent, corps souffrant, corps persécuteur</strong></em>.</p>
<p>Ce premier numéro est édité par l&#8217;Harmattan, et <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=63581" target="_blank">disponible ici</a>.</p>
<p>Vous trouverez <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org/index.php/2019/07/20/nouvelle-revue-de-lenfance-et-de-ladolescence/" target="_blank">le sommaire du premier numéro ici</a>.</p>
<p>N&#8217;hésitez pas à nous faire des retours.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Association pour la Recherche sur l’Enfance et l’Adolescence</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jul 2019 14:30:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[AREA]]></category>
		<category><![CDATA[Enfance]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 17/07/2019
Voici la présentation du site de l'Association pour la Recherche sur l'Enfance et l'Adolescence, et de la revue associée, la NOUVELLE REVUE DE L'ENFANCE ET DE L'ADOLESCENCE.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Voici le nouveau site de <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org/" target="_blank">l&#8217;Association pour la Recherche sur l&#8217;Enfance et l&#8217;Adolescence.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’association AREA a pour but de favoriser la recherche et le partage des connaissances en sciences humaines et sociales dans une perspective clinique et interdisciplinaire dans les domaines de l’enfance, de l’adolescence et des familles. L’association développe tous les moyens qu’elle jugera appropriés pour atteindre ses objectifs :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Mettre en place des groupes de recherches,  élaborer et publier tout  document et notamment tout support de communication (revues, lettres,  ouvrages, etc.),</li>
<li>Réaliser des journées d’études,</li>
<li>Organiser ou participer à toute exposition, colloque, séminaire, stage, réunion, et toute autre manifestation,</li>
<li>Mettre en place des actions de communication et de sensibilisation  liées à l’objet de l’association et notamment administrer tout site  internet,</li>
<li>Elaborer des partenariats de toute nature avec tout organisme dont la collaboration pourrait lui être utile.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;"><strong>AREA porte également <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org/index.php/a-propos-de/" target="_blank">un projet éditorial</a>. Et le premier numéro de <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org/index.php/a-propos-de/" target="_blank">la NOUVELLE REVUE DE L&#8217;ENFANCE ET DE L&#8217;ADOLESCENCE</a> sortira d&#8217;ici peu&#8230; </strong></div>
<div style="text-align: justify;">Vous trouverez ici <a href="http://association-recherche-enfance-adolescence.org/index.php/appel-a-contributions/" target="_blank">les appels à contributions</a> pour les prochains numéro.</div>
<div style="text-align: justify;">N&#8217;hésitez pas à visiter le site de l&#8217;association et de la revue et à revenir vers nous pour proposer des articles !</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Des psychanalystes avec le numérique : jeux vidéo, réseaux sociaux, robots et pornographie…</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 19:05:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris le 30/08/2017.
Annonce de la journée d'étude du samedi 14 octobre, à Lille : Des psychanalystes avec le numérique : jeux vidéo, réseaux sociaux, robots et pornographie…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Depuis  Turing et son projet d’un cerveau électronique, l’informatique s’est  aujourd’hui largement diffusée, au point qu’on parle désormais d’une  quatrième révolution  industrielle. La  transformation numérique, liée  au  développement d’Internet, semble  prendre à revers un certain nombre d’institutions. D’où des  interrogations et bien des angoisses, car la numérisation a un effet  notable sur la subjectivité contemporaine : que ce soit au niveau du  lien social et de l’identité ou bien du rapport à l’espace, au corps, à  la sexualité, au travail et au savoir, ou encore en déployant d’autres  possibilités de jouer.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2017/08/f5ef2ff8201735a41e98e1863f6633bd-0.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1527" title="f5ef2ff8201735a41e98e1863f6633bd-0" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2017/08/f5ef2ff8201735a41e98e1863f6633bd-0-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les psychanalystes essaient de penser ces changements car leur clinique ne  peut faire l’impasse sur les objets numériques. Les enfants et les  adolescents sont les premiers concernés ; il suffit de considérer leur  usage massif d’Internet via les réseaux sociaux et aussi des jeux vidéo,  devenus la première industrie culturelle.  Régulièrement,  certains   faits  divers  tragiques  pointent  du  doigt ces jeux vidéo ou ces  réseaux sociaux, non sans produire parfois une certaine inquiétude  devant cet inconnu du numérique.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment  penser  alors  ces  usages  et  leurs  éventuels  dangers  chez  les jeunes  ? Certains cliniciens introduisent des objets numériques dans le cadre  de la cure. Est-ce souhaitable et, si oui, pourquoi et quelle fonction  remplissent-ils ? Ces problématiques seront abordées au cours de cette journée afin de pouvoir mieux s’orienter dans les enjeux psychanalytiques de la clinique du numérique.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le samedi 14 octobre, à Lille.</strong></h2>
<p>Avec :</p>
<h2><strong>Thomas GAON &laquo;&nbsp;</strong>Le jeu vidéo ou l’art de la sauvegarde narcissique&nbsp;&raquo;</h2>
<p>Psychologue  clinicien et éthno-méthodologue. Il est responsable de l’unité « Jeunes  Consommateurs » de l’hôpital de Villeneuve St-Georges (Centre Littoral,  94) et des addictions comportementales au Centre Ithaque (Villejuif,  94). Il est également cofondateur de l’<a href="www.omnsh.org" target="_blank">Observatoire des Mondes  Numériques en Sciences Humaines</a>.</p>
<h2><strong>Angélique GOZLAN &laquo;&nbsp;</strong>De la « désintimité » au harcèlement virtuel&nbsp;&raquo;</h2>
<p>Docteur  en psychopathologie et psychanalyse, psychologue clinicienne,  chercheuse associée à l’Université Paris 7 et l’Université Lyon 2,  auteure de <a href="http://www.spp.asso.fr/wp/?publication_cdl=ladolescent-face-a-facebook-enjeux-de-la-virtualescence" target="_blank"><em>L’adolescent face à Facebook : enjeux de la virtualescence</em></a>, In Press, 2016.</p>
<h2><strong>Marion Haza &laquo;&nbsp;</strong>Quand Zelda devient un support narratif pornographique : rencontre de la pornographie à l’adolescence&nbsp;&raquo;</h2>
<p>Psychologue,  maître de conférences à l’Université de Poitiers, présidente d’ARCAD  (Association de Recherche Clinique sur l’Adolescence) www.arcad33.fr,  secrétaire générale du <a href="http://cila-adolescence.com/" target="_blank">CILA </a>(Collège International de l’Adolescence), expert à l’<a href=" http://www.open-asso.org" target="_blank">OPEN </a>(Observatoire de la  Parentalité et Education Numérique), auteure de « <a href="https://www.cairn.info/revue-adolescence-2016-4-page-843.htm" target="_blank">Les images trash des adolescents sur les réseaux sociaux</a> », <em>Adolescence</em>, 34, 4, 843-852, (34), «<a href="https://www.cairn.info/revue-corps-et-psychisme-2016-2-page-57.htm" target="_blank"> Pornographie sur Internet et fantasmes pubertaires : le « conteur de Hentaï » </a>», <em>Corps et psychisme</em>, 2016, n° 70, 57- 71. (35).</p>
<h2><strong>Frédéric TORDO &laquo;&nbsp;</strong>Des jeux vidéo et des robots dans le cabinet du psychanalyste&nbsp;&raquo;</h2>
<p>Psychologue  clinicien et psychanalyste, docteur en psychologie clinique, membre  fondateur de l’Institut pour l’Étude des Relations Homme Robots (<a href="http://ierhr.com/" target="_blank">IERHR</a>),  chercheur associé au CRPMS (Université Paris-Diderot), secrétaire  général de <a href="http://abraham-torok.org/" target="_blank">l’Association Européennes Nicolas Abraham et Maria Torok</a> : <a href="mailto:frederic.tordo@gmail.com">frederic.tordo@gmail.com</a>, auteur de <a href="https://www.nonfiction.fr/article-8863-le_numerique_et_la_robotique_en_psychanalyse.htm" target="_blank"><em>Le numérique et la robotique en psychanalyse. Du sujet virtuel au sujet augmenté</em></a>. Paris, L’Harmattan, 2016, avec S. Tisseron, <em>L’enfant, les robots et les écrans : nouvelles médiations thérapeutiques</em>. Paris, Dunod, 2017, avec E. Darchis, <em>Sur le divan, ou la cure analytique à distance</em>, Paris, l’Harmattan, 2017.</p>
<p><strong>SKEMA Lille, avenue Willy Brandt, 59777 Euralille, métro : Gares.</strong></p>
<p><strong> Ouvert au public (PAF 20 €., TR 10 €. pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique en formation complète).</strong></p>
<p><strong> Accueil et présentation de la journée : Vincent Le Corre, psychologue et psychanalyste à Paris.<br />
Renseignements : <a href="http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org">www.aleph-savoirs-et-clinique.org</a><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Monstres et power rangers</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1509</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1509#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Apr 2017 12:16:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[monstres]]></category>
		<category><![CDATA[Power Rangers]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 22 avril 2017.
Un journaliste du Huffington Post m’a proposé de parler de quelques monstres des powers rangers. Voici quelques réflexions qui me sont venues.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un journaliste du Huffington Post m’a proposé de parler de quelques monstres des powers rangers. Voici quelques réflexions qui me sont venues.</p>
<p><strong>Des monstres d’enfant, plutôt que d’adolescents</strong></p>
<p>Les enfants ou les ados imaginent, rêvent ou cauchemardent, et surtout dessinent des monstres, en empruntant d’ailleurs souvent aux productions culturelles de leur époque. Les monstres des powers rangers me semblent correspondre à des fantasmes d’enfants, plus que d’adolescents.</p>
<p>Pourquoi des monstres destinés aux enfants ? Car ils gardent un côté comique. Ils ne mettent pas mal à l’aise, ils ne sidèrent pas comme la Méduse, et enfin ils gardent une forme humaine, donc une imago humaine, proche de l’image du parent. Ce qui est moins le cas dans les monstres d’adolescents où l’image du corps est en plein remaniement du fait de la puberté.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que le monstre</strong></p>
<p>Dans tous les cas, le monstre correspond à une sorte d’esthétisation, de figuration, de parties inconscientes négatives dont un enfant ou un ado cherche à se débarrasser, à mettre hors de soi, en tentant par exemple de leur donner une forme à travers le dessin. Virginie Martin-Lavaud écrit dans son très beau livre <em>Le monstre dans la vie psychique de l’enfant</em>, « […] la présence du monstre dans le discours du sujet indique qu’il existe pour lui un insu, un point de non-savoir. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1509#footnote_0_1509" id="identifier_0_1509" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="p.25">1</a> Les monstres représentent donc pour elle, non pas une sorte de retour du refoulé, mais plutôt une façon de tenter de donner une forme à quelque chose que l’enfant n’arrive à cerner avec le savoir qu’il a à sa disposition.</p>
<p>On peut également rapprocher ces monstres des zoophobies, c’est-à-dire des phobies d’animaux auxquelles les enfants ont recours très fréquemment durant leur enfance, pour élaborer quelque chose des angoisses qu’ils traversent. Parfois, elles s’enkystent un peu, alors ils viennent en parler chez un psy pour relancer le travail psychique. C’est la peur du loup, des rats, des insectes, les phobies des chats, des chiens, des chevaux (comme le petit Hans de Freud), des coqs et des poules (comme le petit Arpad de Ferenczi).</p>
<p><strong>Les Powers Rangers</strong></p>
<p>Donc, pour faire le lien, les créateurs des monstres des Powers Rangers semblent avoir puisé soit dans le folklore de ces phobies les plus partagées (araignées, huitre/fruits de mer), soit ils ont voulu jouer sur des angoisses oedipiennes. Pour Freud, les phobies infantiles étaient principalement des angoisses devant la menace et l’autorité portée par le père déplacées sur un animal. L’enfant éprouve à la fois de l’agressivité et de la tendresse envers le père devenu un rival, alors pour se soulager de ce conflit, il déplace ses sentiments d’hostilité et de crainte sur un animal-totem. Mais les recherches ont montré ensuite que les origines des phobies étaient plus larges, et qu’elles étaient également une sorte de protection contre des angoisses plus archaïques, liées à la difficulté de se séparer de l’Autre maternel.</p>
<p>Chez les monstres des powers rangers que l’on m’a présentés, j’ai eu l’impression de voir deux types :</p>
<p>Soit des monstres qui évoquent des angoisses liées aux fantasmes de castration. Là, ça rejoint l’hypothèse de Freud, c’est-à-dire des fantasmes de punition de l’instance paternelle, vis-à-vis du plaisir que l’enfant s’octroie : le coq avec son sécateur par ex. Et le monstre avec son œil énorme que j’associerai avec l’œil du surmoi qui voit tout, sait tout, donc lié à la culpabilité.</p>
<p>Soit des monstres qui évoquent des angoisses ayant trait cette fois à des fantasmes liés à l’imago maternelle, et plus particulièrement les fantasmes de dévoration. Ce sont des fantasmes qui accompagnent le nourrisson pendant qu’il boit. Puis qui se retournent contre lui d’une certaine manière lorsqu’il s’attaque à la mère qui le frustre. La frustration  active son agressivité, mais aussi sa peur des représailles de la part de l’objet qu’il a attaqué.</p>
<p>Voici la vidéo de ces monstres commentés :</p>
<p><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/04/les-5-monstres-les-plus-hideux-de-la-serie-power-rangers-et_a_22025940/?utm_hp_ref=fr-Power%20Rangers" target="_blank">http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/04/les-5-monstres-les-plus-hideux-de-la-serie-power-rangers-et_a_22025940/?utm_hp_ref=fr-Power%20Rangers</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1509" class="footnote">p.25</li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Pourquoi utiliser les jeux vidéo en psychothérapie : du jouet à l’objet culturel de médiation</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1500</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1500#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2016 13:29:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Winnicott]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Mélanie Klein]]></category>
		<category><![CDATA[objet de médiation]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 12 décembre 2016.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le jeu vidéo entre Mélanie Klein et Winnicott</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certaines réflexions dans les discussions autour de l’usage du jeu vidéo en séance me semblent souvent proches de ce que Mélanie Klein a pu dire des jouets qu’elle utilisait dans sa technique de jeu avec les enfants. Selon Claudine et Pierre Geissmann par exemple, Klein « affirme que le jeu ne doit pas être guidé par la nature des jouets, aucun jouet ne doit avoir de signification spéciale. Ainsi pas de téléphone ou de jeux qui imposent leurs règles. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1500#footnote_0_1500" id="identifier_0_1500" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" C. et P. Geissmann, Histoire de la psychanalyse de l&rsquo;enfant, Bayard, 2004, p. 255 ">1</a>  Aussi, j’aimerais prendre son article « La technique de jeu psychanalytique : son histoire et sa portée » comme point de départ pour présenter la manière dont il me semble qu’on peut tout à fait accepter le jeu vidéo en séance, en tentant par ailleurs de replacer rapidement cette discussion dans les rapports Klein-Winnicott sur la technique du jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet article, Klein montre combien pour elle le jeu est une action symbolique, équivalent de l’association libre chez l’adulte. Ce point est développé dans toute l’œuvre de Mélanie Klein, et plus encore chez Winnicott. Klein présente la mise en place de sa technique à travers les rencontres cliniques qui l’ont amené à user du jeu avec les enfants. Elle nous parle du matériel qu’elle a commencé à introduire avec l’analyse d’une petite fille de 7 ans trop inhibée pour parler ou dessiner. Elle introduit alors des « voitures, petites figurines, quelques briques et un train ». Elle décrira un peu plus loin tous les jouets : « Ce sont principalement : de petits hommes et femmes en bois, habituellement de deux tailles, des autos, des brouettes, des balançoires, des trains, des avions, des animaux, des arbres, des briques, des maisons, des clôtures, du papier, des ciseaux, un couteau, des crayons, des craies ou des peintures, de la colle, des balles et des billes, de la pâte à modeler et de la ficelle. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1500#footnote_1_1500" id="identifier_1_1500" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Klein, &laquo;&nbsp;La technique de jeu psychanalytique : son histoire et sa port&eacute;e &raquo;, in Le transfert et autres &eacute;crits, PUF, 1996, p.31 ">2</a></p>
<p style="text-align: justify;">Elle insiste donc sur trois éléments concernant ces jouets :</p>
<p style="text-align: justify;">1)      L’aspect « petits jouets »</p>
<p style="text-align: justify;">2)      L’aspect non-mécanique</p>
<p style="text-align: justify;">3)      L’aspect neutre, c’est-à-dire par exemple le fait que les personnages « n’indiquent aucune occupation particulière. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces trois aspects permettent selon elle que l’enfant puisse les utiliser au maximum, dans des situations différentes. C’est l’expression la plus libre que Mélanie Klein vise ainsi. Et qu’un jouet présente ou induise déjà une certaine situation lui semble aller à l’encontre de cette liberté et donc à l’expression fantasmatique au travers du jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">1) Première remarque par rapport aux jouets neutres qui permettraient à l’enfant de poursuivre son jeu le plus aisément en lui donnant la possibilité d’exprimer la plus grande variété de ses fantasmes. On peut se demander si Klein n’oublie pas un aspect très important du jeu, à savoir le fait que tout comme les hackers avaient détourné l’ordinateur, lorsqu’un enfant se sert d’un jouet, il commence par le détourner tout d’abord de son usage fonctionnel pour en faire un objet pour son jeu. Et je relierai cet aspect de détournement, aux notions de créativité et de destructivité primaire chères à Winnicott. Ce dernier a insisté sur ce point dans sa théorie du jeu comme modalité de passage de l’illusion à la réalité extérieure. Cet aspect est résumé par le terme de malléabilité de l’objet que d’autres théoriciens comme Marion Milner et à sa suite René Roussillon ont continué d’explorer. Les jeux vidéo proposent certains aspects de cette malléabilité (à travers une certaine « transformabilité », liberté d’action au sein de l’espace du jeu, modification même de l’espace ou du personnage-avatar, une sorte d’ « indestructibilité », de « constance », etc.) qui peut prendre sens au sein d’une relation intersubjective.</p>
<p style="text-align: justify;">2) Seconde remarque. Il me semble que la présentation des objets que propose Klein est liée d’une part à la fonction du jeu qu’elle promeut dans l’analyse (l’expression des fantasmes de l’enfant et donc une première possibilité de symbolisation), et d’autre part à sa conception de l’interprétation. Et c’est, entre autres, à ce niveau que Winnicott critiquera Klein et développera sa propre pensée du jeu tant dans l’analyse que dans le développement psychique qu’il relie par ailleurs à l’aire culturelle dans laquelle le sujet vit.  Ce qui est important dans une psychothérapie avec un enfant, c’est certes ce qui se transfère des enjeux inconscients dans le jeu que cet enfant va réussir à déployer en séances. Mais avec Winnicott, on pourrait ajouter que ce qui peut être opérant en séance, ce sera de tenter de relancer ce qu’il y a de potentiellement thérapeutique dans l’activité même de jouer, et qui a trait avec cette activité de symbolisation et la créativité. Cet aspect du jeu rejoint d’ailleurs les propos de Mélanie Klein, qui présente dans son article ses interprétations comme ayant pour but premier de permettre à l’enfant de continuer de jouer et donc de produire du matériel clinique supplémentaire<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1500#footnote_2_1500" id="identifier_2_1500" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai des raisons de croire que si je n&rsquo;avais pas interpr&eacute;t&eacute; que les  jouets qui se tamponnaient &eacute;taient des personnes, il aurait pu ne pas  produire le mat&eacute;riel qui &eacute;mergea dans la deuxi&egrave;me s&eacute;ance.&nbsp;&raquo;, M. Klein,  &laquo;&nbsp;La technique de jeu psychanalytique : son histoire et sa port&eacute;e &raquo;, in Le transfert et autres &eacute;crits, PUF, 1996, p.37 ">3</a>. On sait combien Winnicott était méfiant envers l’interprétation qu’il pouvait même désigner comme l’expression du désir de l’analyste de paraître intelligent. C’est pourquoi certains analystes lacaniens dénoncent en retour les winnicottiens de finir par n’être potentiellement que des « nounous » qui jouent avec leurs patients. Sur ces points, l’usage du jeu vidéo permet à la fois de produire du matériel tout à fait intéressant pour le clinicien, mais ils induisent également à travers l’immersion dans un espace de jeu simulé, une situation qui se prête à être parfois un excellent support transférentiel à partir duquel le clinicien choisira d’interpréter comme Klein, ou pas (trop) comme Winnicott…</p>
<p style="text-align: justify;">3) Troisième remarque. Dans son article Mélanie Klein insiste sur l’inhibition de certains enfants à jouer, qu’elle relie à la présence d’angoisses trop fortes venant interrompre le jeu et prenant leur source dans des fantasmes agressifs alimentant de ce fait une importante culpabilité. L’utilisation du jeu vidéo pourrait être intéressante précisément lorsque l’angoisse et l’inhibition empêchent certains sujets de jouer avec des objets matériels dans un premier temps. La scène du jeu vidéo comme scène virtuelle peut ainsi permettre de contenir l’expression de ces fantasmes agressifs. Détruire des éléments du jeu, faire du mal, tuer certains personnages. Les enjeux y sont pour ainsi dire refroidis. En proposant certaines représentations, ainsi que la possibilité d’agir à l’intérieur ou avec ces représentations, cela protégerait le temps nécessaire le sujet de la peur de représailles, tout en lui offrant la possibilité de continuer à rendre manifeste ces aspects de sa réalité psychique.</p>
<p style="text-align: justify;">4) Enfin, j’ajouterai que la présentation des jouets que fait Klein s’inscrit dans un recouvrement ou une sorte de refoulement de ce que représentent ces objets d’une part pour le clinicien, et d’autre part dans l’aire culturelle de l’enfant ou de l’adolescent. Ainsi reconnaître tout d’abord la place de ces objets dans la culture me paraît important, et particulièrement pour le travail avec les adolescents qui usent et parfois abusent de ces objets. Saisir la place des jeux vidéo dans leur histoire et leur fonction dans la culture actuelle peut induire des interprétations différentes sur le jeu excessif. D’autre part, je pense que le désir du clinicien envers tel ou tel objet de médiation n’est pas sans avoir des incidences dans l’usage qu’en fera le patient. Et c’est pourquoi il est intéressant de parler non plus de jouets, qui serait le seul domaine de l’enfant, mais d’objets de médiation ayant donc certaines propriétés spécifiques que le clinicien doit essayer de cerner afin de les replacer dans cette activité de jouer potentiellement thérapeutique, et en conséquence dans ses interventions. Car on est mieux à même d’intervenir que l’on se repère en incluant les propriétés des objets (ludiques ou pas) de médiation qui peuvent supporter des enjeux de la dynamique inconsciente des sujets. Ici, c’est un domaine de recherche qui s’ouvre.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1500" class="footnote"> C. et P. Geissmann, <em>Histoire de la psychanalyse de l’enfant</em>, Bayard, 2004, p. 255 </li><li id="footnote_1_1500" class="footnote"> M. Klein, « La technique de jeu psychanalytique : son histoire et sa portée », in <em>Le transfert et autres écrits</em>, PUF, 1996, p.31 </li><li id="footnote_2_1500" class="footnote"> « J’ai des raisons de croire que si je n’avais pas interprété que les  jouets qui se tamponnaient étaient des personnes, il aurait pu ne pas  produire le matériel qui émergea dans la deuxième séance. », M. Klein,  « La technique de jeu psychanalytique : son histoire et sa portée », in <em>Le transfert et autres écrits</em>, PUF, 1996, p.37 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le mythe de Star Wars et la question du fantasme</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 13:33:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 7 novembre 2016.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2016/11/fb_bebe-dark-vador-illustr-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1488" title="fb_bebe-dark-vador-illustr-2" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2016/11/fb_bebe-dark-vador-illustr-2.jpg" alt="" width="800" height="420" /></a></p>
<p>Source de l&#8217;image : <a href="http://hitek.fr/42/bebe-chante-star-wars-babyphone_3604" target="_blank">http://hitek.fr/42/bebe-chante-star-wars-babyphone_3604</a></p>
<p style="text-align: justify;">Personne n’avait pu échapper au déferlement marketing de Dysney lors de la sortie au cinéma de l’épisode VII de la franchise <em>Star Wars</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme les psychanalystes Hugues Paris et Hubert Stoecklin, je crois que le succès de cette dernière (dont les premiers films ont été réalisés en marge du système hollywoodien) et ce particulièrement chez les plus jeunes, tient surtout au fait que cette histoire de Jedis et de Force, de sabre laser, d’inceste et de meurtre du père, met en scène des éléments mythologiques particulièrement importants pour les enfants et les adolescents.</p>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2016/11/md17606922215.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1489" title="md17606922215" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2016/11/md17606922215-193x300.jpg" alt="" width="193" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La question du père est évidemment au centre des six premiers films<a href="#_ftn1">[1]</a>. Le créateur George Lucas a pu dire explicitement<a href="#_ftn2">[2]</a> qu’il voulait proposer un conte de fée. Pour ce faire, il s’est inspiré des travaux de l’anthropologue et mythologue Joseph Campbell<a href="#_ftn3">[3]</a>, qui s’était lui-même inspiré de Jung, et il a ainsi construit ses personnages comme des archétypes mythologiques, avec comme arrière-fond l’idéologie de conquête de l’espace des westerns. Il a ainsi écrit les six films environ sur trente ans. Les trois premiers qu’on appelle « la Trilogie » : 1977 : <em>Un nouvel espoir </em>; 1980, <em>L’empire contre-attaque </em>; 1983, L<em>e retour du jedi ;</em> Et « la Prélogie », qui sont au sein de l’histoire les trois premiers, mais produits respectivement en : 1999, <em>La menace fantôme </em>; 2002, <em>L’attaque des clones </em>; 2005, <em>La revanche des Sith</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Hugues Paris et Hubert Stoecklin proposent une idée qui m’a intéressé au sujet d’un enfant avec qui j’ai travaillé, à savoir le fait que « la Trilogie et la Prélogie offrent des différences paradigmatiques de l’état de la question adolescente »<a href="#_ftn4">[4]</a> dans le sens où la Trilogie «  peut se définir comme un récit enfantin, à la fois conte classique et cosmogonie moderne, mais surtout revisitation du mythe universel de l’Oedipe.» <a href="#_ftn5">[5]</a> Le fameux <em>Dark Vador</em>, un des méchants les plus célèbres du cinéma, s’y présente comme le père freudien par excellence. Le héros aura alors à affronter son père, un personnage puissant et effrayant, pour parfaire son voyage initiatique, devenir un adulte (plus ou moins) accompli, et obtenir par la même occasion la rédemption de son père.</p>
<p style="text-align: justify;">La Prélogie, quant à elle, met en scène justement l’enfance et surtout l’adolescence d’un certain Anakin, enfant sans père et futur <em>Dark Vador</em>, qui basculera du côté obscur et se transformera en monstre impitoyable. Elle se présente donc comme une tragédie. Anakin  ne peut s’appuyer sur des figures paternelles qui ne cessent de fuir ou de se dérober. Le héros adolescent est alors aux prises avec la mélancolie (c’est la thèse de leur livre) via cette figure maternelle séductrice et omnipotente qu’est l<em>’Empereur</em><a href="#_ftn6">[6]</a>, et qui l’entraîne vers les affres de la pulsion de mort. Mais il faut souligner combien « c’est [donc] la sexualité et la reproduction sexuée qui sont la source du mal »<a href="#_ftn7">[7]</a> dans toute cette histoire. Car qu’est-ce qui fera basculer Anakin du côté obscur sinon « le fait qu’il renonce au célibat qu’implique sa charge de chevalier Jedi, puis la grossesse de sa femme. En somme le refus du sexuel et de la génitalité. »<a href="#_ftn8">[8]</a></p>
<p style="text-align: justify;">D’un côté donc, une Trilogie écrite dans les années 70 insistant sur la figure oedipienne du père castrateur, de l’autre une Prélogie appartenant aux années 2000 mettant en scène les avatars du narcissisme et de la mélancolie, deux fictions proches dans leur structure pour deux générations d’adolescents, mais figurant les affres de l’adolescence face à la rencontre du féminin de façon à être en prise avec les évolutions culturelles de leur époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Je développe ainsi ce sujet dans<a href="https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SC_021_0073" target="_blank"> un article</a> paru dans <a href="https://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2016-2.htm" target="_blank">le numéro 21 de la revue Savoirs et Clinique</a> en exposant la dynamique d’une psychothérapie d’un enfant en transition de la période de latence vers l’adolescence où la question de son fantasme croise celle du mythe individuel à travers une création narrative et visuelle construite à partir de l’univers de Star Wars.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> « Star Wars, au final, peut être vu, entendu comme une longue méditation sur la place du père, sa fonction psychique dans la construction du sujet, sa fonction politique dans celle de la nation, sa fonction réel dans l’engendrement et la rencontre amoureuse. », Hubert Stoecklin, <em>Star Wars au risque de la psychanalyse</em>, p.127-142.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Hugues Paris, Hubert Stoecklin, <em>Star Wars au risque de la psychanalyse</em>, Erès, 2012, p.95</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Lucas reprend dans les trois premiers films produits « les deux éléments fondamentaux des grandes légendes humaines que Campbell avait mis en évidence […] l’itinéraire du héros et la lutte du Bien et du Mal », Hugues Paris, Hubert Stoecklin, <em>Star Wars au risque de la psychanalyse</em>, p.98</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Hubert Stoecklin, <em>Star Wars au risque de la psychanalyse</em>, p.12</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Hubert Stoecklin, Star Wars au risque de la psychanalyse, p.12</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Hubert Stoecklin, Star Wars au risque de la psychanalyse, p.77-92</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Hubert Stoecklin, Star Wars au risque de la psychanalyse, p.148</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Hubert Stoecklin, Star Wars au risque de la psychanalyse, p.148</p>
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		<title>&#171;&#160;Le métier de psychanalyste&#160;&#187; &#8211; compte-rendu d&#8217;un livre</title>
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		<pubDate>Mon, 30 May 2016 08:41:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[interprétation]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre-Henri Castel]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[transformation]]></category>
		<category><![CDATA[transmission]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 30 mai 2016.
Voici le compte-rendu, publié sur le site nonfiction, de ma lecture d'un ouvrage qui expose les conceptions théoriques qui orientent la pratique de trois psychanalystes lacaniens, Roland Chemama, Bernard Vandermersch et Christiane Lacôte-Destribats.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le métier de psychanalyste est un livre écrit par trois psychanalystes &#8211;  Roland Chemama, Bernard Vandermersch et Christiane Lacôte-Destribats &#8211;  tous trois liés à l’Association Lacanienne Internationale, qui se veut à  la fois un débat depuis la conception que chacun a de sa pratique, ceci  à travers la notion de « métier », et, à partir de ce débat, « un  apport aux questions qui se posent actuellement aux psychanalystes ».</p>
<p>A lire sur le site<a href="http://www.nonfiction.fr/article-8346-la_psychanalyse__un_metier_impossible_.htm" target="_blank"> nonfiction.</a></p>
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		<title>Maud Mannoni et la critique de l’institution</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2016 11:46:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Maud Mannoni]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 14 février 2016.
Je rends compte ici d’un « trajet » que j'ai effectué à travers quelques livres de Maud Mannoni à propos de sa pratique clinique. Cette pratique, dont Bonneuil comme est le nom, est inséparable d’un effort de théorisation. Nous nous intéresserons aux multiples influences qui ont présidé à la création de ce lieu appelé « Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne ». Puis, nous ferons un rapide survol du principe de fonctionnement de ce lieu, à travers la notion d’ « institution éclatée ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Qu’aurait  pensé et dit Maud Mannoni (1923-1998) du discours du Président Sarkozy  du deux décembre 2008 au centre hospitalier Erasme d’Antony<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_0_1470" id="identifier_0_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.dailymotion.com/video/x7lj27_allocution-de-n-sarkozy-a-antony_news ">1</a> , sur le thème de « l’hospitalisation en milieu psychiatrique »,  suite au fait divers dramatique qui s’était déroulé dans l’enceinte  psychiatrique, un meurtre commis par un patient psychotique. Elle qui  dénonçait la ségrégation et l’hostilité féroce à l’égard des enfants  dits « inadaptés » et de leurs parents sur un plan politique, en  pointait également les racines au cœur de chacun : « le problème de la  ségrégation n’est pas un problème purement politique ; au cœur de chacun  de nous, il y a place pour le rejet de la folie, c’est à dire pour le  rejet de notre propre refoulé. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_1_1470" id="identifier_1_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &laquo;&nbsp;Le psychiatre, son &lsquo;fou&rsquo; et la  psychanalyse&nbsp;&raquo;, 1970, p. 243 ">2</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La  question récurrente de son parcours sera donc comment accueillir ces  individus à la fois du point de vue individuel (en tant qu’analyste) et  du point de vue institutionnel (ce sera l’expérience de Bonneuil). En  effet, comment maintenir encore aujourd’hui des espaces d’accueil pour  ceux que l’on désigne comme « fous donc dangereux », alors que toute  réforme dans le champ de la santé mentale s’inscrit de plus en plus dans  un contrôle sécuritaire accru des populations dites à risque ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai jamais été stagiaire à <em>Bonneuil</em>, ni à <em>La Borde</em>.  Ainsi l’évocation de ces lieux a toujours produit chez moi un effet  étrange. Ces noms de lieux évoquent, pour moi, des désirs singuliers.  Ceux de tenter de construire des espaces institutionnels où précisément  la référence au désir des sujets, aux « parlêtres » de Lacan, qui les  fréquenteraient, garderait toute sa pertinence face à la dimension  mortifère potentielle que porte toute institution de soin, <em>a fortiori</em>,  psychiatrique. Mannoni ne cessera de le répéter tout au long de ses  ouvrages : « La structure de toute institution (familiale, scolaire,  hospitalière) a pour fonction la conservation d’un acquis (culturel,  social, etc…), à des fins de reproduction de l’héritage ainsi reçu. »  « Des structures sont ainsi mises en place, par quoi l’institution se  défend contre les effets de toute parole dite libre. Dans la mesure où  elle est entendue comme « pathogène » (le rejeté du patient), la parole  « libérée » n’entre dans aucun processus de transformation. » <a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_2_1470" id="identifier_2_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="  &laquo;&nbsp;Education impossible&nbsp;&raquo;, p.73 ">3</a>. C’est aussi ce que Jean Oury a pu  dire autrement : « Un hôpital, c’est d’abord un établissement. Il faut  distinguer établissement et institution. L’établissement, c’est un  bâtiment et un contrat passé avec l’Etat, un prix de journée, etc… […]  L’institution, quand ça existe, c’est un travail, une stratégie pour  éviter que le tas de gens fermente, comme un pot de confiture dont le  couvercle a été mal fermé.»<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_3_1470" id="identifier_3_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Jean Oury, Marie Depuss&eacute;, A quelle heure passe le train, conversations sur la folie, 2003 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;">Je  voudrais donc ici rendre compte d’un petit cheminement, d’un « trajet »  (Mannoni utilise régulièrement ce mot de « trajet » pour décrire ce qui  se passe pour les enfants de Bonneuil), que nous avons effectué à  travers quelques traces qu’ont laissées Maud Mannoni et ses  collaborateurs à propos de leur pratique clinique. Car, selon eux, cette  pratique, dont Bonneuil comme lieu est finalement le nom, était  inséparable d’un effort de théorisation. Mannoni se méfiait cependant de  l’utilisation de la théorie à des fins de pouvoir, y compris et surtout  dans le champ de la psychanalyse. Ce qui lui importait était, selon  nous, de tenter de rendre compte des liens entre un désir, une pratique  et ses effets. Ce qu’elle a donc fait dans plusieurs de ses livres. <em>Education impossible</em>, publié en 1973 ; <em>Un lieu pour vivre</em>, en 1976, <em>D’un impossible à l’autre</em>, en 1982.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous  nous intéresserons aux multiples influences qui ont présidé à la  création de ce lieu appelé « Ecole expérimentale de  Bonneuil-sur-Marne ». Puis, nous ferons un rapide survol du principe de  fonctionnement de ce lieu, à travers la notion d’ « institution  éclatée ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>I – Les influences et les courants qui traversent Bonneuil</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous  sommes aujourd’hui peut-être bien loin de ce que certains courants, nés  dans les années d’après-guerre ont cherché à faire. La psychothérapie  institutionnelle (Tosquelles à Saint-Alban ; Oury à La Borde), et  l’anti-psychiatrie (Laing et Cooper à Kingsley Hall en Angleterre ;  Basaglia en Italie) ont en effet cherché à mettre en question la  situation asilaire.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut  situer Mannoni au croisement de l’anti-psychiatrie et de la  psychanalyse. En effet, elle partage par exemple avec la première,  l’idée de l’absence de place réservée par la société aux fous, et celle  de l’opposition à l’idéologie médicale et son étiquetage diagnostique.  Mais Mannoni s’en écarte par le fait que, selon elle, la psychose de  l’enfant ne peut être le « simple » fruit d’agencements familiaux  pathogènes ou de l’aliénation sociale. Concernant la psychose, la  référence de Mannoni est donc essentiellement psychanalytique, même si  elle a pu s’inspirer de l’école de Palo Alto à un certain moment. Et  c’est en 1969 qu’avec Robert Lefort, Rose-Marie et Yves Guérin, elle va  créer l’école expérimentale de Bonneuil-Sur-Marne. Notons d’ores et déjà  que cette expérience d’anti-psychiatrie française s’est ainsi faite  avec l’aide de la psychanalyse, alors que dans les autres pays, elle  s’était plutôt déroulée contre la psychanalyse.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle  fut une élève de Lacan, de Winnicott (Elle organisa en 1967 un colloque  avec Ginette Raimbault sur les psychoses de l’enfant sous leur égide),  sans oublier Dolto. Et c’est sa rencontre avec la psychose dans ses  jeunes années de formation en Belgique qui va l’amener à être créative  plus tard sur le plan institutionnel. Elle décrit par exemple les  expériences où elle emmène des patients hors de l’hôpital, et les effets  sur la parole de ses derniers. « Je me rends alors compte assez vite  que le patient parle autrement hors de l’asile que dans les murs ».<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_4_1470" id="identifier_4_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="  &laquo;&nbsp;Ce qui manque &agrave; la v&eacute;rit&eacute; pour &ecirc;tre dite&nbsp;&raquo;, 1988, p.18 ">5</a></p>
<p style="text-align: justify;">A partir de son premier livre, <em>L’enfant arriéré et sa mère</em>, publié en 1964, (puis dans divers ouvrages comme <em>L’enfant, sa maladie et les autres</em>,  en 1967) elle va théoriser l’idée, qui aura un impact important dans  toute la psychanalyse d’enfant française par la suite, de la prise de  l’enfant dans le fantasme maternel et parental (le fantasme étant conçu  là comme une parole entendue), et de ces conséquences quant à la  structuration subjective. Cette idée lui vaudra par ailleurs  l’accusation de culpabiliser les mères. Mais elle va traverser son œuvre  (Outre les deux livres cités, on peut ajouter <em>Le premier rendez-vous avec le psychanalyste</em>,  publié en 1965) et se retrouver dans son abord critique de  l’institution, notamment par le fait de chercher à situer la place du  « soigné » dans le fantasme du « soignant ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mannoni  est en effet particulièrement méfiante envers l’institution et le fait  que cette dernière puisse devenir le relais d’une demande sociale de  normalisation et d’adaptation à tout prix. Plus encore, elle est  méfiante envers le fait même d’introduire la psychanalyse comme pratique  dans l’institution, comme une spécialité psychiatrique. Elle choisit  alors de repenser l’articulation entre l’institution et la  psychanalyse. Nous nous arrêterons sur ce point plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le  dire simplement, la création de Bonneuil s’effectue en partant de la  question que se pose Mannoni : « Quel travail possible avec des patients  psychotiques ? » et elle y répondra sur le plan de la création  institutionnelle. « Bonneuil accueille, dit-elle, ‘les enfants troublés  du système’ ; que ce soit le système économique, familial ou social. Les  adultes qui s’occupent d’eux, comme moi-même, on pourrait les définir  comme les adultes ‘troublés du système’: ils ne se supportent ni comme  soignants dans les hôpitaux ni comme enseignants dans les lycées. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_5_1470" id="identifier_5_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Un lieu pour vivre,  p.15 ">6</a> C’est donc au final « un lieu qui est ‘un lieu de vie’ avec des  gens qui ne s’interrogent plus sur ce que c’est que la maladie mentale,  sur ce que c’est d’être un enfant surdoué ou débile ; on ne sait plus  qui est ‘fou’ ou qui ne l’est pas. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_6_1470" id="identifier_6_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &laquo;&nbsp;Un lieu pour vivre&nbsp;&raquo;, p.15 ">7</a>  Elle conteste ainsi une certaine pratique psychiatrique du diagnostic.  Ajoutons enfin que la critique de Mannoni de « l’administration de la  folie » par la psychiatrie traditionnelle s’accompagne d’une critique de  la pédagogie, et donc d’une conception de l’enfance. Car, selon elle,  la ségrégation se joue également au niveau de l’enfance. Elle insistait  sur la construction moderne « d’un monde de l’enfance », coupé de plus  en plus du monde des adultes (Voir à ce sujet les études de Philippe  Ariès <em>L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien régime</em>, publié  en 1973), où le concept même d’enfant était venu à se créer pour y  appliquer, de plus en plus sévèrement, toute une idéologie normative qui  va s’employer à façonner le corps même de l’enfant par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>II –Le lieu et les grands axes de son fonctionnement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bonneuil a donc été créé comme <em>un lieu de vie</em>,  et non une institution soignante. C’est un « lieu de passage », « un  lieu d’expériences » (des expressions qui reviennent souvent sous la  plume de Mannoni) où les enfants effectuent des ‘trajets’. Une notion a  été forgée afin de caractériser les principes à la base du lieu : c’est  « l’institution éclatée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce  que « l’institution éclatée » ? C’est donc d’une part le fait d’avoir  des lieux d’accueil, notamment en province, différenciés et éparpillés,  où les enfants seront, pendant une période définie, au contact d’adultes  qui vont souvent les initier à des pratiques professionnelles  artisanales. Mais « l’institution éclatée », c’est d’autre part un  éclatement du discours vis à vis de l’enfant. Ceci afin d’éviter de  reproduire une relation que l’on retrouve entre les enfants psychotiques  et leur mère, c’est à dire entre le sujet et un Autre qui se  positionnerait comme tout-puissant face auquel ce sujet ne pourrait se  séparer au risque de représailles ou de faire « éclater » cet Autre.  L’institution ne doit pas se mettre en place de savoir ce qui est bon ou  bien pour l’enfant. Position radicale dans le champ éducatif.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui  intéresse Mannoni, c’est donc le fait que l’institution ne puisse se  placer en aucun cas en position de toute-puissance, inattaquable,  incontestable. Les enfants doivent pouvoir la remettre en cause, la  contester et l’attaquer. Bref, c’est l’institution qui doit prendre en  charge son possible éclatement.</p>
<p style="text-align: justify;">Un  autre point important de cette notion d’éclatement est la mise en place  de l’alternance entre la présence et l’absence de l’enfant à Bonneuil.  L’idée est d’essayer d’organiser une séparation (toujours difficile avec  les enfants psychotiques) qui puisse s’effectuer sur le plan symbolique  et non uniquement dans le réel. Autrement dit, que du côté de l’enfant,  comme des adultes, la séparation signifie pouvoir penser l’absence, la  présence de l’autre absent.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme  nous l’avons dit plus haut, l’approche critique de Mannoni concernant  l’institution, pose que ce n’est pas le système social seul qui est  responsable de la violence et de la ségrégation au cœur des relations  humaines, sans négliger bien entendu l’aliénation sociale dans laquelle  sont plongés les sujets psychotiques. Sur ce point, Mannoni s’inspire de  l’enseignement de Lacan qui éclaire les sources de l’agressivité dans  le rapport imaginaire de l’homme à son semblable, dans l’aliénation  structurale du moi dans l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">La  notion d’institution éclatée entend donc essayer de déjouer la mise en  place d’un rapport duel imaginaire, entre l’enfant et l’institution. Si,  précisément, pour l’enfant psychotique, ce serait l’entrée dans un  ordre symbolique qui poserait problème, alors l’oscillation entre un ici  et un là-bas, au cœur de cette pratique, est la tentative de faire  (re)naître du sujet, et donc du désir, chez des enfants, généralement  captés, englués, dans des relations où toute séparation, faute de  s’effectuer sur le plan symbolique, représente un danger mortel. (Lire  sur ce point <em>Education impossible</em>, le chapitre « Une pratique théorique », mais également <em>D’un impossible à l’autre</em>, le chapitre « Présence – Absence »).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin,  en permettant et organisant cette séparation, cette notion d’éclatement  vise à tenter de dévoiler la fonction occupée par un enfant auprès des  autres, et notamment la fonction que peut occuper cet enfant quant à  l’angoisse de ces Autres primordiaux. On retrouve là ce que Mannoni a  théorisé sur la place de l’enfant dans le fantasme de l’Autre.  L’institution se doit donc selon elle de prendre à sa charge cette  angoisse, en acceptant de ne pas être désirant à la place de l’enfant.  Une manière d’essayer de décoller les enfants de leurs identifications.  « C’est parce que l’institution accepte sa propre mort que s’instaure  pour le patient une possibilité de reprendre ailleurs un désir à son  compte », écrit-elle dans <em>Le symptôme et le savoir :Soutenance</em>,<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_7_1470" id="identifier_7_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le sympt&ocirc;me et le savoir&nbsp;:Soutenance, 1983, p. 21">8</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Bonneuil,  comme institution, s’est donc construite comme « lieu expérimental »  entendu, comme le dit Mannoni, « comme un lieu où quelque chose d’autre  peut se jouer à partir de la place laissée vide à l’imprévu. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_8_1470" id="identifier_8_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Un lieu pour vivre,  p.49 ">9</a> Mannoni veut ainsi lutter contre les aspects conservateurs de  toute institution, ceci afin de donner une chance à une parole un peu  plus libre, afin qu’elle soit entendue d’une part, et qu’elle puisse  entrer dans un processus de transformation d’autre part, ce qui  aboutirait à la véritable naissance d’un sujet désirant chez ces  enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour  conclure ce « trajet » au travers de l’œuvre de Mannoni, je voulais  m’arrêter sur ce qu’elle m’a apporté. En effet, comme je l’ai précisé en  introduction, il me semble que la question de l’accueil de la folie et  de l’enfance, reste cruciale et particulièrement d’actualité.  Rappelons-nous par exemple la publication en 2005 de l’expertise de  l’Inserm sur « le trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent ».  L’ouvrage du collectif « Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3  ans ! », 2006, avait témoigné de prises de position critiques quant à  l’approche réductionniste et scientiste de cette approche médicale et  sécuritaire de la question éducative et sociale, de ce qui « fait  désordre dans l’ordre social », qui tend à s’imposer dans nos sociétés  libérales. L’idéologie du rendement et de l’efficacité, que Mannoni  pointait, s’est plus que jamais étendue.</p>
<p style="text-align: justify;">« L’institution  semble offrir ainsi à l’homme les possibilités soit d’un enrichissement  personnel, soit de l’appauvrissement le plus radical. » écrit-elle dans  <em>Le psychiatre, son ‘fou’ et la psychanalyse</em>,<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_9_1470" id="identifier_9_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le psychiatre, son &lsquo;fou&rsquo; et la psychanalyse, p. 13 ">10</a></p>
<p style="text-align: justify;">Face à  ce constat et comme nous l’avons vu, Mannoni a mis en oeuvre une  pratique théorique qui partait des polémiques de l’antipsychiatrie sur  les compromissions idéologiques et pseudo-scientifiques de la  psychiatrie. Car comme l’écrivait Fédida dans « Psychose et parenté »,   dans son livre <em>Le concept et la violence</em>, publié en 1977, à  partir du lien privilégié de la psychiatrie avec la médecine, « il en  est résulté une éthique de la norme qui valait aussi bien pour la santé  que pour la morale et pour l’ordre sociale et politique. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce que Mannoni dénonce également, notamment dans <em>Le psychiatre, son ‘fou’ et la psychanalyse</em>,  c’est que la simple présence des psychanalystes en institution ne règle  pas le problème. Leur action ne peut se penser qu’avec une réflexion  qui doit se prolonger au niveau institutionnel, et politique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et  c’est à ce niveau que je tiens pour stimulante la réflexion de Maud  Mannoni. Il est important de maintenir ouvertes les questions qu’elle a  posées.</p>
<p style="text-align: justify;">Par  exemple, je pense qu’il faut prendre au sérieux le fait qu’« aucun  diplôme (aucune formation universitaire ou technique) ne peut donner à  l’adulte l’assurance qu’il affrontera en toute sérénité, et même avec  compétence, son rapport à l’enfant dit handicapé (spécialement s’il  s’agit d’un enfant psychotique) […] le trajet que l’adulte a à effectuer  avec un enfant en difficulté est un trajet qu’il effectue d’abord avec  lui-même (c’est à dire avec l’enfant en lui) »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1470#footnote_10_1470" id="identifier_10_1470" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un lieu pour vivre, p. 227 ">11</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et  d’autre part, je crois également qu’ « on ne peut repenser l’institution  que si l’on met d’abord en cause et en question l’origine de son  existence même. » Et pour ce faire il est nécessaire à la fois de se  plonger dans les références théoriques que Mannoni convoque  (antipsychiatrie, psychothérapie institutionnelle, enseignement de  Lacan, etc …) et de poursuivre une approche critique des idéologies  actuelles.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1470" class="footnote"><a href="http://www.dailymotion.com/video/x7lj27_allocution-de-n-sarkozy-a-antony_news">http://www.dailymotion.com/video/x7lj27_allocution-de-n-sarkozy-a-antony_news</a> </li><li id="footnote_1_1470" class="footnote"> « Le psychiatre, son ‘fou’ et la  psychanalyse », 1970, p. 243 </li><li id="footnote_2_1470" class="footnote">  « Education impossible », p.73 </li><li id="footnote_3_1470" class="footnote"> Jean Oury, Marie Depussé, <em>A quelle heure passe le train</em>,<em> conversations sur la folie</em>, 2003 </li><li id="footnote_4_1470" class="footnote">  « Ce qui manque à la vérité pour être dite », 1988, p.18 </li><li id="footnote_5_1470" class="footnote"> <em>Un lieu pour vivre</em>,  p.15 </li><li id="footnote_6_1470" class="footnote"> « Un lieu pour vivre », p.15 </li><li id="footnote_7_1470" class="footnote"><em>Le symptôme et le savoir :Soutenance</em>, 1983, p. 21</li><li id="footnote_8_1470" class="footnote"> <em>Un lieu pour vivre</em>,  p.49 </li><li id="footnote_9_1470" class="footnote"><em>Le psychiatre, son ‘fou’ et la psychanalyse,</em> p. 13 </li><li id="footnote_10_1470" class="footnote"><em>Un lieu pour vivre</em>, p. 227 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Lecture du texte « Le jeu et le potentiel » de René Roussillon</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2015 11:38:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Objet malléable]]></category>
		<category><![CDATA[Objeu]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[René Roussillon]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 7 septembre 2015.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour tout clinicien qui travaille avec des enfants et des adolescents, la question du jeu est incontournable. Et partant de là, d’un point de vue pratique, celle des objets qui vont servir dans ce jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Freud a parlé du jeu, mais il ne lui fait pas de place d’un point de vue technique, étant donné qu’à part le petit Hans, il ne s’est guère occupé d’enfant. Après la pionnière et oubliée Hermine von Hug-Hellmuth, c’est Mélanie Klein qui marque profondément le paysage de la psychanalyse d’enfants. Le jeu devient, avec Klein, l’équivalent de l’association libre chez l’adulte, donc une sorte de théâtre où les fantasmes de l’enfant vont se déployer, et que l’analyste « n’aurait plus qu’à interpréter ». Mais chaque clinicien s’occupant d’enfants s’aperçoit rapidement que cette hypothèse est bien plus complexe. Peut-on interpréter tout jeu, et doit-on vraiment le faire, et comment, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Le courant psychanalytique français aurait tendance à être plus prudent sur cette question du jeu. Dolto ne parle finalement que très peu du jeu, Lacan aussi. Le second psychanalyste le plus marquant quant au jeu fut un élève de Klein, et il fut plus que méfiant envers l’interprétation. Winnicott insistera en effet sur la dimension thérapeutique du jeu en lui-même. Le texte de Roussillon, <a href="https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2004-1-page-79.htm" target="_blank">que vous pouvez trouvez ici, </a>m’a paru intéressant car il déplie quelque chose d’essentiel sur le jeu. Il introduit ainsi à une réflexion sur l’objet du jeu, entendu comme ce qui met en marche, ce qui produit le jeu, et ce dont le jeu peut se servir concrètement afin qu’il développe ses potentialités thérapeutiques. On a donc là aussi des réflexions autour des médiations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé du texte </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon rappelle que la mémoire humaine « est un système ouvert ». Elle possède un fonctionnement biologique (au niveau de son inscription) qui inclurait finalement une actualisation, donc un transfert, une interprétation et donc un autre, une adresse. D’où une certaine liberté à la psyché, qui « obligerait » au jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis il nous rappelle des éléments sur le jeu comme modèle du travail thérapeutique. La psychanalyse française a largement développé le modèle du rêve pour penser la cure (un état psychique proche, motricité suspendue, perception raréfiée, analyste absent du regard…). Mais d’une part, ce modèle ne conviendrait pas à tous les sujets, c’est-à-dire à ceux dont le fonctionnement psychique n’inclue pas si facilement les possibilités de symbolisation que l’on trouve dans le rêve. Alors, la suspension de la motricité et de la perception n’offrent pas les meilleures conditions pour cette symbolisation, voire peuvent aggraver la situation du patient. D’autre part, ce modèle pose également problème pour penser le travail avec les enfants et les adolescents. Perception, motricité et présence sont alors importants.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors le modèle du jeu ? Quels problèmes pose-t-il ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle pourrait être la définition du jeu dans ce modèle ? Est-ce le jeu explicite, manifeste, ou bien par analogie avec un jeu intrapsychique, ou bien encore comme métaphore ?</p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon répond évidemment qu’il s’agit plutôt d’un jeu qui implique à la fois « la conception d’un travail de reprise et de transformation » et « l’idée que, à travers le jeu manifeste, se masque et se révèle tout à la fois un autre jeu, un autre enjeu, que se trame comme dans le rêve et selon le terme de Freud une ‘autre scène’ ». Lorsque Roussillon évoque donc qu’il y a jeu et jeu, c’est à dire qu’il y a des jeux très contraints, stéréotypés « où la maîtrise de la situation semble être au premier plan et condenser l’essentiel du transfert » et d’autres formes de jeu « dans lesquelles, à l’inverse, un enjeu psychique inconscient essentiel est ‘transféré’ », cela m’a fait penser à une auteure qui a produit une thèse sur le jeu, Marie Lenormand. On peut <a href="http://www.theses.fr/2011AIX10157" target="_blank">la lire ici</a>. Dans un article, <a href="https://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2015-1-page-23.htm" target="_blank">&laquo;&nbsp;La question du jeu dans la cure des enfants : parcours, enjeux et difficultés&nbsp;&raquo;</a>, elle part du principe qu’il est finalement impossible de parler <em>du</em> jeu (en soutenant d’ailleurs qu’ « aucun auteur ne s’attarde […] à définir ce qu’est le jeu ») « comme d’une catégorie homogène, mais qu’il est bien plutôt indispensable de considérer qu’il existe <em>plusieurs types</em> de jeux. ».  Pour ce faire elle propose « un repérage, structurel, <em>des</em> jeux, considérant que tous ne s’organisent pas selon une seule et unique logique inconsciente ». Lenormand propose une tripartition à laquelle elle aboutit en fonction de la manière dont cette logique inconsciente du jeu va s’organiser selon son rapport à la castration (dénégation, démenti et forclusion).</p>
<p style="text-align: justify;">La tripartition que propose Lenormand est la suivante :</p>
<p style="text-align: justify;">1)      Les jeux  « trompe-l’œil »</p>
<p style="text-align: justify;">« Ces jeux obéissent à une logique de <em>Verneinung</em> consistant à dénier une loi pourtant reconnue et inscrite. S’y chiffre le fantasme et s’y (dé)voile le désir inconscient à la manière de la dénégation. »</p>
<p style="text-align: justify;">2)      Les jeux « leurre »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces jeux « fonctionnent à la manière de fétiches qui permettent de démentir (<em>verleugnen</em>) la castration plutôt que de la dénier (<em>verneinen</em>) »</p>
<p style="text-align: justify;">3)      Les jeux « suppléance »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces jeux obéissent cette fois « à une logique de forclusion » et ont « pour principale fonction d’opérer un traitement de la jouissance et de faire barrage à un retour du réel. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons à Roussillon. Donc, évidemment, ce qui est important dans le jeu, « c’est au niveau des enjeux inconscients qu’il faut le repérer et tenter de le dégager, c’est dans ce qu’il recèle de potentiels non encore advenus, à explorer, à découvrir, dans ce qui est latent à son expression manifeste, qu’il faut l’observer ou l’écouter. ». Roussillon veut promouvoir ainsi une approche du jeu qui comporte deux niveaux : 1) à travers ces jeux, ces <em>games</em>, répétitifs, repérer « quel jeu potentiel est resté en souffrance » 2) « dégager leur potentialité exploratoire et appropriative de l’expérience subjective qu’ils reprennent et tentent de mettre en scène. » Il l’illustre par l’exemple clinique, devenu fameux, relaté par Winnicott dans son article de 1969,<em> &laquo;&nbsp;L’observation des jeunes enfants dans une situation établie&nbsp;&raquo; (</em>in De la pédiatrie à la psychanalyse), où il travaille avec une petite fille de 13 mois. Il présente dans cet article ce qu’il appelle « une situation établie », à savoir un cadre qu’il a construit pour ses consultations avec de très jeunes enfants et où il utilise une spatule en métal.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis Roussillon entre dans une description plus fine de ce qu’il peut y avoir de symbolisant, de thérapeutique, dans le jeu.  Il part de ce qu’il appelle « l’expérience subjective ‘significative’ » comme « ‘matière première du psychisme » et de la façon dont on peut concevoir comment un sujet va se l’approprier, étant posé que cette expérience n’est pas « un donné » pour l’être humain, mais « un amalgame », « multi-pulsionnelle, multi-sensorielle, multi-perceptive, multi-esthétique », et qu’il faut en conséquence un certain travail chez le sujet pour que ce dernier assimile cette expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">La première étape de cette appropriation est celle de la maîtrise, car toute expérience psychique présente un caractère de menace pour le psychisme en ce qu’elle peut venir déborder ce dernier. C’est là que s’insère toutes les recherches sur la fonction de « contenance », ou les « enveloppes psychiques », ce que Roussillon appelle de son côté « la fonction de maintenance » de la psyché. A cette étape, l’inscription de l’expérience au sein de l’appareil psychique n’est pas garantie tant le réflexe premier de l’appareil est plutôt de se protéger contre l’éventuelle effraction. (On devrait peut-être ajouter un certain type d’inscription, car on sait combien « l’inscription » des expériences traumatiques est vécu sur le mode proche de la photographie. Ces expériences traumatiques s&#8217;inscrivent donc, mais font retour chez le sujet de manière telle qu&#8217;il ne peut les assimiler)</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde étape consiste en une seconde présentation, une re-présentation. Et c’est là que le jeu aura toute son importance. Pour que le sujet se ressaisisse de l’expérience, il lui faut lâcher momentanément sa prise, ses défenses, ce qui comporte un certain danger, celui d’être à nouveau débordé par ce caractère potentiellement effractant de l’expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon propose alors l’hypothèse que c’est l’exercice d’une certaine liberté qui permet au sujet de se ressaisir de l’expérience. Que si ce sujet est contraint du dehors dans la première étape, il lui faut sentir que cette contrainte n’existe pas dans la seconde pour qu’il accepte de « baisser la garde ». C’est cette même liberté qui doit exister avant tout engagement d’un sujet dans un jeu. « le droit de ne pas jouer est aussi une pré-condition du jeu libre. » Les jeux à caractère compulsif serait ainsi mis en place par des sujets  lorsque une certaine sécurité n‘existe pas pour eux, et c’est alors la conquête de cette liberté qui est d’abord la première étape pour eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir de comprendre comment plus précisément la re-présentation de l’expérience peut devenir appropriation de celle-ci par le sujet, Roussillon revient sur la différenciation réalité externe/réalité interne. C’est en effet un des enjeux justement de la première étape que de maintenir cette différenciation, une fois qu’elle a été mise en place dans le développement. Mais justement, afin que le jeu devienne cet espace de transformation, de re-saisie de l’expérience, il faut que l’opposition entre ces deux espaces (réalité externe, réalité psychique) soit levée, afin que « la réalité interne vienne se ‘loger’ au creux de la réalité externe, dans la perception de celle-ci ». D’où la nécessité, que Winnicott avait souligné en son temps, que l’environnement respecte le « sacré » de l’expérience de jeu, « que le joueur ne soit pas mis dans la position d’avoir à décider de la position ‘topique’ du processus qu’il met en œuvre. » C’est ainsi la dimension d’illusion subjective qui est fondamentale, et qui permettra à son tour la possibilité, à travers l’expérience de jeu, pour le sujet de re-découvrir ce qu’il y avait au préalable déposé. Et c’est le monde du symbole qui s&#8217;ouvre alors, c’est-à-dire des objets à la fois objectifs et subjectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, Roussillon ajoute à cette dimension symbolique, la dimension des affects. A savoir que cette expérience du jouer va produire un type de plaisir spécifique, prototypique des &laquo;&nbsp;sublimations&nbsp;&raquo;. Ce nouveau plaisir signe en effet une transformation, dans le système pulsionnel. Dorénavant, « la représentation et le plaisir pris dans la représentation deviennent le nouveau but de la pulsion. La représentation n’est plus le moyen de repérer l’objet de la pulsion, de l’identifier, elle devient ce par quoi la pulsion se satisfait, ce par quoi elle s’accomplit, elle devient le but même de l’activité pulsionnelle ».</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, Roussillon finit son article sur les caractéristiques des objets matériels du jeu afin qu’ils deviennent ces supports à la symbolisation. Il décrit alors certaines propriétés des objeux comme conditions afin que ceux-ci permettent d’accueillir l’hallucination.</p>
<p style="text-align: justify;">1) Il y a ainsi des objeux qui doivent présenter certaines caractéristiques sensorielles analogues à l’expérience première à symboliser.</p>
<p style="text-align: justify;">2) Il faut parfois que ces objeux soient inanimés, donc à la merci du sujet qui leur insufflera la vie comme bon lui semble.</p>
<p style="text-align: justify;">3) Mais parfois, l’objeu pourra apporter la nécessaire surprise, la créativité, dont le sujet aura besoin dans son expérience. Un autre sujet seul peut alors l’apporter. (Dans ce cadre, le jeu vidéo serait un entre-deux. Il présente un caractère animé, une simulation de la vie via les mondes qu’il propose au joueur)</p>
<p style="text-align: justify;">4) Enfin, les propriétés de transformation, de malléabilité de l’objeu sont très importantes, en qu’elles permettront d’accueillir ce qui reste encore informe dans certains états psychiques. Mais ce n’est pas tout, cette caractéristique de transformation permettra également de ‘réfléchir’ sa propre activité au joueur […]. C’est en effet en déformant/transformant, en répétant l’expérience d’une déformation et d’une remise en forme, que le sujet commence à pouvoir réfléchir sa propre activité de symbolisation par le jeu, qu’il en prend conscience, et ainsi qu’il commence à pouvoir se l’approprier. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte de Roussillon me semble donc un élément introductif particulièrement intéressant à beaucoup de questions que se pose tout clinicien engagé dans le travail avec des enfants ou des adolescents. Il attire ainsi l’attention sur cette question essentielle de la symbolisation par le jeu, de son fonctionnement, mais aussi des conditions qui président à l’exercice de celle-ci, à la fois du côté du jeu et du fonctionnement psychique, mais aussi du côté matériel des jeux manifestes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour continuer à lire Roussillon, je vous invite à lire <a href="http://reneroussillon.com/symbolisation/fonction-symbolisante-de-lobjet/" target="_blank">« La fonction symbolisante de l’objet »</a> qui peut être lu comme un complément à ce texte. Je l&#8217;ai commenté <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=876" target="_blank">ici.</a></p>
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		<title>Au revoir tristesses ! Psychanalyse des dépressions et des mélancolies individuelles et collectives</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2015 17:16:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 21 mars 2015.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong>16<sup>ème</sup> colloque de l’ALEPH</strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><strong> </strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><strong><em>Au revoir tristesses !</em></strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><strong><em>Psychanalyse des dépressions et des mélancolies individuelles et collectives</em></strong></h2>
<p><strong><em><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/03/Aleph.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1416" title="Aleph" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/03/Aleph.jpg" alt="" width="745" height="533" /></a><br />
</em></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/images/stories/programme-et-bulletin-inscription-colloque.pdf" target="_blank">Bulletin d&#8217;inscription et programme</a></strong></p>
<h2><strong>le samedi 28 mars 2015, à Lille.</strong></h2>
<p><strong>9h15 – 11h00 : </strong>Président de séance : Pascal Lech’Vien, psychologue et psychanalyste à Rennes</p>
<p>Discutants : Dr Emmanuel Fleury, psychiatre et psychanalyste à Lille, Jean-Claude Duhamel, psychologue et psychanalyste à Lens et à Liévin</p>
<p><strong>Hommage à Elsa Cayat</strong></p>
<p><strong>Isabelle Baldet, </strong>psychanalyste à Lille, présidente de l’ALEPH</p>
<p>Hommage à Elsa Cayat, psychanalyste assassinée le 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo, à travers la lecture de ses textes</p>
<p><strong>La violence de la mélancolie selon David Foster Wallace</strong></p>
<p><strong>Franz Kaltenbeck, </strong>psychanalyste à Lille et Paris, rédacteur en chef de la revue <em>Savoirs et clinique</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Infinite Jest</em> (1996) (<em>Plaisanterie infinie</em>) et <em>Le Roi Pâle </em>(2011, traduction française 2012), ces deux grands romans de l’écrivain américain David Foster Wallace, témoignent de sa lutte acharnée contre la dépression mélancolique. En les écrivant, il nous a livré des aperçus éclairants sur la maladie mystérieuse qui l’a cependant poussé, comme tant d’autres poètes, au suicide : l’impossible remède contre la douleur d’exister ; l’action dévastatrice sur son enfant d’une mère anéantie par un trauma ; l’hémorragie de la libido accompagnant la fuite des capitaux s’écoulant par le trou de la dette de l&#8217;État ; la désintégration de l’image du corps à cause des ravages d’une jouissance toxique (drogue, alcool et autres addictions, substances prises pour combattre la souffrance).</p>
<p><strong>« Aucun mot ne peut décrire cette tragédie! » :</strong><strong> </strong></p>
<p><strong>le cas d’Adam Lanza, tueur « d’école »</strong><strong> </strong></p>
<p><strong>Manya Steinkoler, </strong>professor in the English department at Borough of Manhattan Community College, New York</p>
<p>Depuis 20 ans, les massacres dans les écoles sont devenus de fait une nouvelle catégorie du meurtre de masse aux USA : « La tuerie d’école, c’est le nouveau meurtre en série », écrit même un journaliste, tandis que fleurissent sur le web les « fan-sites » pour adolescents qui élèvent les <em>school shooters</em> au statut de héros.</p>
<p>La psychanalyse peut nous aider à comprendre ces crimes apparemment immotivés, pas seulement en invoquant la psychose &#8211; qui est souvent une explication insuffisante &#8211; mais aussi grâce à sa théorie de l’acte. L’acte peut en effet s’appuyer sur l’identification à la masse d’un sujet acéphale, rendue aujourd’hui possible par la technologie. Un tel acte nous choque d’une manière inimaginable parce qu’il détruit le tissu d’identifications auxquelles il nous est nécessaire de croire pour vivre. « La guerre contre le monde » du shooter de Sandy Hook, Adam Lanza, dont le but était de se rebeller contre « le mal absolu » de notre culture, s’avère ainsi un crime de notre temps.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p><strong>11h00 – 11h15</strong> : Pause Café</p>
<p><strong>11h15 – 12h45 : </strong>Présidente de séance : Dr Brigitte Lemonnier, psychiatre et psychanalyste à Arras, trésorière de l’ALEPH</p>
<p>Discutants : Frédéric Yvan, psychanalyste à Lille, rédacteur en chef adjoint de la revue <em>Savoirs et </em>clinique, Dr Philippe Sastre-Gareau, psychiatre et psychanalyste à Lille</p>
<p><strong>L’inclination à la terreur</strong></p>
<p><strong>Geneviève Morel, </strong>psychanalyste à Lille et à Paris, présidente du CP-ALEPH</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>En 2014, près d’un millier de nos jeunes concitoyens sont partis volontairement en Syrie pour se battre au nom de Dieu, interpelés par une propagande diffusant massivement sur internet des prêches soi-disant religieux entrecoupés de vidéos montrant des meurtres effroyables punissant les « impies ». Ce n’est pas la première fois que de tels mouvements se produisent dans l’histoire. On évoquera, certes dans un tout autre contexte et avec de tout autres buts, les terroristes des années 60-70, notamment en Allemagne (« Fraction armée rouge », dite « Bande à Baader »).</p>
<p>Il ne saurait être question d’atténuer la responsabilité d’actes terroristes en invoquant une quelconque excuse psychiatrique. Cependant, on peut se demander, avec la psychanalyse, ce qui provoque, chez des jeunes gens des deux sexes, ces ruptures brutales, ces décrochages souvent inattendus de leur milieu social, familial, scolaire, religieux, et ce passage immédiat à la violence meurtrière, à leurs yeux justifiée par des idéaux simplistes.</p>
<p>M’appuyant sur un exemple clinique et sur des témoignages, j’interrogerai la force mortifère en jeu dans le terrorisme contemporain avec pour références, notamment, Freud et ses pathologies de l’idéal lorsqu’il se met au service de la pulsion de destruction, Dide et ses <em>idéalistes passionnés</em> tendant à la cruauté, Lacan et sa théorie du terrorisme.</p>
<p><strong> « Vladimir – Ce n’est pas folichon. » </strong></p>
<p><strong>Diane Watteau, </strong>artiste, critique d’art, membre de l’AICA, commissaire d&#8217;exposition indépendante, agrégée et maître de conférences en arts plastiques, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne</p>
<p>Dans son Manuscrit G de 1895, intitulé précisément « la mélancolie », Freud écrit : « L’affect qui correspond à la mélancolie (dépression) est celui du deuil, c’est-à-dire le regret amer de quelque chose de perdu ». Quand l’artiste Bas Jan Ader ne tombe pas, il fait de ses pleurs une micro performance avant de disparaître vraiment dans les flots d’une mer agitée en bateau, quand Dirk Braeckman noircit et use le monde « noir-clair » (comme le définit Beckett, pour ne pas dire gris) pour le comprimer en une seule image photographique, quand Samuel Beckett rend intarissable une femme pour qu’elle cesse de penser, en fixant dans le noir une bouche qui parle toute seule, c’est Not I ! NOT I – Pas JE. On a bien envie de les supplier, ces artistes, de dire n’importe quoi pour en finir avec cette paralysie mélancolique ou de leur demander de se taire complètement. Si ça s’égrène en bribes et par sursauts, quand Patricia &amp; Marie-France Martin performent autour de Patrick &#8211; un pauvre type, matrice, « patrice » de leurs conférences performées &#8211; c’est pour parler encore et encore de l’amour qui se voit voir, avant d’aller se faire voir ailleurs : pour aller voir le voile de l’humour cocasse qui se cache derrière le tragique d’une chute de tension dépressive.</p>
<p><strong>12h45 – 14h45</strong> : Pause Déjeuner</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p><strong>14h45 &#8211; 16h15</strong> : Présidente de séance : Lucile Charliac, psychanalyste à Paris, rédactrice en chef adjointe de la revue <em>Savoirs et clinique</em></p>
<p>Discutants : Dr Éric Le Toullec, psychiatre et psychanalyste à Toulouse, Sylvie Boudailliez, psychologue et psychanalyste à Lille et à Roubaix</p>
<p><strong>La voix noire</strong><strong> </strong></p>
<p><strong>Bernad Baas, </strong>agrégé de l&#8217;Université, docteur en philosophie, professeur de philosophie en classes de Lettres supérieures et de Première supérieure au Lycée Fustel de Coulanges</p>
<p>On parle bien de la &laquo;&nbsp;voix blanche&nbsp;&raquo; de l&#8217;effroi ou de l&#8217;angoisse; pourquoi pas la &laquo;&nbsp;voix noire&nbsp;&raquo; de la mélancolie ? À partir d&#8217;un examen critique des thèses phénoménologiques, il s&#8217;agira d&#8217;interroger le lien entre la temporalité et la voix dans la mélancolie.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Mishima sous le soleil&nbsp;&raquo; </strong></p>
<p><strong>Daisuké Fukuda</strong>, Docteur en psychanalyse de l’Université de Paris VIII, maître de conférences à l’université Aoyama Gakuin (Tokyo)</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>L&#8217;objet de mon intervention consistera à éclairer le geste énigmatique d’une femme mise en scène par Mishima Yukio (1925-1970) dans une de ses pièces de théâtre intitulée <em>Madame de Sade </em>(1965). Mishima a rédigé cette pièce en réfléchissant à sa position subjective devant le choix forcé « la liberté ou la mort ». Ou bien l’homme de sable s’engage politiquement sous un régime fragilisé et préfère la belle image de la mort sur le champ de bataille, ou bien l’homme de lettres se retire politiquement et meurt dans la raideur de la vieillesse. Je tâcherai d’éclairer la passion de l’ignorance de Mishima, considérée comme l’envers de sa lucidité toujours transparente à lui-même. Cela nous permettra d’élucider, ne serait-ce que partiellement et indirectement, les événements qui nous ont touchés tout récemment.</p>
<p><strong>16h15 – 16h30</strong> : Pause Café</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p><strong>16h30 – 18</strong><strong>h00</strong> : Président de séance : Vincent Le Corre, psychologue et psychanalyste à Paris</p>
<p>Discutants : Aline Bourjot, psychologue à Lille et à Lambersart, Antoine Verstraet, psychologue et psychanalyste à Lille</p>
<p><strong>Hackerspaces, fablabs, tiers-lieux, et autres hétérotopies : réenchanter le monde ?</strong></p>
<p><strong>Bénédicte Vidaillet, </strong>psychanalyste à Lille,<strong> </strong>professeure à l&#8217;Université Paris Est Créteil (Paris 12)</p>
<p>Le monde du travail semble irrépressiblement associé aux signifiants « dépression », « risque », « épuisement » ; le monde social à la « perte de liens », à « l’individualisme » ; le monde économique à la désespérante « dette », au « manque de croissance », à la « hausse du chômage ». Bref, l’espoir d’en finir avec la morosité ambiante n’a jamais paru si chimérique ! Pourtant, depuis quelques années, dans une relative discrétion, s’expérimentent de nouveaux lieux, qui revendiquent en toute modestie de réinventer tout à la fois le travail, la société et l’économie, en promouvant la mise en œuvre concrète de valeurs qu’on croyait définitivement enterrées au nom du réalisme et du TINA principe (<em>There Is No Alternative</em>) : collaboration plutôt que concurrence ; partage, gratuité et bien commun plutôt que marché et propriété ; plaisir et passion plutôt que labeur ; expérimentation et chemin parcouru plutôt que résultats ; émancipation et décentralisation plutôt que pouvoir et hiérarchie ; démocratie directe plutôt que représentative. On pourrait s’en amuser, prédire à ces prétentieux, ces inconscients, ces « nouveaux socialistes », un destin similaire à celui de leurs lointains ancêtres qui, au 19ème siècle, promouvaient les vertus du mutualisme et de l’associationnisme. Pourtant, la rapidité avec laquelle ces lieux se sont développés – qu’ils s’appellent fablabs, hackerspaces, tiers-lieux, techshops, etc. – en très peu de temps (moins de dix ans) dans le monde entier (on en recense des milliers répartis notamment en Europe et aux États-Unis), appelle qu’on leur prête une réelle attention. N’est-ce pas de là que l’on pourrait oser un « Adieu, tristesse ! » ?</p>
<p><strong><em>Et in melancholia ego</em></strong></p>
<p><strong>Sylvain Masschelier, </strong>professeur agrégé de lettres modernes, titulaire du Master 2 lettres, arts, langues et communication et d’un DEA d’analyses littéraires</p>
<p><em> </em></p>
<p>Il n&#8217;est pas indifférent que les <em>Tristes</em> d&#8217;Ovide soit l&#8217;ouvrage qui suive<em> L&#8217;Art d&#8217;aimer</em> dont ils sont peut-être le prolongement et la conséquence. L&#8217;exil d&#8217;Ovide ouvre ainsi une histoire de l&#8217;écriture de la mélancolie mais, plus qu&#8217;une ouverture anthologique, ce texte continue à nous proposer des voies de recherche sur les liens entre la tristesse, la nostalgie, la mélancolie et l&#8217;exil. L&#8217;histoire serait elle-même « la tâche de l&#8217;exilé » selon Siegfried Kracaeur, l&#8217;analyste doit-il en être le secrétaire ? Depuis Aristote, on sait que le créateur &#8211; « l&#8217;homme de génie » &#8211; trouve son Arcadie dans « l&#8217;humeur noire » qu&#8217;il pratique avec art et parfois humour : la clinique ne démentira pas le rôle essentiel que la création joue dans la tentative de sortie – <em>exilium </em>- de cet état. C&#8217;est un exil intérieur, une politique subjective où il n&#8217;est pas sûr que les amarres soient larguées, que la dérive ne puisse être abordée sans qu&#8217;il soit question pour le sujet ou de se saborder ou de prendre le large.</p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>18h00 </strong>: Clôture du colloque par Monique Vanneufville, psychanalyste à La Madeleine, rédactrice en chef adjointe de la revue <em>Savoirs et clinque</em></p>
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		<title>Intervention à la bibliothèque de l&#8217;Université Lille 3 le 24 mars 2015</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2015 17:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 21 mars 2015.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Relations et médiations par le jeu vidéo : une autre approche du jeu vidéo</h2>
<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/03/Cerveau-manette_ENT.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1405" title="Cerveau-manette_ENT" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/03/Cerveau-manette_ENT.jpg" alt="" width="400" height="250" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La <em>révolution numérique</em> bouleverse aujourd’hui nos institutions, telle que l’école, et affecte la fabrique de nos subjectivités au niveau du lien social, de l’identité, du rapport à l’espace, au corps, au travail ou encore au savoir, et enfin au niveau de nos possibilités de jouer.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous pencherons donc sur la façon dont le jeu vidéo se retrouve dans la clinique, et plus particulièrement chez les adolescents, et présenterons alors comment le dispositif vidéoludique peut être un objet possible de relation et de médiation dans une psychothérapie<strong>.</strong></p>
<p>J&#8217;interviendrai <strong><a href="https://www.univ-lille3.fr/bibliotheques/actualites/" target="_blank">le Mardi 24 mars</a> 2015,</strong><strong> de 12h à 13h30 -</strong><strong> à la BU &#8211; Espace Vie Etudiante.</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le dispositif vidéo-ludique au service de l&#8217;élaboration psychique</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1387</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Feb 2015 10:47:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[médiation thérapeutique]]></category>
		<category><![CDATA[Papo&Yo]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Lacadée]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 17 février 2015.
Voici le début d'un article écrit par Grégoire Latry et moi-même, qui vient de paraître dans la revue de l'Université Lyon II CANAL PSY.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/02/PYGame-Win32-Shipping-2013-06-09-17-41-12-07.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1390" title="PYGame-Win32-Shipping 2013-06-09 17-41-12-07" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2015/02/PYGame-Win32-Shipping-2013-06-09-17-41-12-07-1024x576.jpg" alt="" width="1024" height="576" /></a></p>
<p><em><strong>par Grégoire Latry, Vincent Le Corre</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Voici le début d&#8217;un article écrit par Grégoire Latry et moi-même, qui vient de paraître dans la revue de l&#8217;Université Lyon II <a href="http://psycho.univ-lyon2.fr/informations-608326.kjsp?RH=1413873662515&amp;RF=1417981234325" target="_blank">CANAL PSY</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Son numéro 109 a été coordonné par <a href="https://psychologienumerique.wordpress.com/" target="_blank">Guillaume Gillet</a>, et s&#8217;intitule <a href="http://psycho.univ-lyon2.fr/numero-en-cours-608315.kjsp?RH=1413875616335" target="_blank">&laquo;&nbsp;Cliniques du numérique et médiations thérapeutiques&nbsp;&raquo;</a>. On y trouve des articles de Guillaume Gillet, Geoffroy Willo, Anne Brun, Yann Leroux, Fanélie Chomette.</p>
<p style="text-align: justify;">“Cette singularité ne peut se faire entendre que si on laisse à chacun le choix de dire avec ses mots ce qui se joue dans sa vie. Pour cela, il s’agit d’inventer un lieu où le sujet pourra mettre du jeu dans ce qui constitue son impasse”<br />
Lacadée, P. <em>L’éveil et l’exil.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cet article est né d&#8217;une discussion, non sans désaccords, entre les deux auteurs, à partir de la rencontre entre les interprétations respectives de leur expérience autour d’un jeu dont il sera donc question ici. Comme Stéphane Natkin l’a écrit dans son ouvrage <em>Jeux vidéo et médias du XXIème siècle</em><a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1387#footnote_0_1387" id="identifier_0_1387" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" St&eacute;phane Natkin, Jeux vid&eacute;o et m&eacute;dias du XXI&egrave;me si&egrave;cle, quels mod&egrave;les pour les nouveaux loisirs num&eacute;riques, Vuibert, 2004 ">1</a>, le jeu vidéo tend à devenir un paradigme pour les médias du 21ème siècle. Aussi, il semble presque “naturel” que nombre de jeunes gens, qui ont grandi en jouant et en suivant l’évolution du jeu vidéo, tentent de s’approprier ce média afin d’en faire aujourd’hui leur moyen principal d’expression voire de création. Il ne s’agit alors plus pour eux de simplement jouer, mais de “jouer à produire”, à l’aide de différents outils actuels dédiés à la création vidéoludique, c’est à dire, finalement de devenir eux-mêmes des créateurs de mondes vidéoludiques.<br />
De manière analogue à certains processus créatifs, celui d’un jeu vidéo peut-il devenir un lieu d’élaboration de conflits ou traumas pour un sujet ? Autrement dit, le processus de création vidéoludique peut-il être un possible espace de sublimation mettant à la disposition d’un sujet de la matière à représenter et un lieu où exercer sa créativité au sens de Mélanie Klein, à savoir un lieu de réparation des objets internes et externes ?<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1387#footnote_1_1387" id="identifier_1_1387" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &ldquo;La douleur du deuil v&eacute;cue dans la position d&eacute;pressive et les pulsions r&eacute;paratrices d&eacute;velopp&eacute;es pour reconstituer les objets aim&eacute;s internes et externes sont le fondement de la cr&eacute;ativit&eacute; et de la sublimation&rdquo;, Hanna Segal, Introduction &agrave; l&rsquo;oeuvre de M&eacute;lanie Klein, p.90 ">2</a><br />
A travers cette question, nous souhaiterions inviter le lecteur (non-joueur ou pas) à poser ainsi un regard clinique sur le jeu vidéo qui puisse potentiellement faire de cet objet un outil pour construire ce “lieu d’où” le sujet prend parole, et dont parle Philippe Lacadée dans son ouvrage.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans rentrer dans le débat même sur les rapports entre jeu vidéo et art, ou peut-être, pour nourrir cette discussion sans mobiliser directement le concept d’art, nous voudrions nous attacher ici à montrer combien la programmation vidéoludique est avant tout une pratique créative et ludique du code informatique, et de ce fait, comment il peut être mobilisé par certains sujets dans un processus consistant à tenter de partager certains éléments de leur réalité psychique avec d’autres sujets, et par là à essayer de les transformer. Cet aspect du jeu vidéo renforce selon nous l’importance de son statut d’objet culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, dans le but de démontrer la pertinence de cette proposition nous avons pensé qu’il serait d’autant plus intéressant de mettre l’accent sur l’analyse d’un jeu vidéo dans cette perspective, afin de démontrer qu’il est possible d’aborder certains jeux vidéo à l’instar de ce que fait maintenant depuis un moment la psychanalyse avec les oeuvres littéraires ou cinématographiques.</p>
<p style="text-align: justify;">1- L’investissement du médium jeu vidéo au service de la création, de l’expression et du travail autour des éléments de sa propre histoire</p>
<p style="text-align: justify;">2- Un exemple de jeu, <strong><em>Papo&amp;Yo</em></strong>, visant la mise en représentation et la figuration de l’expérience traumatique</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1387" class="footnote"> Stéphane Natkin, <em>Jeux vidéo et médias du XXIème siècle, quels modèles pour les nouveaux loisirs numériques</em>, Vuibert, 2004 </li><li id="footnote_1_1387" class="footnote"> “La douleur du deuil vécue dans la position dépressive et les pulsions réparatrices développées pour reconstituer les objets aimés internes et externes sont le fondement de la créativité et de la sublimation”, Hanna Segal,<em> Introduction à l’oeuvre de Mélanie Klein</em>, p.90 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le jeu vidéo et le travail de la culture</title>
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		<pubDate>Wed, 14 May 2014 11:17:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Anthropy]]></category>
		<category><![CDATA[Edmund McMillen]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Triclot]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Genvo]]></category>
		<category><![CDATA[Vander Caballero]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 14 mai 2014.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comment aborder la dimension expressive du jeu vidéo, comme l’avance et le pratique Sébastien Genvo, avec son jeu <a href="http://www.expressivegame.com/jeu-expressif.html" target="_blank">Keys Of A GameSpace</a><a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1372#footnote_0_1372" id="identifier_0_1372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HERM_062_0127 ">1</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Je voudrais tenter ici de le faire avec la notion psychanalytique de travail de la culture.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On pourrait commencer par dire qu’avec les jeux vidéo, on peut faire plus que jouer. Ce n’est pas qu’il faille ajouter du sérieux au jeu vidéo pour le rendre plus présentable, pour en faire un objet de recherche notamment, comme le critique par exemple Mathieu Triclot dans son livre <a href="http://gamusik.netsan.fr/file.axd?file=collection%2F2269%2FPhilosophie+des+jeux+vid%C3%A9o+%28Mathieu+Triclot%29.pdf" target="_blank"><em>Philosophie des jeux vidéo</em></a><a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1372#footnote_1_1372" id="identifier_1_1372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &amp;laquo;&amp;nbsp;&Agrave;&nbsp;vrai dire,  cette antinomie est renforc&eacute;e par le statut d&rsquo;ill&eacute;gitimit&eacute; culturelle  des jeux vid&eacute;o eux-m&ecirc;mes. On ne peut pas dire que les jeux vid&eacute;o soient  consid&eacute;r&eacute;s en g&eacute;n&eacute;ral comme un objet l&eacute;gitime, un bon objet. Mais, que  se passe-t-il alors si, de surcro&icirc;t, on s&rsquo;interdit de les traiter en  objets, avec la bonne distance qui sied &agrave; la th&eacute;orie&nbsp;? Il est toujours  possible de se focaliser &agrave; propos des jeux sur ce qui est &laquo;&nbsp;plus que du  jeu&nbsp;&raquo;, sur les dimensions de l&rsquo;apprentissage, de la transmission de  messages, de refabriquer du bon objet &agrave; partir des jeux&nbsp;; une tactique  que l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation des &laquo;&nbsp;jeux s&eacute;rieux&nbsp;&raquo; ou serious games au rang  d&rsquo;objet acad&eacute;mique pousse &agrave; son terme logique. Les jeux s&eacute;rieux, &agrave;  vocation p&eacute;dagogique ou de communication, sont de ce point de vue des  objets parfaits&nbsp;: des jeux o&ugrave; la dimension du plaisir peut &ecirc;tre  suffisamment marginalis&eacute;e, o&ugrave; le jeu est ramen&eacute; &agrave; l&rsquo;instrument d&rsquo;une  finalit&eacute; plus noble..&amp;nbsp;&amp;raquo; ">2</a> Quand je dis qu’avec le jeu vidéo on peut faire plus que jouer, c’est pour appuyer :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- d’une part sur l’aspect du jeu vidéo comme moyen d’expression. Donc du côté de la production, de la création qu’un sujet, singulier ou collectif, peut mettre en oeuvre avec cette matière numérique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- d’autre part, sur l’aspect de l’utilisation, et là ce sera sur l’utilisation de cet objet, avec par exemple son usage comme objet de médiation.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Pourquoi parler de travail de la culture ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le travail de la culture c’est une notion proche de ce que certains nomment la subjectivation, qui est le processus du devenir-sujet, à savoir les obstacles ou les conditions favorables à l’appropriation des évènements psychiques par un sujet. Et pour le faire, ce sujet s’appuie notamment sur des représentations verbales ou des images, donc des acquis culturels appartenant au “capital commun et symbolique de chaque psyché et de la psyché collective.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1372#footnote_2_1372" id="identifier_2_1372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Nathalie Zaltman, L&rsquo;esprit du mal, Editions de l&rsquo;Olivier, p.60 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais là où la subjectivation s’intéresse à ce qui se passe uniquement pour un sujet, ce que l’on désigne par travail de la culture, c’est le fait que les solutions que peut trouver un sujet ne le concerne pas seulement. Ce n’est pas uniquement une affaire privée, c’est plutôt une solution qui concerne une problématique collective, l’ensemble humain.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Pourquoi ce détour par cette notion de travail de la culture ? Parce que le jeu vidéo apparaît régulièrement convoqué par des jeunes dans leur recherche de solutions quant aux questions ou problèmes qui se posent à eux.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ainsi, si on définit le travail de la culture comme “l’accroissement du degré de connaissance et de conscience que l’homme réussit à gagner sur ce qui le détermine intérieurement et lui échappe”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1372#footnote_3_1372" id="identifier_3_1372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Nathalie Zaltman, L&rsquo;esprit du mal, Editions de l&rsquo;Olivier, p.65 ">4</a> et bien il me semble que le jeu vidéo peut participer à ce travail dans le sens où le jeu vidéo est utilisé par certains sujets comme un moyen pour partager quelque chose qui, sinon, pourrait potentiellement être une source de souffrance, que ce soit sur le versant de la création, ou bien de l’utilisation, et ici s’insère son usage comme objet de médiation. En partageant quelque chose de sa vie psychique à travers le jeu vidéo, les sujets peuvent ainsi apprendre quelque chose sur ce qui les détermine et qui leur échappe généralement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette dynamique rejoint ainsi le développement des outils qui permettent de créer des jeux sans avoir besoin de programmer, ou la mise à disposition de certains moteurs de jeu afin que chacun puisse concevoir quelque chose avec.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ce développement est mis en avant par exemple dans le livre d’<a href="http://www.merlanfrit.net/La-main-a-la-pate" target="_blank">Anna Anthropy</a> “<a href="http://www.ludoscience.com/FR/blog/605-Critique--Rise-of-the-Videogame-Zinesters---Anna-Anthropy.html" target="_blank">Rise of the Videogame Zinesters</a>”.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voici quelques exemples :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- Pour un adolescent, qui était un joueur excessif, les jeux vidéo, leurs univers symboliques, mais aussi leur histoire, constituaient un pont vers la culture en général. Il s’était donné un projet qui le travaillait énormément, à savoir de “refaire l’histoire des jeux vidéo”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Chez cet adolescent, le plaisir de jouer tendait en effet à disparaître au profit de la « maîtrise du jeu », et c’est ce qui alimentait son jeu excessif à ce moment de sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais le savoir restait particulièrement investi chez lui, et le jeu vidéo constituait un terrain où il cherchait à acquérir des connaissances et il prenait plaisir à les partager. Au sein de cette histoire des jeux qu’il tentait de construire, c’étaient les années 1990 qui semblaient pour lui particulièrement importantes, à savoir les années autour de sa naissance.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La tentative d’historiciser cet objet vidéoludique, et à travers celui-ci quelque chose de sa propre histoire, afin de la lier à une culture partageable avec d’autres, était surprenante. Il donnait en effet l’impression que c’était tout un pan de son histoire qu’il retravaillait à partir des jeux vidéo, et cela contre l’opinion de son père, qui énonçait que les jeux vidéo rendaient violents, ou nuisaient à l’intelligence. Son père incarnait pour lui l’opinion des adultes en général, autrement dit l’opinion dominante considérant cette activité vidéoludique uniquement comme nuisible ou dangereuse. Cet adolescent avait tendance à s’identifier à une place de martyr, de sacrifié. En défendant cet objet ludique comme un véritable objet ayant son histoire et un statut honorable, il se défendait lui-même contre ce discours dans lequel il était pris, et qui tendait à l’assimiler à un objet déchu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- Un adolescent me racontait combien il aimait créer des maps pour Minecraft. Il passait beaucoup de temps à réfléchir sur ces maps, à essayer de plonger le futur joueur dans une certaine situation. La création de maps et leur partage était très important pour cet adolescent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- Un autre adolescent me racontait enfin combien il aimerait recréer son école pour en faire le terrain d’une sorte de jeu d’épouvante où certaines pièces plongerait le joueur dans une sorte de peur ou d’angoisse&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Enfin on peut prendre des exemples chez des game designers connus :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- <strong>McMillen</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans le documentaire <a href="http://buy.indiegamethemovie.com/" target="_blank"><em>Indie Game, the movie</em></a>, un des game designer présentés dans le film, Edmund McMillen, qui est l’un des concepteurs du jeu Super Meat Boy, montre ainsi combien le jeu vidéo est, pour lui, non pas un, mais le moyen de s’exprimer.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans ce documentaire, McMillen se décrit comme ayant été un enfant à part, souvent pris dans des difficultés à lier avec les autres, et cherchant tout de même le moyen d’en représenter quelque chose à travers le dessin notamment. Il raconte par exemple combien son enfance fut traversée par des monstres et des phobies. “C’est cool d’être un enfant créatif. Mais il y a un danger à devenir isolé et obsédé par certaines choses. Et d’avoir des phobies.” commente-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Avant d’imaginer Meat Boy, le héros du jeu qui le rendra célèbre, il a créé en 2008 un jeu vidéo nommé <a href="http://armorgames.com/play/2153/aether" target="_blank">Aether</a>, construit comme un conte dans lequel un jeune garçon va explorer l’univers et se promener de planètes en planètes. Pour lui, “chacune des planètes était des phobies que j’avais étant plus jeune. Quand je joue à ce jeu, c’est exactement ce que je ressentais.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Si l’on comprend aisément qu’Aether met en scène certains aspects difficiles de l’enfance de McMillen, que penser du fait que Meat Boy est selon ses dires, “un garçon sans peau”. La petite amie du héros est prénommée Bandage Girl, et fut imaginée par lui non pas simplement comme “un intérêt amoureux. C’est ce qui complète Meat Boy.” En effet, le personnage Meat Boy n’étant qu’un paquet de chair à vif, “a boy without skin”, il est exposé à tous les dangers. Sa petite amie devient alors littéralement une seconde peau, lui permettant de survivre.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">McMillen est ainsi éminemment touchant et très explicite sur les objectifs qu’il se fixe quant à sa pratique créative du code informatique, lorsqu’il explique combien Aether est “un jeu qui pourrait transporter les gens dans mon esprit au moment où j’avais 5, 6, 7 ans.”</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">- <strong>Vander Caballero</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Papo &amp; Yo</em> (papa et moi) est un jeu développé par Minority sorti en aout 2012 sur PS3. Minority est un studio de développement créé par le game designer Vander Caballero, en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Rappelons pour commencer la citation du game designer, Vander Caballero, par laquelle le jeu débute :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">&laquo;&nbsp;A ma mère, mes frères et mes sœurs</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Grâce à qui j&#8217;ai survécu au monstre qui habitait mon père.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ce monstre c&#8217;est son père qui fut alcoolique et visiblement violent.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le gameplay est donc fondé sur l’énigme, mais une énigme qui s’inscrit directement dans l’architecture de la ville. Au-delà, ce sont des souvenirs qu’il s’agit de remettre en ordre, avec l’aide du joueur, afin de mieux s’en départir.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Papo &amp; Yo est donc une fable sur ce que le jeu vidéo peut représenter de l’imagination quand elle est mise au service de l’échappement, de la tangente, face à un quotidien douloureux.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Lorsque je disais que cette expression travail de la culture désignait le fait qu’un sujet pouvait trouver certaines solutions à ses questions, mais que ses solutions concernaient l’ensemble des humains, c’est ce pourquoi le jeu de Caballero m’a beaucoup touché.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1372" class="footnote"> <a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HERM_062_0127">http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HERM_062_0127</a> </li><li id="footnote_1_1372" class="footnote"> &laquo;&nbsp;À vrai dire,  cette antinomie est renforcée par le statut d’illégitimité culturelle  des jeux vidéo eux-mêmes. On ne peut pas dire que les jeux vidéo soient  considérés en général comme un objet légitime, un bon objet. Mais, que  se passe-t-il alors si, de surcroît, on s’interdit de les traiter en  objets, avec la bonne distance qui sied à la théorie ? Il est toujours  possible de se focaliser à propos des jeux sur ce qui est « plus que du  jeu », sur les dimensions de l’apprentissage, de la transmission de  messages, de refabriquer du bon objet à partir des jeux ; une tactique  que l’élévation des « jeux sérieux » ou <em>serious games</em> au rang  d’objet académique pousse à son terme logique. Les jeux sérieux, à  vocation pédagogique ou de communication, sont de ce point de vue des  objets parfaits : des jeux où la dimension du plaisir peut être  suffisamment marginalisée, où le jeu est ramené à l’instrument d’une  finalité plus noble..&nbsp;&raquo; </li><li id="footnote_2_1372" class="footnote"> Nathalie Zaltman, L’esprit du mal, Editions de l’Olivier, p.60 </li><li id="footnote_3_1372" class="footnote"> Nathalie Zaltman, L’esprit du mal, Editions de l’Olivier, p.65 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Psychanalyse du Net &#8211; Episode 1</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Mar 2014 13:32:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[différence des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Geneviève Lombard]]></category>
		<category><![CDATA[Guy le Gaufey]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Civin]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse du Net]]></category>
		<category><![CDATA[yann leroux]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 21 mars 2014.
Début d'une série de posts écrit à partir du livre de Michael Civin, Psychanalyse du Net (Male, female, e-mail).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-a5e20b89-e4bf-eed3-2d9a-0f3bebe91e97" style="text-align: justify;" dir="ltr">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2014/03/Psychanalyse-du-Net.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1368" title="Psychanalyse du Net" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2014/03/Psychanalyse-du-Net.jpg" alt="" width="194" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est un ouvrage qui date de 2000. Ouvrage souvent cité comme pionnier dans l’étude psychanalytique des espaces cybernétiques et des effets sur les sujets du point de vue de la psychanalyse. Michael Civin, son auteur, définit ainsi l’objet de son livre :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“Comment  concevons-nous nos relations avec les autres, et quel rôle la  “communication médiatisée par ordinateur” &#8211; le courrier électronique,  Internet et ses divers moyens de communication &#8211; joue-t-elle dans le  réseau potentiellement infini de ces relations ? Tel est le sujet de ce  livre.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_0_1361" id="identifier_0_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.17 ">1</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Concernant cet auteur, Michael Civin, <a href="http://unethese.blogspot.fr/2010/08/jour-13-ep-01-michael-civin-et-la.html" target="_blank">selon Yann Leroux</a>, il est très difficile de trouver d’autres  références ou traces de cet auteur, à un point tel qu’on peut se demander  si l’auteur lui-même n’est pas un bot&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><a href="http://inconscient.net/civin.htm" target="_blank">Geneviève Lombard a écrit un post</a> sur ce livre également, et met en avant le fait, rare il est vrai, que le livre contient beaucoup d&#8217;histoires, d&#8217;histoires cliniques.<a href="http://inconscient.net/civin.htm"></a></p>
<p style="text-align: justify;">Quant à moi, je souhaiterais partager ici quelque unes de mes questions actuelles, à partir de ce livre. Les premières sont les suivantes :</p>
<p id="docs-internal-guid-f10c490c-e4c6-7cbf-19b7-03e61140f78e" style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>La “rencontre” au sein de la “communication médiatisée par ordinateur”</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comment penser l’altérité et la rencontre au temps de la “communication médiatisée par ordinateur” ? Tel pourrait être le sous-titre de ce livre. A ce sujet, Sylvain Missonnier parle donc dans sa préface d’un danger pour les utilisateurs d’Internet au sujet de l’altérité : “L’altérité minimaliste et distanciée des personnes “rencontrée” sur Internet laisse croire à une relation véritable sans toutefois en comporter les exigences.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le fait que le mot de <em>rencontre</em> soit mis entre guillemets souligne bien le besoin que l’on ressent de distinguer entre une rencontre <em>online </em>et <em>IRL</em>. Et quelles exigences laisse-t-on de côté lorsque l’on se contente d’une relation <em>online </em>?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Civin exprimera ce fait au début de son livre en terme de paradoxe  “ [...] une relation médiatisée par ordinateur peut permettre à un individu de satisfaire avec plus ou moins de succès le besoin profondément humain d’avoir des relations et, en même temps, favoriser chez lui le repli paranoïde, en lui évitant toute forme d’engagement intersubjectif.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_1_1361" id="identifier_1_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.47 ">2</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Une autre piste : numérique et perte<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Civin indique un passage de Searles où ce dernier relie technologie et perte de façon prophétique. Cela ressemble à l’épisode 1 de la saisons 2, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Mirror_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29#.C3.89pisode_1_:_Be_Right_Back" target="_blank"><em>Be right Back</em></a>, de l&#8217;excellente série <em>Black Mirror</em> sur l’usage des chatbots conversationnels pour pallier la souffrance de la perte de l’objet aimé.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_2_1361" id="identifier_2_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.20 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Une autre piste encore :<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est la récurrence du thème de la différence des sexes et de la technologie numérique, dont l’ouvrage de Civin est un exemple parfait, qui m’a également frappé. Le titre original est tout de même <em>Mail, Female, e-mail !<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Il se demande par exemple comment la technologie numérique peut permettre aux parlêtres d’explorer de nouvelles modalités d’être humain. Et de ce point de vue, la différence des sexes pourrait s’effacer au profit d’un “genre technologique” qu’il nomme “l’emailien”. &laquo;&nbsp;Du point de vue de la communication médiatisée par ordinateur [...] la distinction entre masculin et féminin s’efface au profit de l’”emailien”, qui n’a que le technologique pour genre.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_3_1361" id="identifier_3_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.34 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette indistinction ou ce “brouillage” entre d’une part l’humain, le non-humain et les deux sexes est contenue dans un article d’Alan Turing, datant de 1950, et Civin le cite d’ailleurs<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_4_1361" id="identifier_4_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.45 ">5</a> même s’il n’en fait peu de cas finalement. Mais on peut s’apercevoir avec l’exemple qu’il donne d’une conversation entre un être humain appelé Barry et un chatbot nommé Julia que la situation du test de Turing est aujourd’hui largement répandu avec la diffusion d’Internet dans nos espace relationnels.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Si l’on reprend avec Guy Le Gaufey<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_5_1361" id="identifier_5_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Guy Le Gaufey, Hiatus sexualis, Du non rapport sexuel chez Lacan, Epel, 2013 ">6</a> la genèse de l’apparition du fameux aphorisme de Lacan “Il n’y a pas de rapport sexuel” qui constitue le réel du sexe du point de vue de la psychanalyse, on trouve cette image de la technique qui permettrait par contre de sortir (de façon imaginaire) de l’ambiguïté sexuelle fondamentale ( ambiguïté sexuelle fondamentale au sens où l&#8217;entend Geneviève Morel dans son livre <em>Ambiguïtés sexuelles</em>) propre au champ humain :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“Si j&#8217;ai dit qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;acte sexuel, c&#8217;est au sens où cet acte conjoindrait, sous une forme de répartition simple, celle qu&#8217;évoque dans la technique, par exemple dans les techniques usuelles, dans celle du serrurier, l&#8217;appellation de pièce mâle ou de pièce femelle. Cette répartition simple constituant le pacte, si l&#8217;on peut dire inaugural, par où la subjectivité s&#8217;engen­drerait comme telle : mâle ou femelle.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1361#footnote_6_1361" id="identifier_6_1361" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Guy Le Gaufey, Hiatus sexualis, Du non rapport sexuel chez Lacan, Epel, 2013, p.50-51 ">7</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Lacan exprimait là l’impossibilité de trouver et de prouver dans le champ humain, exactement le contraire de ce que l’on imagine très bien du point de vue de la technique, à savoir “l’existence de l’acte sexuel  [...] au sens d’un acte qui ferait des partenaires qu’il articule des individus ressortissant pour l’un à ‘homme’ et pour l’autre à ‘femme’.”</p>
<p id="docs-internal-guid-ef249cee-e4d0-7db1-198a-55009ed87910" style="text-align: justify;" dir="ltr">Les liens entre la technique (et plus particulièrement les possibilités offertes par le numérique) et les aléas de la sexuation me semblent en tout cas  un champ à explorer&#8230;</p>
<p dir="ltr">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1361" class="footnote"> M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.17 </li><li id="footnote_1_1361" class="footnote"> M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.47 </li><li id="footnote_2_1361" class="footnote"> M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.20 </li><li id="footnote_3_1361" class="footnote"> M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.34 </li><li id="footnote_4_1361" class="footnote"> M. Civin, Psychanalyse du Net, Hachette, 2002, p.45 </li><li id="footnote_5_1361" class="footnote"> Guy Le Gaufey, Hiatus sexualis, Du non rapport sexuel chez Lacan, Epel, 2013 </li><li id="footnote_6_1361" class="footnote"> Guy Le Gaufey, Hiatus sexualis, Du non rapport sexuel chez Lacan, Epel, 2013, p.50-51 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Aux sources pulsionnelles de l’invention technique</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Nov 2013 16:14:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
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		<description><![CDATA[Paris, le 29 novembre 2013.
Un début d'essai sur psychanalyse et technique à partir du concept de pulsion.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-033c6cb1-a498-fb65-e38d-0871e18917da" dir="ltr">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">La technique et l’inadaptation de l’être humain</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tentons ici une spéculation toute freudienne, dans le sens d’un essai de dérivation d’une activité humaine particulière, nommée technique, de ce concept fondamental en psychanalyse, à savoir la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On pose souvent la technique comme cette part de la culture qui aurait permis à l’animal humain de se rendre maître de la nature. Autrement dit, lorsque l’on pense intuitivement au pourquoi de la technique, aux raisons de son émergence dans l’ordre humain, surgit souvent l’idée de protection de l’homme et de contrôle sur la nature, via la maîtrise du feu et l’extension des organes humains à travers des outils, ceci dans le but de résoudre certains problèmes ou d’améliorer son environnement.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ainsi l’ordre de la technique serait le lieu où la question d’une possible adaptation de l’être humain à son environnement se poserait avec le plus d’acuité. La question de son adaptation ou plutôt de son inadaptation fondamentale, car finalement il n’y a pas de rapport adapté de l’homme à son environnement. Et c’est ce que nous indique paradoxalement l’ordre de la technique, et ce particulièrement avec la technique contemporaine si décriée aujourd’hui comme engendrant de multiples maux.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Freud rappelait déjà dans son “Malaise dans la culture” ce déséquilibre inhérent au rapport de l’homme à la technique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] voici que s’élève la voix pessimiste de la critique! La plupart de ces allégeances, insinue-t-elle, sont du même ordre que ce « plaisir à bon marché » prôné par l’anecdote connue : le procédé consiste à exposer au froid sa jambe nue, hors du lit, pour avoir ensuite le « plaisir » de la remettre au chaud. Sans les chemins de fer, qui ont supprimé la distance, nos enfants n’eussent jamais quitté leur ville natale, et alors qu’y eût-il besoin de téléphone pour entendre leur voix ? Sans la navigation transatlantique, mon ami n’aurait point entrepris sa traversée, et je me serais passé de télégraphe pour me rassurer sur son sort. A quoi bon enrayer la mortalité infantile si précisément cela nous impose une retenue extrême dans la procréation, et si en fin de compte nous n’élevons pas plus d’enfants qu’à l’époque où l’hygiène n’existait pas, alors que d’autre part se sont ainsi compliquées les conditions de notre vie sexuelle dans le mariage et que se trouve vraisemblablement contrariée l’action bienfaisante de la sélection naturelle ?»<a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_1_1321"></a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est un passage que reprend Bernard Stiegler<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_0_1338" id="identifier_0_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue &amp;#8211; De la pharmacologie, p.32 ">1</a> pour dire que finalement si la technique permet à l’homme de perfectionner ses organes, “au cours de ce perfectionnement, la technique vient sans cesse compenser un défaut d’être (dont parle aussi Valery) en provoquant à chaque fois un nouveau défaut – toujours plus grand, toujours plus complexe et toujours moins maîtrisable que le précédent. Ce désajustement constant induit frustrations, blessures narcissiques et mélancolie.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La question que je voudrais me poser ici serait donc pourquoi un tel déséquilibre ou désajustement inhérent à la technique ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Les contraintes de la pulsion et sa satisfaction</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans son écrit “Pulsions et destins de pulsions” de 1915, Freud se livre à un travail difficile sur ce concept dont il pose dès le début qu’il est un des concepts fondamentaux de sa discipline. Il cherche à en tracer les lignes de forces, et il en arrive à faire une proposition d’une part à l’aide de la fameuse définition “[...] la pulsion nous apparaît comme un concept-frontière entre animique et somatique, comme représentant psychique des stimuli issu de l’intérieur du corps et parvenant à l’âme, comme une mesure de l’exigence de travail qui est imposée à l’animique par suite de sa corrélation avec le corporel”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_1_1338" id="identifier_1_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Freud, &ldquo;Pulsions et destins de pulsions&rdquo; in Oeuvres compl&egrave;tes, Tome XIX, p.169 ">2</a>  ; et d’autre part, à l’aide d’une combinatoire composée des quatre termes que sont la poussée, le but, l’objet et la source de la pulsion. A partir de cela, il décrira plusieurs destins des pulsions.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais ce qui me retient dans ce texte, c’est tout d’abord la discussion de Freud, en amont, pour séparer le concept de pulsion du concept de stimuli extérieur. “Quel est le rapport de la “pulsion” au “stimulus” ?”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_2_1338" id="identifier_2_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">3</a>. Il prépare dans un premier temps la distinction avec la notion de stimulus pulsionnel versus stimulus psychique. “La stimulus pulsionnel n’est pas issu du monde extérieur, mais de l’intérieur de l’organisme lui-même. C’est pourquoi aussi il agit différemment sur l’animique et exige, pour être éliminé, d’autres actions.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le modèle économique de Freud est celui de l’homéostasie à l’intérieur d’un système, autrement dit la nécessaire éconduction de l’énergie qui peut s’accumuler à l’intérieur du système. Il faut que ce dernier puisse liquider la tension afin de garder l’énergie au plus bas niveau. “L’action appropriée” par rapport au schéma-réflexe est donc celle qui “soustrait la substance stimulée à l’action exercée par le stimulus et l’éloigne du domaine de l’action du stimulus.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_3_1338" id="identifier_3_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Alors la pulsion est-elle une catégorie de stimulus qui agirait sur le psychique ?<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_4_1338" id="identifier_4_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &ldquo;[...] le pulsion serait un stimulus pour le psychique.&rdquo;, p.166 ">5</a> Freud commence donc par comparer une notion d’ordre physiologique, le stimulus (Reiz), avec ce que pourrait être la pulsion. Mais il précise tout de suite que l’on ne peut équivaloir pulsion et stimulus psychique car il y a certains stiumuli qui agissent sur le psychique sans que l’on puisse dire qu’ils soient d’ordre pulsionnel, comme “lorsqu’une forte lumière frappe l’oeil.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_5_1338" id="identifier_5_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">6</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ainsi la première distinction entre le stimulus pulsionnel et le stimulus physiologique est sa localisation, “le stimulus pulsionnel n’est pas issu du monde extérieur, mais de l’intérieur de l’organisme lui-même.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_6_1338" id="identifier_6_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">7</a> Cela a comme conséquence le fait que l’organisme aura d’autres actions appropriées que pour le stimulus physiologique pour éconduire l’énergie accumulée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Après sa localisation, la seconde distinction concerne le rythme, la modalité d’action du stimulus sur l’organisme. Le stimulus (Reiz) agit de manière ponctuel rappelle Freud, contrairement au stimulus pulsionnel qui exerce une poussée constante. Cela engendre également certaines conséquences sur la façon dont l’organisme-système va pouvoir éconduire l’énergie en une action appropriée. A une action ponctuelle pour se soustraire au stimulus physiologique, impossible de fuir pour l’organisme-système devant le stimulus pulsionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme ce dernier exerce sa pression, une pression constante, sur le sujet, depuis l’intérieur, le sujet ne peut fuir la source du stimulus pulsionnel. Ce sont donc des contraintes toutes particulières. Et une autre conséquence est que ce qui supprime le stimulus pulsionnel, ce sera pour Freud “la satisfaction”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_7_1338" id="identifier_7_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.167 ">8</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ces contraintes, que Freud place d’ailleurs comme une première possibilité offerte au sujet de pouvoir constituer une distinction entre un dedans et un monde extérieur. (“La substance perceptive de l’être vivant aura ainsi acquis, dans l’efficacité de son activité musculaire, un point d’appui pour séparer un ‘à l’extérieur” d’un ‘à l’intérieur’”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_8_1338" id="identifier_8_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.167 ">9</a> ) me semblent donc importantes pour aborder la question des origines de la technique depuis la psychanalyse, et saisir ainsi le pourquoi de ce déséquilibre qui se ressent au niveau du rapport à la technique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">la pulsion, véritable moteur de la culture</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En effet, à partir de ces contraintes pulsionnelles impossibles à fuir, Freud peut dire alors que ce sont les pulsions, “et non pas les stimulus externes, qui sont les véritables moteurs des progrès qui ont porté le système nerveux, à ce point infiniment performant, au degré de son développement présent.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_9_1338" id="identifier_9_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p. 168 ">10</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cela peut donc être interpréter comme le fait que l’homme a du développer sa culture technique en raison de ces contraintes pulsionnelles. Cette culture technique serait ainsi les actions appropriées à faire au niveau du monde extérieur afin d’apporter satisfaction à ces stimuli pulsionnels en provenance de l’intérieur de l’organisme, donc impossibles à fuir.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] l’introduction des pulsions complique le schéma-réflexe physiologique simple. Les stimuli externes n’imposent que la seule tâche de se soustraire à eux [...]. Les stimuli pulsionnels, faisant leur apparition à l’intérieur de l’organisme, ne peuvent être liquidés par ce mécanisme. Ils soumettent donc le système nerveux à des exigences beaucoup plus élevées, ils l’incitent à des activités compliquées [...] qui apportent au monde extérieur ce qu’il faut de modification pour que celui-ci procure la satisfaction à la source-de-stimulus interne, et ils le forcent avant tout à renoncer à son intention idéale de tenir à distance les stimuli, puisqu’ils entretiennent un apport de stimulus inévitable et continu.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_10_1338" id="identifier_10_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p. 168 ">11</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/11/Schéma-de-la-pulsion.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1345" title="Schéma de la pulsion" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/11/Schéma-de-la-pulsion.jpg" alt="" width="364" height="409" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">L’impossible satisfaction et le déséquilibre</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais malheureusement, la question de la satisfaction des pulsions n’est pas aussi simple. Certes, si l’on s’en tient aux pulsions dites d’auto-conservation (faim, soif), cette satisfaction reste concevable. Mais si l’on aborde le champ des pulsions sexuelles, le champ de la satisfaction se complique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Lacan, dans le commentaire qu’il donne du texte de Freud dans son séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, parle de cette satisfaction notamment en ces termes :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] l’usage de la fonction de la pulsion n’a pour nous d’autre portée que de mettre en question ce qu’il en est de la satisfaction.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_11_1338" id="identifier_11_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" J. Lacan &ldquo;Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&rdquo;, p.186 ">12</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans son séminaire, Lacan pose donc que le destin de la sublimation pour la pulsion sexuelle objecte à tout abord simple de cette question de la satisfaction de la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette mise en question de la satisfaction de la pulsion sera d’ailleurs une entrée par rapport au concept de jouissance, mais aussi à celui de symptôme, car c’est bien au niveau du symptôme que se pose le plus concrètement et le plus péniblement pour les patients le paradoxe de la satisfaction de la pulsion sexuelle.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Il me semble que c’est aussi à travers cette mise en question de la satisfaction de la pulsion en tant qu’aucun objet ne puisse satisfaire cette pulsion qu’on peut revenir à notre question de départ, à savoir ce déséquilibre inhérent à l’ordre technique. Le “stimulus pulsionnel” contraint donc le sujet à modifier le monde pour tenter de faire taire cette exigence de travail, en tentant de satisfaire la pulsion qu’il ne peut fuir (contrairement aux stimuli externes qu’il pourrait fuir). Les “besoins” que l’homme chercherait à satisfaire en transformant le monde par la technique sont avant toute chose d’ordre pulsionnel.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">L’hypothèse serait donc que la technique, en ce qu’elle peut avoir d’excessif justement, c’est à dire ne correspondant a priori à aucun besoin physiologique humain, prendrait source dans cette dimension des pulsions sexuelles humaines, et non dans un ordre instinctuel, a fortiori de survie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Il y a enfin une phrase de Lacan concernant son commentaire du texte de Freud que je retiendrais ici par rapport à la question de la technique :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“L’intégration de la sexualité à la dialectique du désir passe par la mise en jeu de ce qui, dans le corps, méritera que nous le désignions par le terme d’appareil &#8211; si vous voulez bien entendre par là ce dont le corps, au regard de la sexualité, peut s’appareiller, à distinguer de ce dont les corps peuvent s’apparier.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_12_1338" id="identifier_12_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" J. Lacan &ldquo;Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&rdquo;, p.198 ">13</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette phrase résonne éminemment avec le texte de Victor Tausk sur lequel il faudra se pencher, à savoir « <a href="http://www.dundivanlautre.fr/questions-cliniques/tausk-victor-de-la-genese-de-lappareil-a-influencer-au-cours-de-la-schizophrenie-1919" target="_blank">De la genèse de “l’appareil à influencer” au cours de la schizophrénie</a> » (1919)</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tausk y décrit la tentative du schizophrène, dans le délire, pour se délester de ses pulsions sexuelles qui l’embarrasse dans la création d’une machine qui en retour l’influence. Cette machine a aussi la fonction d’un double, ou plus précisément, “elle fait fonction de corps”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_13_1338" id="identifier_13_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Mendelsohn, &ldquo;Quand le corps se laisse interroger par la machine&rdquo;, in Champs psychosomatique, n&deg;39, p.128 ">14</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Nous y reviendrons une autre fois.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Prométhée</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Enfin la question de la technique et de son origine fait partie de la mythologie grecque, avec son héros, le Titan Prométhée. Il faudra donc se pencher sur la mythologie à partir d’un texte, plutôt méconnu, de Freud, à savoir “La prise de possession du feu”. C’est ce que nous ferons plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1338" class="footnote"> B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue &#8211; De la pharmacologie, p.32 </li><li id="footnote_1_1338" class="footnote"> S. Freud, “Pulsions et destins de pulsions” in Oeuvres complètes, Tome XIX, p.169 </li><li id="footnote_2_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_3_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_4_1338" class="footnote"> “[...] le pulsion serait un stimulus pour le psychique.”, p.166 </li><li id="footnote_5_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_6_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_7_1338" class="footnote"> Ibid., p.167 </li><li id="footnote_8_1338" class="footnote"> Ibid., p.167 </li><li id="footnote_9_1338" class="footnote"> Ibid., p. 168 </li><li id="footnote_10_1338" class="footnote"> Ibid., p. 168 </li><li id="footnote_11_1338" class="footnote"> J. Lacan “Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse”, p.186 </li><li id="footnote_12_1338" class="footnote"> J. Lacan “Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse”, p.198 </li><li id="footnote_13_1338" class="footnote"> S. Mendelsohn, “Quand le corps se laisse interroger par la machine”, in Champs psychosomatique, n°39, p.128 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Pour une anthropologie psychanalytique de la technique (numérique)</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Oct 2013 09:20:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Stiegler]]></category>
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		<category><![CDATA[Harold Searles]]></category>
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		<category><![CDATA[numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Vial]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme le titre de ce post l’indique, j’aimerais essayer de travailler les liens entre la psychanalyse et la technique. Mis à part quelques exceptions il me semble, il apparaît que c’est un domaine peu exploré. On pourrait considérer Harold Searles par exemple comme un pionnier avec son ouvrage L’environnement non-humain. Certes, il est vrai que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-459051d6-7d88-b071-4133-db712aa2c55e" style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme le titre de ce post l’indique, j’aimerais essayer de travailler les liens entre la psychanalyse et la technique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mis à part quelques exceptions il me semble, il apparaît que c’est un domaine peu exploré. On pourrait considérer Harold Searles par exemple comme un pionnier avec son ouvrage <em>L’environnement non-humain</em>. Certes, il est vrai que Freud parle de la technique, comme dans son <em>Malaise dans la civilisation</em>, mais il la relie à la culture, et non pas directement à sa doctrine. Dans <em>Malaise dans la civilisation</em>, Freud tente en effet de dresser une liste de techniques de défense contre la souffrance. Après avoir rappelé que l’homme peut perfectionner ses organes grâce à sa culture technique, il reliera celle-ci aux tentatives de l’homme pour se protéger d’autrui et du monde extérieur, pointés comme sources de déplaisir<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_0_1321" id="identifier_0_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &ldquo;Il existe &agrave; la v&eacute;rit&eacute; un proc&eacute;d&eacute; diff&eacute;rent et meilleur ; apr&egrave;s s&amp;#8217;&ecirc;tre reconnu membre de la communaut&eacute; humaine et arm&eacute; de la technique forg&eacute;e par la science, on passe &agrave; l&amp;#8217;attaque de la nature qu&amp;#8217;on soumet alors &agrave; sa volont&eacute; : on travaille avec tous u bonheur de tous.&rdquo; ">1</a>. Puis de manière plus pessimiste, il placera finalement le progrès technique comme une source de désillusion pour l’homme, entraînant ainsi l’hostilité de celui-ci envers la culture en général.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">&laquo;&nbsp;Il est encore une autre cause de désillusion. Au cours des dernières générations, l&#8217;humanité a fait accomplir des progrès extraordinaires aux sciences physiques et naturelles et à leurs applications techniques ; elle a assuré sa domination sur la nature d&#8217;une manière jusqu&#8217;ici inconcevable. Les caractères de ces progrès sont si connus que l&#8217;énumération en est superflue.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Or, les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit. Ils croient toutefois constater que cette récente maîtrise de l&#8217;espace et du temps, cet asservissement des forces de la nature, cette réalisation d&#8217;aspirations millénaires, n&#8217;ont aucunement élevé la somme de jouissance qu&#8217;ils attendent de la vie. Ils n&#8217;ont pas le sentiment d&#8217;être pour cela devenus plus heureux.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On devrait se contenter de conclure que la domination de la nature n&#8217;est pas la seule condition du bonheur, pas plus qu&#8217;elle n&#8217;est le but unique de l’oeuvre civilisatrice, et non que les progrès de la technique soient dénués de valeur pour« l&#8217;économie» de notre bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">[...] mais&#8230;, mais voici que s&#8217;élève la voix pessimiste de la critique! La plupart de ces allégeances, insinue-t-elle, sont du même ordre que ce « plaisir à bon marché » prôné par l&#8217;anecdote connue : le procédé consiste à exposer au froid sa jambe nue, hors du lit, pour avoir ensuite le « plaisir » de la remettre au chaud. Sans les chemins de fer, qui ont supprimé la distance, nos enfants n&#8217;eussent jamais quitté leur ville natale, et alors qu&#8217;y eût-il besoin de téléphone pour entendre leur voix ? Sans la navigation transatlantique, mon ami n&#8217;aurait point entrepris sa traversée, et je me serais passé de télégraphe pour me rassurer sur son sort. A quoi bon enrayer la mortalité infantile si précisément cela nous impose une retenue extrême dans la procréation, et si en fin de compte nous n&#8217;élevons pas plus d&#8217;enfants qu&#8217;à l&#8217;époque où l&#8217;hygiène n&#8217;existait pas, alors que d&#8217;autre part se sont ainsi compliquées les conditions de notre vie sexuelle dans le mariage et que se trouve vraisemblablement contrariée l&#8217;action bienfaisante de la sélection naturelle ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Que nous importe enfin une longue vie, si elle nous accable de tant de peines, si elle est tellement pauvre en joies et tellement riche en souffrance que nous saluons la mort comme une heureuse délivrance ?&nbsp;&raquo;<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_1_1321" id="identifier_1_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Freud, Malaise dans la civilisation ">2</a></p>
<p id="docs-internal-guid-459051d6-7d8e-dd85-7919-07385b139b08" style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est ce qui fait dire à Bernard Stiegler que finalement si la technique permet à l’homme de perfectionner ses organes, “au cours de ce perfectionnement, la technique vient sans cesse compenser un défaut d’être (dont parle aussi Valery) en provoquant à chaque fois un nouveau défaut &#8211; toujours plus grand, toujours plus complexe et toujours moins maîtrisable que le précédent. Ce désajustement constant induit frustrations, blessures narcissiques et mélancolie.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_2_1321" id="identifier_2_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, de la pharmacologie, Flammarion, 2010, p.32 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On constate ainsi que Freud s&#8217;en tient à une vision de la technique comme moyen pour l’homme de s’améliorer afin de pallier certains problèmes, même si ce mouvement entraîne un déséquilibre créant ainsi de nouvelles sources de souffrance. C’est là que Stiegler retrouve le sens du <em>pharmakon </em>concernant l’objet technique, et qu’il s’applique à développer depuis plusieurs années.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais pour Freud, la technique donc, est un moyen pour l’homme, mais elle n’est pas mise en lien direct avec “son essence”, ou les conditions même de son développement. Plus largement, la technique au 20ème siècle est ainsi désignée largement comme un des maux de notre temps. Stépahne Vial le rappelle dans l’Etre et l’écran.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_3_1321" id="identifier_3_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Vial, L&rsquo;Etre et l&rsquo;&eacute;cran, chapitre &ldquo;Contre le &ldquo;syst&egrave;me technicien et le f&eacute;tichisme de la technique&rdquo;, p.37 &agrave; 44 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Révolution du numérique</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cependant, si l’on s’intéresse à la technique aujourd’hui, il est un domaine qui a pris une telle ampleur qu’il est impossible de l’ignorer. C’est le domaine de l’informatique, qu’on le relie à la technologie ou à la science. Ce champ, on peut l’appeler le numérique, et l’avènement de ce champ, la révolution du numérique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette expression de révolution informatique désigne ainsi ce que l’on peut appeler la numérisation du monde, c’est-à-dire la possibilité de numériser toutes sortes d’objets : transformer du texte, du son, ou encore de la vidéo en ce qui serait une nouvelle forme d’équivalent général après la monnaie, le code informatique. Cette révolution numérique, même si elle apporte de nouvelles choses, de nouveaux cadres de pensée, s’inscrit également dans une histoire des techniques, celle de l’écriture (donc dans celle encore plus large de la mémoire et des dispositifs que Bernard Stiegler, dans la suite de Platon, appelle hypomnémata).</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On peut définir rapidement cette culture numérique comme un ensemble de pratiques qui s’appuient sur de nouveaux outils technologiques, en posant que ces pratiques affectent entre autres certains des piliers de notre culture issus des trois monothéismes : nos savoirs-lire et nos savoirs-écrire. (La page et l’auteur versus l’internet et l’écriture collaborative). D’où le fait Serge Tisseron parle de &laquo;&nbsp;la culture du livre&nbsp;&raquo; qui aura de plus en plus à cohabiter avec &laquo;&nbsp;une nouvelle culture des écrans&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Milad Doueihi (un historien des religions qui étudie donc “naturellement” le numérique&#8230;) pose ainsi que cette culture numérique, ce mouvement social, économique, politique s’appuyant sur le numérique, est un véritable processus civilisateur couplé d’un phénomène religieux (il parle ainsi de conversion, conversion de l’analogique au numérique, et conversion religieuse) en tant que cette culture numérique serait aujourd’hui le seul mouvement qui se voudrait aussi universaliste que la religion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Enfin cette culture numérique bouleverse aujourd’hui nos institutions (notamment l’école, mais aussi la démocratie, le lien social, etc.) mais également certains concepts  (La façon de penser la propriété intellectuelle, l’identité, etc.) ou certaines valeurs de la culture actuelle (visibilité contre pertinence, l’intimité et l’extimité, ce qui rejoint la question du narcissisme, etc.) mais aussi nos manières de jouer. Aussi, comme le font finalement les enfants et les adolescents, on peut prendre les jeux vidéo comme un point d’entrée pour aborder le numérique, comme une initiation à cette culture numérique. C’est d’ailleurs pourquoi les jeux vidéo peuvent donc être étudiés comme paradigme de cette culture numérique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Car on peut aisément soutenir que cette numérisation affecte la fabrique des subjectivités contemporaines de différentes manières. Par exemple, d’une part à travers la prise de données permanente sur tout un chacun (par exemple la façon dont le capitalisme réintègre et valorise les traces que chacun peut laisser sur le web), d’autre part en fonction de la place que prennent les machines numériques dans nos vies. Aussi, il devient de plus en plus impossible de négliger politiquement la place des algorithmes et du code informatique dans la construction même de la réalité sociale dans laquelle nous sommes plongés.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_4_1321" id="identifier_4_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf ">5</a>. Mais la place des robots également. Le Japon est en point à ce sujet. Mais la question va se poser de plus en plus, comment allons-nous penser nos relations avec ces machines ? Quelle place auront-ils auprès de nos personnes âgées, ou de nos enfants ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Articuler psychanalyse et technique à partir du numérique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais pourquoi se servir du numérique pour essayer d’articuler la psychanalyse avec la question de la technique ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tout d’abord parce qu’on vient de le voir, le numérique est devenu aujourd’hui une véritable culture. Aussi, du point de vue strict de la clinique, cette culture est ainsi devenue importante à prendre en compte, tant dans le discours des patients, que des objets qui peuvent servir de médiations.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Une seconde raison existe, et pour l’exposer on peut partir à la fois de l’idée de Stéphane Vial, à savoir que la “révolution numérique” met au jour de manière plus flagrante que ne l’a fait jusqu’ici aucun système technique, le fait que l’être humain a toujours été un être de la technique, ou autrement dit que l’homme n’est homme qu’à travers la technique, et ce non pas dans un rapport (le terme de rapport induirait encore l’idée d’une nature humaine expurgée de la technique) mais de manière ontologique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Jean-Michel Salanskis indique également une idée proche. Dans <em>Le monde du computationnel</em>, il pose en effet que le numérique nous force à réinterroger ce que nous pensions sous le terme de technique.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_5_1321" id="identifier_5_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &amp;laquo;&amp;nbsp;[...] l&amp;#8217;enseignement premier et radical de la r&eacute;volution informationnelle, ou de l&amp;#8217;&eacute;mergence du computationnel, concerne l&amp;#8217;identit&eacute; m&ecirc;me de la technique : lorsque nous prenons cette r&eacute;volution ou cette &eacute;mergence comme &eacute;volution technique, nous avons peut-&ecirc;tre tort, ou en tout cas nous pensons trop simplement, et n&eacute;gligeons un d&eacute;placement de sens consid&eacute;rable.&amp;nbsp;&amp;raquo; in J-M Salanskis, Le monde du computationnel, Les Belles Lettres, 2011, p.135 ">6</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans le cadre psychanalytique, c’est plutôt la question du langage qui intervient lorsqu’il s’agit d’avancer dans une sorte d’ontologie de l’être humain, du moins lorsqu’on n’évince pas Lacan du champ psychanalytique. Car, même si Lacan a été soucieux de se départir de faire une ontologie de l’être humain en cherchant toujours et encore à désubstantifier le sujet (dépsychologiser le traditionnel sujet), posant que l’inconscient était d’ordre “pré-ontologique”, il n’en reste pas moins que la question ontologique dans la psychanalyse mérite d’être examinée.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Jacques-Alain Miller (qui fut présent lors du séminaire de Lacan de 1964) commenta en 2011 dans son séminaire “La difficulté avec l’ontologie, la doctrine de l’être – s’il faut le préciser -, Lacan a eu un problème avec l’ontologie. Et ce n’est pas un débat secondaire. C’est une question centrale. Elle se règle dans le cours de son enseignement par un recours au terme qui lui est polairement opposé : l’ontique. L’ontique concerne l’étant, à savoir – ce qui est.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Donc, voilà, le chemin à parcourir.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La catégorie dont nous faisons usage, la catégorie du réel, ne se dégage avec sa puissance conceptuelle qu’à la condition de cerner, limiter la fonction de l’être.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_6_1321" id="identifier_6_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/ ">7</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En tout cas, je souhaiterais essayer de faire dialoguer l’approche philosophique de la technique, que Vial appelle par exemple donc de ses voeux dans son ouvrage L’être et l’écran, et la psychanalyse. Et pour débuter nous pourrions peut-être d’une part paraphraser Lacan avec sa notion de parlêtre (qui signifiait que l’homme était un être parlé avant même que d’être un être parlant), en posant que l’homme est constitué, fabriqué pour ainsi dire, par la technique, mais que l’inconscient resterait d’une certaine manière encore en amont.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comment pourrrions-nous essayer de penser cela ?</p>
<p dir="ltr">Peut-être qu’il nous faudra évaluer la question des rapports entre technique et langage. Et à cela, ajouter la question du corps. Ceci nous porte donc vers les travaux de Leroi-Gourhan&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1321" class="footnote"> “Il existe à la vérité un procédé différent et meilleur ; après s&#8217;être reconnu membre de la communauté humaine et armé de la technique forgée par la science, on passe à l&#8217;attaque de la nature qu&#8217;on soumet alors à sa volonté : on travaille avec tous u bonheur de tous.” </li><li id="footnote_1_1321" class="footnote"> S. Freud, <em>Malaise dans la civilisation </em></li><li id="footnote_2_1321" class="footnote"> B. Stiegler, <em>Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue, de la pharmacologie</em>, Flammarion, 2010, p.32 </li><li id="footnote_3_1321" class="footnote"> S. Vial, L’Etre et l’écran, chapitre “Contre le “système technicien et le fétichisme de la technique”, p.37 à 44 </li><li id="footnote_4_1321" class="footnote"> <a href="http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf" target="_blank">http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf</a> </li><li id="footnote_5_1321" class="footnote"> &laquo;&nbsp;[...] l&#8217;enseignement premier et radical de la révolution informationnelle, ou de l&#8217;émergence du computationnel, concerne l&#8217;identité même de la technique : lorsque nous prenons cette révolution ou cette émergence comme évolution technique, nous avons peut-être tort, ou en tout cas nous pensons trop simplement, et négligeons un déplacement de sens considérable.&nbsp;&raquo; in J-M Salanskis, Le monde du computationnel, Les Belles Lettres, 2011, p.135 </li><li id="footnote_6_1321" class="footnote"> <a href="http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/" target="_blank">http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/ </a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>2- &#171;&#160;La politique de l&#8217;algortihme&#160;&#187; &#8211; Spec Ops : The Line ou qu&#8217;est-ce qu&#8217;un &#171;&#160;jeu vidéo critique&#160;&#187; ?</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jul 2013 15:19:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[David Barbosa]]></category>
		<category><![CDATA[François Cusset]]></category>
		<category><![CDATA[Joseph Conrad]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Triclot]]></category>
		<category><![CDATA[Mike Davis]]></category>
		<category><![CDATA[Spec Ops : The Line]]></category>
		<category><![CDATA[Torny Fortin]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 17 juillet 2013.
Une petite analyse du jeu vidéo Spec Ops : The Line afin de poser quelques interrogations préalables à ce que pourrait être un "jeu vidéo critique".]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Si l’on manque encore de critiques sur le jeu vidéo (comme par exemple l’excellent site <a href="http://www.merlanfrit.net/" target="_blank">Merlan Frit</a>, le podcast <a href="http://www.jegamemoinonplus.com/" target="_blank">Je Game Moi Non Plus</a>, feu <a href="http://www.editionspixnlove.com/Les-Cahiers-du-Jeu-Video/Voir-tous-les-produits.html" target="_blank">Les cahiers du Jeu Vidéo</a> ou encore le magazine <a href="http://www.sanqualis.com/whatisit.html" target="_blank">Sanqua</a>&#8230;), une question me taraude (parfois) : que pourrait être « un jeu vidéo critique » ? Le jeu <em>Specs Ops : The Line</em> m’a paru un bon moyen pour tenter d’avancer (un peu) sur la question.</p>
<p style="text-align: justify;">Spec Ops : The Line a été développé par le studio <em>Yager Development</em> et distribué par <em>2K Games</em>. C&#8217;est au départ une franchise de jeu de guerre commencée en 1998. Les critiques, comme Tony Fortin dans <a href="http://merlanfrit.net/Detruire-le-Digital-Battlefield" target="_blank">« Détruire le Digital Battlefield »</a> , n’ont pas manqué de souligner combien ce dernier opus, The Line, s’en démarque.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman, <em>The Heart of Darkness</em>, de Joseph Conrad est souvent salué comme une des premières ouvertures à une littérature critique, une littérature anti-colonialiste et anti-impéraliste. Plusieurs fois « adapté », et notamment très librement par Coppola avec son <em>Apocalypse Now</em>, il l’est cette fois avec un jeu <em>Spec Ops : The Line</em>, dont la toile de fond est une nouvelle fois la barbarie de la guerre. Bien que se revendiquant de Conrad, et lui rendant d’une certaine manière hommage, <em>Spec Ops : The Line </em>tire en effet plus d’<em>Apocalypse Now</em> que de <em>The Heart of Darkness</em>, mettant de côté la dimension colonialiste, comme Assouline le souligne pour le film de Coppola.</p>
<p style="text-align: justify;">« […] Francis Coppola n&#8217;a fait que s&#8217;inspirer de la trame de la nouvelle, la déshumanisation de l&#8217;homme au fur et à mesure de la remontée initiatique du fleuve, la débarrassant de sa dénonciation du colonialisme, de l&#8217;esclavage et de la brutalité de l&#8217;Administration pour lui substituer une charge contre la folie barbare de la guerre. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_0_1298" id="identifier_0_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/07/07/platonisation-de-conrad/ ">1</a></p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, si <em>Spec Ops : The Line </em>délaisse le colonialisme et place effectivement au cœur de sa narration la déshumanisation et la folie liée à la guerre, on ne peut dire qu’il ne s’attache pas, en sous-texte, à la dimension politique. Pour preuve, je m’attacherais dans un premier temps à la présence d’une Dubaï en cours de délabrement comme terrain de jeu, qui fait de <em>Spec Ops : The Line </em>un jeu qui retient l’attention. Une Dubaï ensevelie progressivement sous les tempêtes de sable, une belle métaphore politique, intentionnelle ou non, là n’étant pas la question. D’autre part, ce jeu au <em>gameplay</em> précisément classique du genre <em>TPS</em> guerrier réussit à générer quelque chose chez le joueur de peu habituel, en inscrivant justement son classicisme, voire son manque d’originalité ainsi que ses références sur cette toile de fond métaphorique, mais également à l’intérieur d’une histoire qui vient questionner le joueur précisément sur sa place de joueur. Tentative d’analyse de cas dans le cadre de cette fameuse &laquo;&nbsp;politique de l’algorithme&nbsp;&raquo; dont j’ai déjà parlé <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=1254" target="_self">ici</a>.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Dubaï ou le stade apocalyptique du capitalisme</strong></h2>
<p><strong><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/07/dubai-7bebc.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1304" title="dubai-7bebc" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/07/dubai-7bebc.jpg" alt="" width="520" height="260" /></a><br />
</strong></p>
<p>Pour saisir un des enjeux politiques de <em>Spec Ops : The Line</em>, il nous faut dire quelques mots sur cette ville emblématique qu’est Dubaï aujourd’hui. Là encore, les critiques ont souligné généralement Dubaï comme une métaphore politique. Une Dubaï en ruine, ensevelie progressivement sous le sable comme terrain de jeu, et donc par là une sorte de figuration d’un capitalisme mondialisé en bout de course, prêt à s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce sujet, David Barbosa parle dans son article <a href="http://merlanfrit.net/F-U-B-A-R" target="_blank">F.U.B.A.R</a> d’un symbole et fait une référence à Détroit qui se trouve être, réellement quant à elle, en phase avancée de devenir une ville en ruine. Mais précisément, le fait de parler de la ville de Détroit, comme symbole, quant à elle, de la modernité industrielle, me permet de dire que Dubaï n’est pas une ville moderne, contrairement d’ailleurs à la majorité des villes dont usent les FPS ou les TPS comme terrain de jeu. C’est une ville véritablement post-moderne, qui a littéralement fait un bond au-dessus de la modernité. Avec un article de Mike Davis, je reviendrai sur ce point, mais contrairement à Barbosa je dirais qu’il n’y a pas qu’une question de standing entre Detroit et Dubaï. C’est justement l’histoire de la modernité, et de ses conflits politiques et moraux, qui est évacuée dans l’urbanisme de Dubaï. Et ce ne seront donc pas des ruines industrielles que <em>Spec Ops : The Line</em> mettra en scène, comme bien souvent dans ce genre (je pense à <em>Crysis</em> 2 et 3 par exemple, mais aussi <em>Metro 2033</em>), mais bien plutôt les vestiges d’une ville post-industrielle, construite <em>pour </em>et <em>par </em>la pure spéculation immobilière dans le but d’attirer des capitaux, donc d&#8217;une certaine manière « sur du vent » et du sable… et qui ne peut ainsi que retourner vers ce sable, dont on peut faire ainsi ici le symbole du capitalisme post-moderne. On se reportera avec enthousiasme au texte de Diane Scott <a href="http://www.vacarme.org/article2175.html" target="_blank">« Nos ruines »</a>, paru dans l&#8217;excellente <a href="http://www.vacarme.org" target="_blank">revue Vacarme</a>, qui analyse avec brio la répétition et l’insistance de la ruine dans notre imaginaire contemporain. Et l’on pourrait à sa suite ajouter, que si la ruine industrielle met en avant la machine, « l’objet aimé de la modernité » et symbole donc du second stade du capitalisme, comment représenter le troisième stade de la révolution industrielle, dont l’ordinateur, les circuits imprimés et les réseaux seraient les objets privilégiés ? Le sable en tout cas, et son silicium (rappelons-nous de la <em>Silicon Valley</em>) qui recouvre Dubaï dans <em>Spec Ops : The Line</em> me semble alors d’autant plus à sa place…</p>
<p style="text-align: justify;">L’ethnologue, sociologue urbain et historien américain, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Davis_%28historien%29" target="_blank">Mike Davis</a>, a écrit un court texte sur la ville de l’émir-PDG Cheikh Mohammed El-Maktoum particulièrement éclairant, <a href="http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2011/07/le-stade-dubai-du-capitalisme.html" target="_blank">« Le stade Dubaï du capitalisme »</a>. Dans le petit livre qui reproduit ce texte aux éditions des <a href="http://www.lesprairiesordinaires.fr/" target="_blank">prairies ordinaires</a>, François Cusset reprend la lecture de Davis dans son texte « Questions pour un retour à Dubaï », et peut dire que « si Paris fut bien la capitale du XIXème siècle, telle que l’analysait Walter Benjamin, et New York celle du XXème, du mois après la Seconde Guerre mondiale, Dubaï, qui ne sera sans doute pas celle du 21<sup>ème</sup>, a pour originalité d’être une capitale instantanée, apparue sur la carte des pouvoirs au tournant du millénaire <em>à partir de rien ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Jusque dans les années 60, Dubaï était en effet encore un petit village : « Jusqu’en 1956, date où fut construit le premier édifice en béton, l’ensemble de la population vivait dans un habitat traditionnel de type « barastri », sous des toits de palme, consommait l’eau du puits du village et faisait paître ses chèvres au milieu des rues étroites. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_1_1298" id="identifier_1_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2011/07/le-stade-dubai-du-capitalisme.html ">2</a> Mais sous le règne de la famille El-Maktoum, Dubaï va en quelques décennies devenir cette ville totalement improbable à l’architecture « gonflée aux stéroïdes », digne de Columbia, la ville suspendu dans les airs de <em>Bioshock Infinite</em>. Mais à partir de quoi Dubaï a-t-elle pu se développer de cette manière ?</p>
<p style="text-align: justify;">En fait Dubaï, tout comme Singapour, ne possède aucune ressource naturelle à valoriser (pas de pétrole, pas de gaz), si ce n’est… du sable. Sa force est donc de se transformer en pur espace commercial et touristique. Dubaï est donc devenu une sorte de parc d’attraction gigantesque. « Version postmoderne de la « ville-piège » — telle la Mahagonny de Brecht —, elle a su intercepter les superprofits du commerce pétrolier et les réinvestir dans la seule véritable ressource naturelle inépuisable d’Arabie : le sable. (De fait, à Dubaï, les méga-projets sont mesurés en volume de sable déplacé : 30 millions de mètres cube pour l’« Île-Monde », par exemple). Si la nouvelle vague de gigantisme immobilier incarnée entre autres par Dubailand atteint ses objectifs, vers 2010, la totalité du PIB de Dubaï proviendra d’activités non-pétrolières comme la finance et le tourisme. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi Dubaï avec <a href="http://carnets.parisdescartes.fr/blog/view/102563/l%E2%80%99architecture-de-dubai" target="_blank">ses projets architecturaux</a> les plus invraisemblables<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_2_1298" id="identifier_2_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://fr.wikipedia.org/wiki/Duba%C3%AF_%28ville%29#Reconversion_.C3.A9conomique_de_Duba.C3.AF ">3</a> a attiré à elle tous les surprofits pétroliers liés à la hausse colossale du prix du pétrole. Cette hausse est liée elle-même à la peur qui règne sur les marchés réagissant aux fluctuations géopolitiques de la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Dubaï a ainsi créé une zone totalement franche, avec « un régime juridique d’exception taillé sur mesure pour les investisseurs étrangers et les cadres supérieurs délocalisés ». Tout ceci fonctionnant sur une surexploitation d’immigrés esclavagisés expulsables à souhait s’ils représentent la moindre menace pour leurs employeurs. « Comme les émirats voisins, Dubaï a atteint la perfection dans l’art d’exploiter les travailleurs. Dans un pays qui n’a aboli l’esclavage qu’en 1963, les syndicats, les grèves et les agitateurs sont généralement hors la loi, et 99 % des salariés du secteur privé sont des étrangers expulsables sur-le-champ. De fait, la sauvagerie des rapports sociaux qui règnent à Dubaï a de quoi mettre l’eau à la bouche des têtes pensantes de l’American Enterprise et autres Cato Institute. »</p>
<p style="text-align: justify;">Pour tenter de résumer l’analyse de Mike Davis, et revenir à <em>Spec Ops : The Line</em>, Dubaï représente donc l’accumulation de la richesse tirée des profits pétroliers, c’est-à-dire de la folie consumériste occidentale. Mais une richesse qui, à la différence d’un capitalisme encore plus ou moins imprégné d’industrialisme et de modernisme, n’est réinvestie dans aucune tentative d’évolution vers des énergies renouvelables par exemple, mais qui se transforme par contre en débauche de luxe empreint d’esprit colonialiste et de surenchère architecturales.</p>
<p style="text-align: justify;">Dubaï est donc sortie du sable pour nous présenter une sorte de miroir grossissant de nos propres contradictions socio-politiques, capable de nous mettre sous les yeux ce que viserait un projet ultra-libéral qui aurait réussi à se débarrasser enfin de tous les complexes moraux issus des tensions entre « profit et vertu domestique, <em>ubris</em> marchande et normes morales, mis en place jadis par le pouvoir bourgeois, moyennant les fameuses ‘contradictions internes’ du capitalisme industriel pointées alors par Karl Marx. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_3_1298" id="identifier_3_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Fran&ccedil;ois Cusset, &laquo;&nbsp;Questions pour un retour &agrave; Duba&iuml;&nbsp;&raquo;, p.56 ">4</a>. Et c’est l’effondrement de cet ultime objectif que <em>Spec Ops</em> me semble mettre en scène dans la débacle de Dubaï ayant lieu en arrière-fond du jeu. La ville qui avait réussi à concentrer tous les pouvoirs, en se passant de toutes les entités constituées dans l’histoire du projet moderne, Etat, Nation, Société, en proposant aux investisseurs une zone juridique d’exception taillée sur mesure pour leur argent, un contrôle policier quasi-total sur les couches de travailleurs pauvres vivant comme de véritables esclaves, afin de proposer aux touristes une expérience de consommation la plus grandiose, la plus « fun », et surtout le plus dénuée de culpabilité, s’effondre ici…. sous le poids de sa seule richesse, le sable.</p>
<p style="text-align: justify;">Si Dubaï est « la parfaite expression des valeurs neolibérales du capitalisme contemporain » ou encore « une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d’opposition (ni élection d’ailleurs) », c’est un pur « paradis de la consommation » dont le Festival du Shopping est le symbole le plus accompli, <em>Spec Ops</em> met en scène une sorte d’après-Dubaï, un après stade du capitalisme, et s’inscrit par-là dans le genre post-apo. Enfin, ce que montre Mike Davis, c’est que Dubaï ne peut que s’effondrer, mais que tout se passait comme si elle cherchait à masquer cela dans cette « débauche de luxe apocalyptique ». Avec son terrain de jeu dubaïote, <em>Spec Ops</em> met ainsi en avant ce retour du refoulé occidental.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>En finir avec « la guerre comme jeu vidéo » ?</strong></h2>
<p><strong><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/07/SpecOpsTheLine-2013-04-03-21-53-26-10.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1303" title="SpecOpsTheLine 2013-04-03 21-53-26-10" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/07/SpecOpsTheLine-2013-04-03-21-53-26-10-1024x576.jpg" alt="" width="1024" height="576" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tentons de résumer l’histoire. Trois soldats de la Delta Force, Adams, Walker et Lugo sont envoyés à Dubaï vérifier s’il y a des survivants du 33<sup>ème</sup> régiment. En effet, revenu tout juste d’Afghanistan, le colonel de ce 33<sup>ème</sup>, John Konrad, était parti avec ses soldats à Dubaï s’occuper de l’évacuation de Dubaï qui commençait à être ensevelie sous des tempêtes de sable. Mais rapidement, le 33<sup>ème</sup> ne donna plus signe de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi juste après une de ces scènes d’ouverture dignes d’un blockbuster des plus classiques qui nous projette dans l’action spectaculaire sans que l’on ne puisse rien comprendre, on va faire connaissance avec nos trois soldats d’un côté, et avec la ville Dubaï qui croule sous son sable. La scène d’ouverture met donc en avant ce qui fait le cœur de Dubaï, à savoir ses gratte-ciels immenses aux prises avec le sable. Puis, les trois soldats revenus sur terre ferme, ce sera le sable, la ville abandonnée, des carcasses de voitures et des cadavres en putréfaction à moitié ensevelis qui constitueront le premier décor. Au chapitre trois, la ville engloutira littéralement nos trois héros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le jeu tente à ses débuts de poser une atmosphère plus ou moins détendue, et ce afin de mieux la faire évoluer vers quelque chose de sombre et de dérangeant. La trame de la narration est posée. On entend des phrases du type, « Si les ordres ne servent pas à sauver des gens, alors ils ne servent à rien ». <em>Spec Ops : The Line</em> utilise la même rhétorique d’une certaine manière que le texte de Conrad pour aller dénoncer l’absurdité de l’entreprise guerrière. Et pourtant là où il va aller en quelque sorte plus loin, c’est avec le dispositif même du jeu ; c’est-à-dire que l’on va entendre cette rhétorique tout en jouant précisément avec le classique gameplay typique des TPS guerrier. Tout comme Conrad qui découvre que les espaces blancs de son enfance se noircissent, d’où le titre de la nouvelle, les héros du jeu feront quant à eux l’expérience de la ligne à ne pas franchir.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://merlanfrit.net/Detruire-le-Digital-Battlefield" target="_blank">Tony Fortin</a> écrit à ce sujet que « le message est clair : la guerre, c’est le massacre ; la guerre, c’est la folie. Mais sur quoi <em>Spec Ops : The Line</em> braque-t-il les projecteurs ? Sur « la réalité de la guerre » ou sur l’illumination généralisée que sa mise en forme technologique a instillé dans nos vies ? Quand l’homme à la radio nous demande si nous ne sommes pas conditionnés par le jeu vidéo, c’est toute une logistique de la perception, au sens de Paul Virilio, qu’il pointe du doigt. [..]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Spec Ops : The Line</em> s’efforce ainsi de combattre l’esthétique de « la guerre comme jeu vidéo ». L’esthétique du <em>Digital Battlefield</em> utilisée par les simulateurs de l’armée américaine a permis de traiter les opérations réelles comme le prolongement d’un jeu vidéo. Le but de cette représentation aseptisée du champ de bataille est clair : mettre à distance l’ennemi, voire le soustraire au regard. »</p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>Digital Battlefield</em>, c’est ce sur quoi l’historien de l’informatique Paul Edwards a travaillé. Ce <a href="http://archive.constantvzw.org/events/vj4/gdop/gv/iwhite/igloof.html" target="_blank">« champ de bataille électronique »</a><a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_4_1298" id="identifier_4_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Mathieu Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.186-187 ">5</a> conçu durant la guerre du Vietnam, que Mathieu Triclot a également analysé en retour pour montrer combien la salle de contrôle, cette tentative de « conversion du réel en un monde clos de symboles efficaces »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_5_1298" id="identifier_5_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.186 ">6</a> est tout d’abord un fantasme (car le contrôle rate toujours, les viêt-congs contre-attaquent et se jouent du dispositif en le détournant avec de la fausse information), mais surtout que ce fantasme est reproduit de manière inverse avec certains jeux vidéo, comme la série Call of Duty. De manière inverse, car si la salle de contrôle <em>White Igloo</em> (comme aujourd’hui les salles de pilotage des drônes américains) cherche le moyen de traduire/numériser le champ de bataille, certains jeux vidéo cherchent à accentuer l’effet d’immersion qui produirait l’illusion qu’à partir de son ordinateur, on pourrait aller combattre sur le champ de bataille…</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le jeu vidéo critique ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le sous-titre <em>The Line</em> renvoie donc à une situation où en tant que joueur, on peut faire une expérience ludique un peu limite. Le jeu est normalement un espace hors-réalité, or <em>Spec Ops : The Line</em> pointe sans cesse sur l’hors-jeu, c’est-à-dire, non pas le sérieux, comme disait Freud, mais sur la réalité. Il interroge notre statut de joueur, les raisons de nos actions à l’intérieur de l’espace de jeu, au lieu de nous protéger de l’interrogation en ne pointant jamais vers l’espace hors-jeu. Et pour ce faire, un des procédés est, au contraire d’un <em>Army of Two</em> ou d’un <em>Call of Duty</em>, d’user de représentations-chocs, propices à tendre vers l’horreur, et surtout susceptibles de provoquer un sentiment de malaise coupable chez le joueur.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son <em>Eloge du théâtre</em>, Badiou parle de deux types de rire<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_6_1298" id="identifier_6_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Alain Badiou avec Nicolas Truong, Eloge du th&eacute;&acirc;tre, Flammarion, 2013, p. 17 ">7</a>. Le premier correspondrait à cette complicité avec l’ordre existant, « une sorte de preuve par le rire que l’on peut toujours ‘faire avec’ ce qui existe ». L’autre surgirait lorsque l’ineptie de ce que l’ordre dominant nous apprend à respecter est dévoilée. Ce qui fait dire à Badiou cette phrase, « La vraie comédie ne nous divertit pas, elle nous met dans l’inquiétante joie d’avoir à rire de l’obscénité du réel », que je détournerai de façon ironique pour définir le jeu vidéo critique, <em><strong>« Le jeu vidéo critique ne nous divertit pas, il nous met dans l’inquiétante joie d’avoir à jouer avec l’obscénité du réel »</strong></em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi, cela rejoint Triclot lorsqu’il dit <em>« Les plus marquants ne sont pas forcément ceux qui livrent un message explicite, mais plutôt ceux qui vont produire un effet de sidération</em>. <em>Ceux qui, à un moment donné, nous amènent à faire des choses atroces qu’on ne peut pas cautionner. Comme si le jeu, alors, nous trahissait. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1298#footnote_7_1298" id="identifier_7_1298" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/12/20/les-jeux-video-joujoux-ideologiques_4337497_3246.html ">8</a><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Spec Ops : The Line</em> nous place dans cette zone inquiétante, où il s’agit de jouer avec des éléments en provenance d’un réel obscène, la guerre, surexploité par ailleurs dans le jeu vidéo, ce que travaille Tony Fortin depuis longtemps et qu’il pointe donc par l’opération de déconstruction du « Digital Battlefield ». Mais à la différence d’un <em>Call of Duty Black Ops</em> par exemple, <em>Spec Ops : The Line</em> ne nous permet pas d’être en accord avec ce réel ; ou plus précisément, les conditions de jeu, à travers l’histoire, nos choix possibles mais surtout impossibles, ne nous permettent pas d’oublier ou de refouler le lien entre le jeu auquel on joue et l’obscénité du réel représenté par le jeu, comme le fait précisément la célèbre franchise. <em>Spec Ops : The Line</em> fait monter sur la scène du jeu des éléments de représentation de la guerre d’une façon telle que c’est l’obscénité de la guerre qui finit par apparaître sur cette scène. Impossible de l’écarter. Et c’est le malaise qui envahit le joueur.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Les critiques de <em>Spec Ops : The Line</em> ont toutes pointé que le titre ne présentait que peu d’originalité, et n’exploitait que faiblement celles qu’il possédait (la destruction du décor pour ensabler les ennemis). Mais elles signalaient que ce n’était pas dans son <em>gameplay</em> qu’il fallait les chercher.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une interview sur <a href="http://www.rockpapershotgun.com/2013/04/09/fire-away-spec-ops-far-cry-3-writers-on-criticizing-fps/" target="_blank"><em>Rock Paper Shotgun</em></a>, Walt Williams, le <em>lead writer</em> du jeu, raconte que sa propre famille est en lien avec l’armée, et combien sa propre expérience de l’armée l’a un peu chamboulé et l’a conduit à vivre certaines situations plutôt obscènes. Il raconte donc comment au départ le projet devait être un TPS très classique, « a straightforward military shooter », mais que le <em>gameplay</em> de ce genre impliquant que le héros soit de plus en plus dépassé par les ennemis, a mené à certaines interrogations au niveau de l’écriture. Comment raconter, et faire vivre au joueur, les raisons que ce héros de guerre, nommé Walker dans le jeu, va invoquer pour continuer à survivre et surtout à détruire tous ces ennemis. Il lui semblait qu’il y avait là comme un point de folie. Et l’on peut se dire en le lisant que c’est bien le fait qu’il convoque son expérience réelle de l’armée dans l’écriture de la narration d’un jeu qui lui fait dire que la folie rôde. Ce fut impossible pour lui de poursuivre la narration dans une veine « classique » invoquant simplement du plaisir à se débarrasser de tous ces ennemis, et cela aboutira à des remaniements qui ont fini par aller dans le sens opposé d’un <em>Call of Duty</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il parle donc de cette façon qu’a le jeu de ne pas proposer « du fun », c’est-à-dire des représentations dont on pourrait tirer du plaisir sans culpabilité, et ceci en réponse au jeu lui-même, c’est-à-dire aux actions que le joueur se doit de faire (on ne lui laisse pas le choix, s’il veut progresser dans l’histoire, il doit tuer des ennemis). Pour Williams, le jeu était censé permettre une auto-réflexivité en se référant à la réalité. Williams a donc cherché à explorer le lien du jeu à la réalité, le lien qui relie le joueur au jeu, c’est-à-dire ce que le sujet-joueur engage de lui-même dans ce jeu vidéo. Et ainsi à proposer une expérience qui, tout comme le personnage se retrouve à faire des choses qu’il réprouve, provoque quelque chose de similaire chez le joueur, c’est-à-dire finalement à interroger ce sujet qui joue sur ce à quoi il joue.</p>
<p style="text-align: justify;">Les thèmes de la guerre et du capitalisme sont ainsi travaillés par <em>Spec Ops : The Line</em> d’une façon rare pour un blockbuster vidéoludique. Le fantasme du tout-symbolique, c’est-à-dire du recouvrement total du réel (de la guerre) par du symbolique, est mortifère, et les tentatives de mise en œuvre le dévoilent généralement sans le vouloir d’ailleurs. Les jeux vidéo peuvent jouer avec cet aspect du symbolique, soit en masquant ce fait, par un déferlement d’imaginaire, c’est-à-dire de représentations de héros en action (<em>Call of Duty Modern Warfare</em>), soit en le dévoilant ironiquement (<em>Unmanned, a day in the life of a drone pilot</em>) ou en générant un malaise chez le joueur. Une des forces de <em>Spec Ops</em> est donc de chercher à replacer le sujet-joueur au cœur du jeu lui-même, au lieu de l’évacuer. Tout comme le jeu cherche à détruire ce <a href="http://merlanfrit.net/Detruire-le-Digital-Battlefield" target="_blank">« Digital Battlefield »</a><em>,</em> il ne cherche pas à recouvrir le réel par du symbolique sans laisser de trou, de place vide que le joueur peut occuper s’il le souhaite, ce qui me semble particulièrement important dans la production actuelle où le joueur a parfois tendance à être réduit à un simple opérateur de commande.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1298" class="footnote"> <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/07/07/platonisation-de-conrad/">http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/07/07/platonisation-de-conrad/</a> </li><li id="footnote_1_1298" class="footnote"> <a href="http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2011/07/le-stade-dubai-du-capitalisme.html">http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2011/07/le-stade-dubai-du-capitalisme.html</a> </li><li id="footnote_2_1298" class="footnote"> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Duba%C3%AF_%28ville%29#Reconversion_.C3.A9conomique_de_Duba.C3.AF">http://fr.wikipedia.org/wiki/Duba%C3%AF_%28ville%29#Reconversion_.C3.A9conomique_de_Duba.C3.AF</a> </li><li id="footnote_3_1298" class="footnote"> François Cusset, « Questions pour un retour à Dubaï », p.56 </li><li id="footnote_4_1298" class="footnote"> Mathieu Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.186-187 </li><li id="footnote_5_1298" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.186 </li><li id="footnote_6_1298" class="footnote"> Alain Badiou avec Nicolas Truong, <em>Eloge du théâtre</em>, Flammarion, 2013, p. 17 </li><li id="footnote_7_1298" class="footnote"> <a href="http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/12/20/les-jeux-video-joujoux-ideologiques_4337497_3246.html">http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/12/20/les-jeux-video-joujoux-ideologiques_4337497_3246.html</a> </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Sortie du livre &#171;&#160;L&#8217;Adolescent entre marge, art et culture&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 07:58:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiation]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 2 mai 2013.
Je suis ravi de vous informer de la sortie d'un livre auquel j'ai participé "L'adolescent entre marge, art et culture" chez Erès, dans la collection La vie devant eux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Je suis ravi de vous informer de la sortie d&#8217;un livre auquel j&#8217;ai participé</h2>
<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.editions-eres.com/parutions/enfance-et-parentalite/vie-devant-eux-la-/p3147-adolescent-entre-marge-art-et-culture-l-.htm" target="_blank">&laquo;&nbsp;L&#8217;adolescent entre marge, art et culture&nbsp;&raquo;</a></h1>
<h2 style="text-align: center;">chez Erès, dans la collection <a href="http://www.editions-eres.com/resultats_collections.php?COLLECTION=190http://" target="_blank"><em>La vie devant eux</em></a></h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/05/Photo-livre-Ladolescent-entre-marge-art-et-culture.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1273" title="Photo livre L'adolescent entre marge art et culture" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/05/Photo-livre-Ladolescent-entre-marge-art-et-culture-658x1024.jpg" alt="" width="395" height="614" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Vous trouverez ici la <a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/05/Table-des-matieres-Ladolescent-entre-marge-art-et-culture2.pdf" target="_blank">table des matières.</a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce livre est un ouvrage collectif abordant, entre autres, une pluralité de médiations pratiquées aujourd&#8217;hui avec les adolescents. Pluralité de pratiques, de lieux, mais aussi de médiums (le slam, la danse, la sculpture, la création de costumes, jeux de sociétés ou encore jeux vidéo, création musicale, etc.).</p>
<p>J&#8217;en reparlerai prochainement. Mais si vous voulez rencontrer les auteurs, rendez-vous<strong> <a href="http://www.editions-eres.com/agenda.php?DateEvt=2013-06-01#12" target="_blank">le mercredi 12 juin</a></strong><a href="http://www.editions-eres.com/agenda.php?DateEvt=2013-06-01#12" target="_blank"> </a><strong><a href="http://www.editions-eres.com/agenda.php?DateEvt=2013-06-01#12" target="_blank">à librairie La Terrasse de Gutenberg, 9 rue Emilio Castelar, 75012 PARIS.</a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>1- « La politique de l’algorithme » ou la question des jeux vidéo et de la politique</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1254</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 12:41:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 9 avril 2013.
En prenant comme point de départ le livre de Mathieu Triclot, et plus précisément les chapitres « La politique de l’algorithme » et « L’engagement total », j’aimerais débuter une réflexion sur l’aspect politique des jeux vidéo. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En prenant comme point de départ le livre de Mathieu Triclot, et plus précisément les chapitres <a href="http://www.editions-zones.fr/spip.php?id_article=135&amp;page=lyberplayer#chapitre7" target="_blank">« La politique de l’algorithme »</a> et <a href="http://www.editions-zones.fr/spip.php?id_article=135&amp;page=lyberplayer#chapitre8" target="_blank">« L’engagement total »</a>, j’aimerais débuter une réflexion sur l’aspect politique des jeux vidéo. Cela me demandera d’approfondir le fait que l’informatique peut être une technologie de pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le chapitre « La politique de l’algorithme », Mathieu Triclot envisage en effet l’informatique comme un dispositif de pouvoir, et à partir de là, il explore comment ce dispositif a pour fonction de produire un certain type de subjectivité. Comme technologie de pouvoir, l’informatique présente selon lui deux caractéristiques, qui rejoignent cette idée de Jean Lassègue de l’écriture informatique comme nouvel équivalent général, et qui sont d’une part la possibilité de numériser potentiellement tous les objets du monde réel et de les faire passer ainsi dans un monde symbolique sur lequel on aura une sorte de vue d’ensemble, une vue synoptique (proche ainsi de  l’idée de panoptique de Bentham analysé par Foucault). D’autre part, une fois ce monde symbolique construit, on peut alors agir dessus ce qui aura des conséquences non pas seulement sur la vue d’ensemble, mais bien sur le monde réel ainsi symbolisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Triclot commence donc ce chapitre par une question importante qui subsume nombre d’angoisses autour des jeux vidéo, les jeux vidéo nous rendent-ils plus violents ? Nous éloignent-ils de la réalité ? Fabriquent-ils certaines identités collectives à travers la diffusion de représentations sociales telle « la masculinité militarisée » (Grossman et le jeu vidéo comme entraînement à tuer, le décryptage idéologique des objets, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">« Qu’est-ce que les jeux font de nous dans l’expérience même qu’ils proposent ? »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_0_1254" id="identifier_0_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.185 ">1</a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette question ainsi posée déplace en fait les enjeux des angoisses de type le jeu vidéo et la violence, ou le jeu vidéo et la confusion réel/virtuel, vers le domaine qui reste précisément masqué par l’idéologie actuelle et qui serait la véritable nature du dispositif de pouvoir qu’est l’informatique. En effet, la place des algorithmes dans nos vies, leur puissance non pas de calcul mais de production ou de transformation de notre réalité, est complètement éludée dans le tissu de nos représentations courantes. La « crise financière » fut par exemple un des rares moments où l’on plaça le projecteur sur la place des algorithmes qui régissent une partie des transactions financières.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour répondre à sa question, l’auteur de « Philosophie des jeux vidéo » propose de commencer par ce qui différencie les jeux vidéo des autres jeux, à savoir que le jeu vidéo est une expérience ludique avec une machine numérique. Cette machine numérique est au cœur de ce que l’on peut appeler aujourd’hui « une révolution numérique »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_1_1254" id="identifier_1_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" lire Jean-Michel Salanskis, Le monde du computationnel &agrave; ce sujet ">2</a>. L’ordinateur est ainsi « l’objet technique le plus indispensable au monde contemporain, celui par lequel l’ensemble des dispositifs de pouvoir, économique ou politique, à quelque niveau que ce soit, s’exercent. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_2_1254" id="identifier_2_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.185 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi comme le dispositif cinématographique peut être interprété comme le dispositif technique de notre modernité (l’œuvre filmique se reproduit sans dégradation de l’original et est ainsi diffusé en masse), le dispositif vidéoludique propose une expérience de plaisir avec la machine qui se trouve au cœur même « du dispositif central des pouvoirs économiques et politiques.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_3_1254" id="identifier_3_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.186 ">4</a> Et c’est donc cette proximité entre l’expérience vidéoludique et l’expérience de la production de nos subjectivités au sein des dispositifs de pouvoir actuels à travers la machine numérique qui fait de l’étude du jeu vidéo un observatoire intéressant.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis Turing et son rêve d’un cerveau électronique, l’informatique comme technologie militaire s’est aujourd’hui largement diffusée, en partie d’ailleurs grâce à sa réappropriation par la contre-culture américaine<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_4_1254" id="identifier_4_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Lire sur ce point l&rsquo;excellent livre de Fred Turner, Aux sources de l&rsquo;utopie num&eacute;rique, de la contre-culture &agrave; la cyberculture, Stewart Brand, un homme d&rsquo;influence, C&amp;amp;F Editions, 2012 ">5</a> qui souhaitait en faire une technologie au service de « l’éveil des consciences ». Dans la foulée, les dispositifs de pouvoir ne se sont pas privés de se réapproprier cette technologie.</p>
<p style="text-align: justify;">En partant de l’exemple de l’historien de l’informatique Paul Edwards sur la tentative américaine de se construire un « champ de bataille électronique »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_5_1254" id="identifier_5_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.186-187 ">6</a> durant la guerre du Vietnam<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_6_1254" id="identifier_6_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://archive.constantvzw.org/events/vj4/gdop/gv/iwhite/igloof.html ">7</a>, Triclot montre combien la salle de contrôle, cette tentative de « conversion du réel en un monde clos de symboles efficaces »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_7_1254" id="identifier_7_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.186 ">8</a>, est tout d’abord un fantasme (car le contrôle rate toujours, les viêt-congs contre-attaquent et se jouent du dispositif en le détournant avec de la fausse information), mais surtout que ce fantasme est reproduit de manière inverse avec certains jeux vidéo, comme la série Call of Duty. De manière inverse, car si la salle de contrôle <em>White Igloo</em> (comme aujourd’hui les salles de pilotage des drônes américains) cherchait le moyen de traduire/numériser le champ de bataille, certains jeux vidéo cherchent à accentuer l’effet d’immersion qui produirait l’illusion qu’à partir de son ordinateur, on pourrait aller combattre sur le champ de bataille…</p>
<p style="text-align: justify;">Les jeux vidéo de la <em>Molle Industria</em> s’amusent par exemple avec cet aller-retour, mais de manière tout à fait ironique. Il faut par exemple jouer à <a href="http://unmanned.molleindustria.org/" target="_blank"><em>Unmanned, a day in the life of a drone pilot</em></a><a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_8_1254" id="identifier_8_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://www.molleindustria.org/ ">9</a></p>
<p style="text-align: justify;">Ici encore, l’idéologie du photo-réalisme des jeux video prend donc avec Triclot une autre tournure : « Le ‘réalisme’ du jeu dissimule la réalité de l’ordinateur. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_9_1254" id="identifier_9_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.188 ">10</a>. Et si l’on peut considérer l’ordinateur comme un bon exemple d’un être où la pulsion de mort liée à un langage univoque règne en maître, l’exemple de cette « puissance destructrice de l’univers symbolique »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1254#footnote_10_1254" id="identifier_10_1254" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" M. Triclot, Philosophie des jeux vid&eacute;o, p.188 ">11</a> qui accompagne ce <em>White Igloo</em> prolonge cette hypothèse. Ce fantasme du tout-symbolique, du recouvrement total du réel par le symbolique, est mortifère, et les tentatives de mise en œuvre le dévoilent. Les jeux vidéo peuvent ainsi jouer avec cet aspect du symbolique, soit masquer ce fait, par un déferlement d’imaginaire, c’est-à-dire de représentations de héros en action (<em>Call of Duty Modern Warfare</em>), soit le dévoiler ironiquement (<em>Unmanned, a day in the life of a drone pilot</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le font-ils simplement au niveau du contenu, ou bien ont-ils d’autres possibilités à faire valoir. Dans un post suivant, nous verrons avec Triclot qu’à ce propos qu’il faut distinguer plusieurs niveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, rappelons-nous les futures pistes de travail. Il faut donc avancer sur cette question de l’informatique comme technologie de pouvoir, et comment elle pourrait dès lors affecter la fabrique des subjectivités contemporaines. Pourquoi la qualifier de cette manière ? Ce serait d’une part en raison de sa proximité avec les dispositifs de pouvoir déjà établis, pouvoirs économiques et politiques. Et d’autre part, ce serait en tant qu’elle permet de numériser les objets réels afin d’obtenir une vue panoptique du monde, qui permettra à ce même pouvoir d’agir en conséquence (Cela rappelle ainsi les jeux vidéo de type <em>God game</em>, c’est-à-dire les plus proches des simulateurs, comme Sim City par exemple).</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour finir avec &laquo;&nbsp;le sourire&nbsp;&raquo;, <a href="http://www.theoria.fr/le-top-10-des-jeux-les-plus-totalitaires/" target="_blank">un article sur le même thème : le top 10 des jeux les plus totalitaires&#8230;</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.185 </li><li id="footnote_1_1254" class="footnote"> lire Jean-Michel Salanskis, <em>Le monde du computationnel</em> à ce sujet </li><li id="footnote_2_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.185 </li><li id="footnote_3_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.186 </li><li id="footnote_4_1254" class="footnote"> Lire sur ce point l’excellent livre de Fred Turner, <em>Aux sources de l’utopie numérique, de la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d’influence</em>, C&amp;F Editions, 2012 </li><li id="footnote_5_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.186-187 </li><li id="footnote_6_1254" class="footnote"> <a href="http://archive.constantvzw.org/events/vj4/gdop/gv/iwhite/igloof.html" target="_blank">http://archive.constantvzw.org/events/vj4/gdop/gv/iwhite/igloof.html</a> </li><li id="footnote_7_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.186 </li><li id="footnote_8_1254" class="footnote"> <a href="http://www.molleindustria.org/" target="_blank">http://www.molleindustria.org/</a> </li><li id="footnote_9_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.188 </li><li id="footnote_10_1254" class="footnote"> M. Triclot, <em>Philosophie des jeux vidéo</em>, p.188 </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Colloque de l&#8217;association HEBE le 29 mars 2013 : Les jeux vidéos, perspectives cliniques, thérapeutiques et culturelles</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2013 17:56:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Association Hébé]]></category>
		<category><![CDATA[Clémence Moreau]]></category>
		<category><![CDATA[Grégoire Latry]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Christophe Dardart]]></category>
		<category><![CDATA[jeux vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Lucie Parisot]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Debbabi-Zourgani]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris le 17 janvier 2013.
Sous l’appellation "jeux vidéo" coexistent une pluralité de pratiques ludiques, et donc de potentialités créatives. Comment nous saisir de ces objets dans la clinique ?
Cette journée de l'association Hébé située à Tours aura pour visée d'interroger le champ vidéoludique en tant que processus culturel et thérapeutique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Il ne faut jamais oublier  que jouer est une thérapie en soi. Faire le nécessaire pour que les  enfants soient capables de jouer, c’est une psychothérapie qui a une  application immédiate et universelle ; elle comporte l’établissement  d’une attitude sociale positive envers le jeu. Mais il faut admettre que  le jeu est toujours à même de se muer en quelque chose d’effrayant. Et  l’on peut tenir les jeux (games), avec ce qu’ils comportent d’organisé,  comme une tentative de tenir à distance l’aspect effrayant du jeu </em>(<em>playing</em>)<em> ». (Winnicott, 1975)</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/format-email-200x300.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1222" title="format-email-200x300" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/format-email-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Le <a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/plaquette-jeux-vid%C3%A9o2.pdf" target="_blank">programme est à télécharger ici</a> et le <a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/bulletin-jeu-vid%C3%A9o1.pdf" target="_blank">bulletin d&#8217;inscription est à télécharger ici</a>.</p>
<p><strong>Argument :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nous  sommes de plus en plus amenés a rencontrer des enfants et des  adolescents dont le rapport aux jeux vidéo nous interpelle, parfois nous  inquiète. Dans le même temps, nous découvrons au travers de ce média  leurs potentialités créatrices, ainsi que la richesse culturelle liée à  ces univers ludiques dont il faut reconnaître la valeur<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1220#footnote_0_1220" id="identifier_0_1220" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Le jeu vid&eacute;o est devenu &agrave; cet &eacute;gard une sorte de pharmakon &amp;#8211; rem&egrave;de et  poison- que parents, cliniciens, journalistes ou politiciens ont su  mettre en avant comme objet d&rsquo;ancrage de nombreuses inqui&eacute;tudes. ">1</a> .</p>
<p style="text-align: justify;">Le jeu vidéo peut être considéré comme  le paradigme ludique de notre rapport au numérique. Il s’agit certes de «  jouets » techniques, mais ils s’inscrivent dans l’histoire de nos  rapports avec les machines et produisent une expérience subjective  venant bousculer la culture ludique.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Freud, nous pourrions nous atteler à  mettre en avant une psychopathologie psychanalytique du vidéoludique  quotidien; c’est à certains égards ce qu’il a proposé au travers de  l’interprétation des rêves&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Encore faut-il définir l’objet de  recherche ; constatation faite d’une confusion, d’une trop grande  ambiguïté des termes dans la qualification du champ vidéoludique :  tantôt le virtuel, la cyberculture, la ludologie, les mondes numériques,  les nouvelles technologies de l’information et de la communication, etc<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1220#footnote_1_1220" id="identifier_1_1220" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" D&rsquo;ailleurs force est de constater que le champ de addictologie s&rsquo;est  saisie de cette question en proposant des rem&eacute;diations qui peuvent  mettre de cot&eacute; la dimension culturelle que sugg&egrave;rent ces acceptions. ">2</a></p>
<p style="text-align: justify;">Que vient dès lors questionner cette profusion sémantique?</p>
<p style="text-align: justify;">De notre place de cliniciens,  éducateurs, enseignants ou soignants, quelles responsabilités avons-nous  dans la médiatisation et la confusion liée à ces termes ?</p>
<p style="text-align: justify;">Sous l’appellation &laquo;&nbsp;jeux vidéo&nbsp;&raquo; coexistent, de fait, une pluralité de pratiques ludiques, et donc de potentialités créatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment nous saisir de ces objets dans la clinique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette journée que nous proposons à pour  visée une élaboration de ces objets en interrogeant le champ  vidéoludique en tant que processus culturel et thérapeutique. C’est à  travers la fonction du jeu, en référence à la dialectique Winnicottienne  entre le <em>play </em>et le <em>game</em>, que nous souhaitons  questionner les jeux vidéo, en soutenant que le jeu est un tout qui a  des vertus thérapeutiques en soi, à plus fortes raisons à l’adolescence.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette occasion nous pourrons échanger  avec des professionnels de différents champs qui aujourd’hui pensent cet  ou ces objets en prenant à contrepied les arguments clivés en tout ou  rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Intervenants :</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="benoit virole" href="http://www.asso-hebe.fr/2012/11/benoit-virole/" target="_blank"><strong><em>Benoit Virole</em></strong></a> Psychologue Psychanalyste, <a title="mathieu Triclot" href="http://www.asso-hebe.fr/2012/11/mathieu-triclot/" target="_blank"><strong><em>Mathieu Triclot</em></strong></a> Philosophe, <strong><em><a title="olivier mauco" href="http://www.asso-hebe.fr/2012/10/game-in-society-le-blog-dolivier-mauco/" target="_blank">Olivier Mauco</a> </em></strong>Docteur en Sciences Politiques, <a title="jean yves le fourn" href="http://www.cairn.info/publications-de-Le%20Fourn-Jean-Yves--2552.htm" target="_blank"><strong><em>Jean Yves Le Fourn</em></strong></a> Pédopsychiatre Psychanalyste chef de service du Centre Oreste- membre du <a title="CILA" href="http://www.asso-hebe.fr/a-propos/partenaires/" target="_blank">Collège international de l’Adolescence</a>, <strong><em>Clémence Moreau</em></strong> Psychologue clinicienne, <strong><em><a href="http://mehdi-debbabi.fr/" target="_self">Mehdi Debbabi-Zourgani</a> </em></strong>Psychologue clinicien, <a title="lucas pradalier" href="https://sites.google.com/site/lucasislookingfor/" target="_blank"><strong><em>Lucas Pradalier</em></strong></a> Artiste.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h3 style="text-align: justify;">Le <a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/plaquette-jeux-vidéo2.pdf" target="_blank">programme est à télécharger ici</a> et le <a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/01/bulletin-jeu-vidéo1.pdf" target="_blank">bulletin d&#8217;inscription est à télécharger ici</a>.</h3>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Comité scientifique et d’organisation :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>le “GTA JV” (Clémence Moreau, <a href="http://www.vududivan.fr/" target="_blank">Lucie Parisot</a>, <a title="vincent le corre" href="http://vincent-le-corre.fr/" target="_blank">Vincent Le Corre</a>, Grégoire Latry,</em></strong> <strong><em><a title="jc dardart" href="http://www.jcdardart.net/" target="_blank">Jean-Christophe Dardart</a>, <a href="http://mehdi-debbabi.fr/" target="_self">Medhi Debbabi-Zourgani</a>), Caroline Gauvreau, Aurélie Wijkuisen, Jean Yves le Fourn, Isabelle Perrin, Arnaud Sylla.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1220" class="footnote"> Le jeu vidéo est devenu à cet égard une sorte de pharmakon &#8211; remède et  poison- que parents, cliniciens, journalistes ou politiciens ont su  mettre en avant comme objet d’ancrage de nombreuses inquiétudes. </li><li id="footnote_1_1220" class="footnote"> D’ailleurs force est de constater que le champ de addictologie s’est  saisie de cette question en proposant des remédiations qui peuvent  mettre de coté la dimension culturelle que suggèrent ces acceptions. </li></ol>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le jeu vidéo chez l&#8217;enfant et l&#8217;adolescent : soirée à Lille Le mercredi 6 février 2013</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1203</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1203#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 15:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeu Vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[jeux vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Savoirs et Clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvie Boudaillez]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 15 janvier 2013.
Je participerai à cette rencontre à Lille qui aura lieu le 6 février autour des jeux vidéo, dans le cadre de l'association de psychanalyse ALEPH.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><strong>LE JEU VIDEO CHEZ L’ENFANT ET L’ADOLESCENT. </strong></div>
<div style="text-align: justify;"><strong>QU’EN DIT LA PSYCHANALYSE&#8230;</strong></div>
<div style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></div>
<div style="text-align: justify;">Le mercredi 6 février 2013</div>
<div style="text-align: justify;">lien : <a href="http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/de/soirees-qlenfant-objetq-lille.html" target="_blank">http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/de/soirees-qlenfant-objetq-lille.html</a></div>
<div style="text-align: justify;"><strong><br />
Sylvie Boudailliez</strong>, psychologue, psychanalyste, Roubaix</div>
<div style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;jeux vidéo, traitement de l&#8217;angoisse?&nbsp;&raquo;</div>
<div style="text-align: justify;">Dans <em>Au-delà du principe de plaisir</em> Freud met en évidence comment le jeu du Fort-Da de l’enfant est au cœur  de l’angoisse. Nous chercherons à montrer comment l’angoisse suscitée  dans les jeux vidéo d’aujourd’hui est moteur de l’activité ludique tout  en offrant au joueur de quoi se protéger contre elle. Nous tenterons de  cerner également comment les jeux vidéo en permettant d’accueillir et de  travailler l’agir chez certains sujets, constituent une aide, un  support aux processus de symbolisation de l’angoisse.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"><strong>Vincent Le Corre</strong>, psychologue clinicien, psychanalyste, Paris</div>
<div style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;les jeux vidéo, de l&#8217;objet de médiation à l&#8217;objet culturel&nbsp;&raquo;</div>
<div style="text-align: justify;">
<div>Partant de rencontres cliniques, j&#8217;essaierai de présenter  différentes facettes de la présence de cet objet vidéo-ludique dans le  travail que je mène auprès d&#8217;enfants ou d&#8217;adolescents.</div>
<div>Constatant que cet objet de consommation de masse fait partie de  notre culture contemporaine, et plus particulièrement de  l&#8217;environnement des enfants et des adolescents, je parlerai de mes  tentatives d&#8217;essayer d&#8217;entendre quelque chose du sujet à travers son  usage lorsqu&#8217;il est utilisé comme objet de médiation dans le présent  d&#8217;une séance, ou bien lorsqu&#8217;il est plus simplement utilisé comme un  objet support de relation. J&#8217;essaierai d&#8217;en déduire certaines  propositions concernant son usage plus courant.</p>
</div>
<p>21 h &#8211; 23h  à l’U.r.i.o.p.s.s. – 199/201 Rue Colbert Immeuble Douai 5ème étage,  Lille ouvert à tous; frais: participation 8 euro, réduit 5 euro</p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Renseignements : Sylvie Boudailliez, 03 20 70 81 52,   <a href="mailto:sboudaillez@aleph-savoirs-et-clinique.org">sboudaillez@aleph-savoirs-et-clinique.org</a> et Jean-Claude Duhamel, 03 21 69 11 08,   <a href="mailto:jcduhamel@aleph-savoirs-et-clinique.org">jcduhamel@aleph-savoirs-et-clinique.org</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>14ème Colloque de l’ALEPH: « Jeu d’enfant » (Lille, samedi 6 avril 2013)</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1193</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 08:34:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[ALEPH]]></category>
		<category><![CDATA[Franz Kaltenbeck]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris décembre 2012. Annonce du prochain colloque de l'association ALEPH sur Lille, le 6 avril 2013.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/14e-colloque-qjeu-denfantsq-lille-samedi-6-avril-2013.html" target="_blank">http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/14e-colloque-qjeu-denfantsq-lille-samedi-6-avril-2013.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En voici l&#8217;argument écrit par Franz Kaltenbeck.</strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Explorant   l’enfance où se joue l’avenir d’un être humain, la psychanalyse   ne pouvait pas négliger ce que Freud appela « l’occupation la plus chère   et la plus intense de l’enfant », &#8211; le jeu. En 1908, il le met à la   base même de « l’activité poétique », issue de celle du fantasme. Tout   enfant se comporte, selon lui, comme un poète ; il crée son propre   monde. Dans son séminaire <em>Les psychoses</em>, Lacan entérine cette  idée que  le poète engendre un monde. Par contre, les Mémoires d’un  névropathe du  Président Schreber ne relèvent pas de la poésie, car leur  auteur n’y  crée pas un monde à lui, il décrit son aliénation extrême,  étant donné  qu’il est devenu l’objet de la jouissance de l’Autre. Freud  prend, comme  d’ailleurs l’enfant lui-même, le jeu très au sérieux : «  Il serait  alors injuste de dire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux;  tout  au contraire, il prend très au sérieux son jeu, il y emploie de  grandes  quantités d’affect. Le contraire du jeu n’est pas le sérieux,  mais la  réalité »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_0_1193" id="identifier_0_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Freud S., &laquo; Der Dichter und das Phantasieren &raquo; (Le  po&egrave;te et l&rsquo;activit&eacute; de fantasmer), 1908. ">1</a> .</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Freud  a raison d’y rajouter que l’enfant distingue fort bien  la réalité et  le monde de ses jeux et appuie même souvent son monde sur  des objets  réels. N’a-t-il pas observé comment son petit-fils Heinerle a  su  répondre au départ de sa mère et plus précisément à l’alternance de  la  présence et de l’absence de celle-ci par le jeu d’une bobine où il   saluait l’apparition et la disparition de cet objet par deux sons que   Freud interpréta comme les mots fort (absent) et da (ici) ? L’enfant   aurait ainsi répété l’expérience désagréable de l’absence de la mère   qui ne pouvait pas être plaisante pour lui. Voilà pourquoi Freud   s’interroge à cet endroit sur l’existence d’un « au-delà du principe du   plaisir », un domaine où le sujet n’agit pas pour maintenir ses  tensions  à un bas niveau. Peut-on pointer le sérieux du jeu d’une façon  plus  incisive que par cette observation et par les « spéculations   » freudiennes sur l’automatisme de répétition et la pulsion de mort  ?</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Les  meilleurs disciples de Freud ont poursuivi la recherche dans ce  sens.  Ils ont fait du jeu à la fois un moyen d’explorer l’inconscient   infantile qui ne sait pas encore se dire et un instrument jouissif au   service de la dimension thérapeutique dans l’analyse des petits   patients. Ainsi, Lacan rend tôt hommage à Mélanie Klein qui, dans le cas   Dick<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_1_1193" id="identifier_1_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Klein M., Essais de psychanalyse, &laquo; L&amp;#8217;importance de la  formation du  symbole dans le d&eacute;veloppement du moi &raquo; (1930), Payot,  Paris, 2005. ">2</a>, a su livrer à son petit patient psychotique, grâce à un  jeu de  trains (le petit et le grand train), un symptôme très proche de  la  réalité psychique (« le schéma de l’OEdipe »)<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_2_1193" id="identifier_2_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Lacan J., Le S&eacute;minaire I. Les &eacute;crits techniques de Freud,  Paris, 1975, Seuil, p. 99-104. ">3</a>. Winnicott, lui, émancipe  le jeu de  la seule réalité psychique. Il en fait un dispositif « à  l’extérieur de  l’individu » mais précise que l’aire de ce jeu n’est  pas le monde  extérieur. Si l’objet transitionnel aide l’enfant à accepter  et à  maîtriser la présence et l’absence de la mère, le jeu est chez   Winnicott plutôt pensé comme un « phénomène transitionnel »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_3_1193" id="identifier_3_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Winnicott  D. W., Jeu et r&eacute;alit&eacute;, Paris, Gallimard, 1975. ">4</a>. Par la  suite, des  psychanalystes ont trouvé des objets spécifiques  pour certaines  structures cliniques, par exemple les « objets de  sensation autistiques  » repérés par Francis Tustin<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_4_1193" id="identifier_4_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Tustin F., &laquo; Psychotherapy with  children who cannot play &raquo;, in The  protective Shell in Children and Adults.  Londres, 1992, Karnac Books, p.  87-121. ">5</a>  pour chaque enfant et  font partie de son corps, de  sorte que l’on peut se demander si  l’autiste joue avec  ses objets.</p>
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<div style="text-align: justify;">
<p>Depuis  les temps héroïques de la psychanalyse des enfants,  beaucoup de  jeux nouveaux sont offerts aux enfants de tout âge.  L’industrie  électronique a apporté un degré de sophistication aux jeux  d’ordinateur  dont on n’a pas encore mesuré les conséquences pour  l’inconscient et  pour le domptage des pulsions. Les  psychanalystes doivent étudier le  défi de ces objets et gadgets s’ils  veulent persister dans leur effort  d’accueillir les êtres souffrant du  malaise dans la civilisation. Après  tout, le sujet de la psychanalyse  est défini par Lacan comme sujet de  la science. Et ce sujet-là demande  plus que des thérapies  simplistes. Si les jeux d’enfants contribuent à  façonner les activités  intellectuelles et ludiques des adultes, force  est de reconnaître que  les jeux joués à partir de la puberté ou à l’âge  adulte, ne sont pas  toujours constructifs. Ils peuvent avoir des effets  dévastateurs et  régressifs. Dès leur adolescence, certains sujets  tombent dans la  dépendance des jeux d’ordinateurs et s’y consacrent  jours et nuits,  menant alors une vie de larve. À la différence des  enfants observés par  Freud, Klein, Winnicott, Tustin et d’autres, pour  ces jeunes et moins  jeunes, le jeu n’est plus un symptôme salutaire mais  plutôt une  activité incessante qui masque mal un vide menaçant.</p>
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<p>Notre   colloque, ouvert à tout le monde, mais aussi adressé aux   médecins, psychiatres, cliniciens, soignants, éducateurs, enseignants,   littéraires et philosophes, est préparé avec l’ambition:</p>
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<p>-   d’approfondir la notion du jeu dans la psychanalyse, en l’articulant   aux quatre concepts fondamentaux freudiens (inconscient, répétition,   transfert et pulsion) ainsi qu’à l’acte, à la jouissance et au symptôme   dans la théorie de Lacan ;</p>
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<p>- d’étudier les rapports du jeu à la poésie, à l’art, à la science et à la philosophie ;</p>
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<p>-  de  recenser les jeux nouveaux de notre époque. Ceux-ci aident le sujet   dans sa construction cognitive et psychique mais peuvent aussi   l’entraîner vers la perte des ses coordonnées personnelles et sociales ;</p>
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<p>- de poser, grâce à des cas cliniques, la question de l’efficacité des jeux dans les cures d’enfants.</p>
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<p>Franz Kaltenbeck</p>
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<h3><strong>Parmi les intervenants, nous pouvons déjà vous annoncer la présence de :</strong></h3>
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<p><strong>Anne BOISSIERE</strong> Professeur  à l’Université de Lille 3 où elle enseigne  l’esthétique et dirige le  Centre d’Etudes des Arts Contemporains. Elle  est notamment l’auteur de  La pensée musicale de Theodor W. Adorno  (Beauchesne, 2011), Adorno, la  vérité de la musique moderne (Presses  Universitaires du Septentrion,  1999). Elle a également coordonné le  collectif Musique et philosophie  (1997), co-dirigé avec Catherine  Kintzler, Approche philosophique du  geste dansé, de l’improvisation à  la performance (2006), et, avec  Véronique Fabbri et Anne Volvey,  Activité artistique et spatialité  (L’Harmattan, 2010).</p>
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<p><strong>Sylvie BOUDAILLIEZ</strong> Psychanalyste, psychologue clinicienne au BAPU, au  CMPP Henri Wallon, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
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<p><strong>Chantal DALMAS</strong> Gérontopsychiatre à Aubagne, membre de l’ALEPH.</p>
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<p><strong>Franz KALTENBECK</strong> Psychanalyste à Paris et à Lille, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
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<p><strong>Vincent LE CORRE</strong> Psychologue  clinicien et psychanalyste. Il exerce à  Paris. Il est notamment  intéressé par les relations que nous  entretenons avec les machines  numériques (notamment leurs origines avec  les travaux d&#8217;Alan Turing). A ce sujet, il étudie les jeux vidéo comme  objet culturel dans leurs usages courant ou excessif.</p>
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<p><strong> </strong></p>
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<p><strong>Marie LENORMAND</strong> Psychologue  clinicienne en CMPP, chargée de cours à  l’université de Provence  Aix-Marseille, docteur en psychologie, agrégée  de philosophie.</p>
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<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Eric Le TOULLEC</strong> Psychiatre et psychanalyste à Toulouse, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
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<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Marie-Claude THOMAS</strong> Psychanalyste  à Paris et auteur de Lacan, lecteur  de Mélanie Klein (Erès, 2012),  L’autisme et les langues (L’Harmattan,  2011) et La première journée de  Sabine (Amalthée, 2006).</p>
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<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Antoine VERSTRAET</strong> Psychologue clinicien à Lille, membre de l’ALEPH.</p>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1193" class="footnote"> Freud S., « Der Dichter und das Phantasieren » (Le  poète et l’activité de fantasmer), 1908. </li><li id="footnote_1_1193" class="footnote"> Klein M., Essais de psychanalyse, « L&#8217;importance de la  formation du  symbole dans le développement du moi » (1930), Payot,  Paris, 2005. </li><li id="footnote_2_1193" class="footnote"> Lacan J., <em>Le Séminaire I. Les écrits techniques de Freud</em>,  Paris, 1975, Seuil, p. 99-104. </li><li id="footnote_3_1193" class="footnote"> Winnicott  D. W., Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1975. </li><li id="footnote_4_1193" class="footnote"> Tustin F., « Psychotherapy with  children who cannot play », in <em>The  protective Shell in Children and Adults</em>.  Londres, 1992, Karnac Books, p.  87-121. </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Alan Turing, sur les traces de l’IA : Episode 12 – Turing et la course aux premiers ordinateurs</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Sep 2012 16:09:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
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		<description><![CDATA[Paris, le 9 septembre 2012.
Après la seconde Guerre Mondiale, Turing va participer à la grande aventure des premiers projets d'ordinateurs, concrétisation matérielle de son concept logique de 1936.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nous avons donc « fêté », le 23 juin 2012 dernier, l’anniversaire du centenaire de la naissance de ce cher Alan Turing, « héros » de la pensée du siècle dernier. Il y eut quelques articles dans les quotidiens nationaux, comme par exemple <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/23/la-grande-bretagne-fete-les-100-ans-de-la-naissance-d-alan-turing-genie-de-l-informatique_1722897_3214.htmlhttp://" target="_blank">Le Monde</a>, pour fêter ce centenaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons à notre vagabondage biographique, et plus précisément, attachons-nous cette fois à la participation de Turing à ce moment particulier dans l’histoire des machines automatiques au sens large, à savoir le passage des calculateurs aux premiers ordinateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les ancêtres des ordinateurs étaient des calculateurs, de plus en plus puissants et de plus en plus rapides, grâce aux avancées technologiques (de la mécanique, on passait à l’électronique). Mais ces calculateurs ne possédaient pas encore la structure logique d’un ordinateur, à savoir le fait d’être des « machines entièrement automatiques, disposant d’une mémoire étendue et d’une unité de commande interne, qui effectuent des opérations logiques de calcul et de traitement de l’information grâce à des algorithmes enregistrés. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_0_1144" id="identifier_0_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Philipe Breton, Une histoire de l&rsquo;informatique, Seuil, 1990, p. 84 ">1</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette structure logique, appelée « architecture de von Neumann » et encore en usage aujourd’hui, sera formalisée par le mathématicien von Neumann dans un papier intitulé <a href="http://virtualtravelog.net.s115267.gridserver.com/wp/wp-content/media/2003-08-TheFirstDraft.pdf" target="_blank">« First draft of a report on the EDVAC »</a> et daté du 30 juin 1945.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, par une rencontre fortuite, von Neumann va travailler avec les deux concepteurs (Eckert et Mauchly) d’un calculateur, l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Numerical_Integrator_Analyser_and_Computer" target="_blank">ENIAC</a> (<em>Electronic Numerical Integrator and Calculator</em>), afin d’en saisir les limites et tenter de proposer de nouveaux principes de fonctionnement qui aboutiront à un prototype, l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Discrete_Variable_Automatic_Computer" target="_blank">EDVAC</a> (<em>Electronic Discrete Variable Automatic Computer</em>), qui ne sera terminé seulement qu’en 1952, alors même que les Anglais auront de leur côté mis en route le premier ordinateur. Le projet EDVAC prit beaucoup de retard en raison de divergences de points de vue concernant l’orientation du projet. Pour les uns, il fallait penser à sa commercialisation, donc à un brevet. Pour von Neumann, le projet devait être discuté et donc diffusé largement auprès des chercheurs anglos-saxons. C’est ce qui se produisit, et cela aboutit aux projets de cinq prototypes au cours des années 45-51 : « l’EDVAC, la machine IAS, le BINAC, l’EDSAC et le Manchester MARK I. Ces cinq machines furent véritablement les premiers ordinateurs. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_1_1144" id="identifier_1_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Philipe Breton, Une histoire de l&rsquo;informatique, Seuil, 1990, p. 97 et pour en savoir plus sur ces cinq projets&nbsp;: p. 99 &agrave; 105">2</a></p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les nouveaux principes posés dans ce « first draft », von Neumann s’inspira vraisemblablement des travaux de Turing de 1936 qu’il connaissait bien. Les deux grands changements vont être « la mise en place d’une ‘unité de commande interne’, et la représentation des problèmes à traiter sous la forme d’algorithmes universels enregistrés. La nouvelle machine […] ne calcule plus : elle traite de l’information binaire (ce qui lui permet, indirectement, d’effectuer des calculs). »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_2_1144" id="identifier_2_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Philipe Breton, Une histoire de l&rsquo;informatique, Seuil, 1990, p. 91 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;">Cet automatisme de l’ordinateur, par rapport aux calculateurs, est la transposition technique du concept logique de machine universelle que Turing avait avancé en 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais où en est Turing au sortir de la guerre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que faire en temps de paix ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Telle fut en effet la question qui se posa à Turing. La seconde guerre mondiale était à présent terminée. Et on a vu dans le précédent épisode comment Turing y a participé. A la fin de la guerre, les avancées et les travaux qui eurent lieu dans ce fameux lieu appelé <em>Bletchley Park</em> devaient cependant rester secrets. Impossible donc pour Turing de parler de ce qu’il avait fait, même à sa propre famille. Il n’en avait pas le droit. Cela explique, en partie, l’oubli de Turing dans les décennies qui suivirent sa mort.</p>
<p style="text-align: justify;">« […] le rôle exact de <em>Bletchley Park</em> fut généralement occulté et s’il eut par la suite une influence certaine sur de nombreux stratèges, il n’eut pas de véritable impact populaire. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_3_1144" id="identifier_3_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.246 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc un moment de flottement pour Turing du point de vue de sa « carrière professionnelle ». Que faire à présent ? Retourner au King’s College ? Peut-être. Mais c’est à ce moment-là que Turing a le désir de mettre en œuvre concrètement son projet de construire « un cerveau électronique ».</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons-nous que dans son article, « Théorie des nombres calculables, suivie d’une application au problème de la décision », écrit en 1936, Turing avait avancé l’idée de la notion « d’état d’esprit » pour construire son concept de machine. Cette notion d’état d’esprit était purement symbolique, autrement dit, elle ne faisait aucunement référence à un état physique neuronal ou un état physique de la machine. « L’état d’esprit » de Turing est une notion logique. « Pour notre mathématicien, quoi que fasse un cerveau, il le faisait en vertu de sa structuration logique et non parce qu’il se trouvait dans un crâne humain […]. Sa structure logique devait parfaitement être réplicable dans un autre milieu, matérialisée par une autre espèce de mécanisme physique. C’était une conception matérialiste, qui avait le mérite de ne pas confondre les systèmes logiques et les relations avec les substances physiques et les choses elles-mêmes, selon une erreur trop souvent commise. La démarche d’Alan n’avait rien à voir avec celles des défenseurs de la psychologie behaviouriste qui cherchaient à réduire la psychologie à la physique. Son projet ne cherchait pas à expliquer un phénomène, en l’occurrence l’esprit, par un autre.»<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_4_1144" id="identifier_4_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.248 ">5</a></p>
<p style="text-align: justify;">Cette citation est importante à mes yeux tant elle montre comment Turing concevait son modèle de l’esprit, ou de ce qu’il appelait encore &laquo;&nbsp;l’intelligence&nbsp;&raquo;, à l’aide de son concept de « machine logique à états discrets », et comment on peut chercher à relier sa tentative de modélisation avec l’importance de la dimension symbolique chez le sujet humain, ce que je chercherai à faire une autre fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela signifiait également pour Turing qu’importait peu le substrat matériel de la machine qui allait « supporter » le système logique qu’était l’esprit. Nul besoin de construire une sorte d’imitation du cerveau physiologique, comme tenteront de le faire d’autres chercheurs par la suite dans le futur mouvement cybernétique, pour matérialiser son modèle.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la dimension la plus importante aux yeux de Turing était celle de l’apprentissage. Avec ce projet, il lui fallait en effet réussir à montrer comment une machine, selon lui, était capable d’apprendre. Et pour lui, le fait que sa machine universelle était, par définition, capable d’imiter le fonctionnement de n’importe quelle autre machine, constituait le point de départ de sa démonstration. Il restait à présent à la construire.</p>
<p style="text-align: justify;">Juste avant de quitter <em>Bletchley Park</em>, Turing débuta alors son projet avec son assistant de l’époque, Don Bayley.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le projet ACE</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’Angleterre était financièrement au plus mal à la sortie de la guerre, les universités restaient des lieux très stimulants pour la recherche. Les dirigeants politiques visaient à cette époque l’arme nucléaire, et se dotaient alors de programmes de recherche adéquats. Pour mener à bien un programme nucléaire, les calculateurs et les ordinateurs constituaient donc des outils importants. Travaillé par son idée de cerveau électronique, Turing va alors rejoindre une institution anglaise importante, le Laboratoire National de Physique (NPL), au sein de laquelle le projet <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Automatic_Computing_Engine" target="_blank">ACE </a>(<em>Automatic Computer Engine) </em>va être mis en route.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous le disions en introduction, l’ACE n’était pas le seul projet de machine de ce type. Comme le rappelle Hodges, «  […] il existait déjà toutes sortes de machines ‘à penser’ […]. Elles se classaient, grossièrement, en deux groupes : les ‘analogiques’ et les ‘numériques’ »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_5_1144" id="identifier_5_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.252 ">6</a> Et Alan avait finalement déjà travaillé sur ces deux types, notamment sur la machine appelée <em>Colossus</em>, qui avait servi à décrypter les codes d’Engima. Charles Babbage (1791 – 1871) avait par exemple construit dès 1837 un calculateur mécanique, « une machine analytique dont la propriété essentielle était de mécaniser n’importe quelle opération mathématique. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_6_1144" id="identifier_6_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.253 ">7</a> En 1937, l’ingénieur allemand, Konrad Zuse, qui avait redécouvert certaines idées de Babbage, avait quant à lui construit des calculateurs qui servirent à la conception des V2.</p>
<p style="text-align: justify;">Turing avait toujours travaillé en faisant cavalier seul. Il avançait, presque seul, avec les moyens du bord. Ses idées essaimaient, également, tranquillement. Mais les moyens étaient beaucoup plus substantiels aux Etats-Unis. Aussi, « sans l’existence d’ENIAC et du projet EDVAC […] il n’aurait sans doute jamais été appelé par J. Womersley, responsable de la Division de mathématiques du Laboratoire National de Physique. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_7_1144" id="identifier_7_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.259 ">8</a></p>
<p style="text-align: justify;">Cette institution, le NPL, était en effet le plus grand laboratoire gouvernemental britannique de l’époque, et Womersley, qui avait lu l’article de Turing, et qui avait également eu connaissance des projets ENIAC et EDVAC, avait immédiatement pensé à engager Alan Turing. « Le NPL avait été fondé pour abattre les barrières séparant la théorie de la pratique, et cela correspondait exactement à ce qu’Alan se proposait de faire. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_8_1144" id="identifier_8_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.261 ">9</a> Turing rejoignit donc le NPL en octobre 1945, et le projet ACE (<em>Automatic Computer Engine</em> en hommage à « l’Analytical Engine » de Charles Babbage) débuta.</p>
<p style="text-align: justify;">L’un des problèmes principaux fut l’invention technique qui allait matérialiser le concept de mémoire (le ruban de papier de la machine du Turing), et la mise au point de la possibilité pour la machine, de modifier les instructions qu’elle stockait elle-même. Autrement dit, la machine stockerait dans sa mémoire, et ses instructions, et ses données. Elle pourrait modifier directement sa propre mémoire. C’était ainsi le début d’une possibilité, pour la machine, de modifier ses propres instructions. Et c’était également le début de l’invention de « l’art de la programmation informatique, en complète rupture avec les calculateurs en vigueur à l’époque […] »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_9_1144" id="identifier_9_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.278 ">10</a> C’était donc un projet particulièrement ambitieux et couteux que Turing avait imaginé.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette possibilité découlait donc directement de ses recherches en mathématiques, et de son concept de machine universelle, à l’intérieur de laquelle on trouvait déjà un mélange de nombres et d’instructions. Cette machine universelle, de papier, servant, comme on l’a vu, à résoudre de manière mécanique des problèmes mathématiques selon la conception hilbertienne des mathématiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Turing écrivit le rapport ACE qui, finalement, contenait des propositions qui allaient déjà dans le sens d’une relation homme-machine de plus en plus facile. Il anticipait d’une certaine manière sur les futures idées d’un J. Licklider et sa notion de symbiose homme-machine. « Alan alla même jusqu’à penser à d’éventuelles terminaux à distance. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_10_1144" id="identifier_10_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.282 ">11</a> Enfin il anticipa le besoin croissant de <em>coders</em>, de programmeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement achevé en 1945, « le rapport ACE constituait […] le premier compte-rendu des utilisations possibles d’une machine universelle. L’ACE devait résoudre ‘ tous les problèmes qui peuvent être résolus par l’esprit humain travaillant selon des règles fixes et sans avoir à comprendre.’ »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_11_1144" id="identifier_11_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.283 ">12</a></p>
<p style="text-align: justify;">« Sans avoir à comprendre ». Cela évoque le fait que la notion de « comprendre » est attachée à celle de sens, qui, pour être mise en œuvre, nécessite d’avoir un corps. Or la machine universelle de Turing est finalement conçue comme le modèle d’un esprit ; d’un pur esprit fonctionnant « selon des règles fixes ». Elle ne peut alors effectivement comprendre le sens d’une chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fut décidé de soutenir le projet ACE en mai 1946, et le projet fut annoncé officiellement en novembre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Turing n’était pas au bout de ses peines. Sa collaboration avec le NPL fut de plus en plus difficile d’une part en raison de la concurrence, de celle du projet américain EDVAC par exemple, et en raison d’autre part, de choix techniques que d’autres intervenants tentaient d’imposer et qui venaient s’opposer à la philosophie du projet initial de Turing.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette philosophie, qui se basait donc sur sa notion de machine universelle, pourrait se résumer dans le fait que Turing cherchait à réduire au maximum les ajouts de matériel pour préférer l&#8217;exploitation de l’aspect programmable de sa machine.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette perspective, il cherchait donc à développer le fait que les programmeurs devraient pouvoir communiquer avec la machine « dans n’importe quelle langage pourvu qu’il soit exact, c’est-à-dire qu’on devrait en principe pouvoir communiquer dans n’importe quelle logique symbolique du moment que les machines auront reçu les tables d’instruction nécessaires pour interpréter ce système logique. Cela devrait signifier que les systèmes logiques auront un champ d’action nettement plus concret que par le passé. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_12_1144" id="identifier_12_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.301 ">13</a>. Turing entrevoyait donc l’écosystème technique dans lequel nous vivons aujourd’hui, et la multiplication croissante des langages informatiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une machine capable d’apprendre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce qui le poussait avant tout, c’était sa volonté de développer cette fameuse capacité d’apprentissage de la machine. Une machine capable d’assimiler sa propre expérience. « […] Alan considérait que le processus de modification des instructions était relativement proche de celui de l’apprentissage humain et méritait qu’on s’y arrête. Il voyait dans les progrès de la machine modifiant elle-même ses instructions un ‘élève’ apprenant l’enseignement d’un ‘maître’. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_13_1144" id="identifier_13_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.302 ">14</a></p>
<p style="text-align: justify;">Toujours dans cette perspective de développement de cette capacité d’assimilation de sa propre expérience, autrement dit pour Turing, de développement de l’intelligence chez la machine, il faisait une proposition qui peut sonner étrange encore aujourd’hui, donc qui mérite notre attention. En effet, on lui objectait que la machine ne pouvait être intelligente, en raison de limitations logiques même démontrées par le théorème de Gödel ; limitations auxquelles il avait d’ailleurs lui-même contribué avec son article de 1936. Une des conclusions que l’on pouvait tirées de son article était ainsi une voie de réhabilitation de l’intuition humaine comme seule possibilité de dépasser ses limites logiques. Mais Turing proposait autre chose à cette époque.</p>
<p style="text-align: justify;">« Je dirai que justice doit être rendue aux machines. Au lieu de laisser parfois les machines dans l’incapacité de fournier une réponse, nous pourrions faire en sorte qu’elles nous donnent occasionnellement des réponses erronées. Le mathématicien humain commet lui-même des erreurs lorsqu’il essaye de nouvelles techniques. Il nous paraît tout naturel de lui pardonner et nous sommes prêts à lui donner une autre chance alors que nous nous montrerions implacables avec une machine. En d’autres termes, si une machine n’a pas droit à l’erreur, on ne peut attendre d’elle qu’elle soit intelligente. Il existe plusieurs théorèmes qui reviennent exactement à cela. Mais ces théorèmes ne disent pas dans quelle mesure une machine peut être intelligente si elle ne prétend pas à l’infaillibilité. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_14_1144" id="identifier_14_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.304 ">15</a></p>
<p style="text-align: justify;">Turing voulait ainsi abolir « la position officielle qui distinguait ‘la machine automatique inconsciente’ des ‘sphères supérieures de l’intellect’ »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_15_1144" id="identifier_15_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.305 ">16</a> C’était une manière de tenter de subvertir l’autorité des intellectuels, ou de l’intellectualité humaine, en tentant de montrer que la pensée humaine pourrait être un jour automatisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Progressivement, le NPL prit une série de décisions, sans faire confiance à Turing et à son projet initial, ce qui aboutit à une impasse, à retarder de plus en plus le projet ACE et enfin à réduire de beaucoup l’enjeu du projet. Mais pire, cela finit par démobiliser Turing qui fut considéré finalement comme un obstacle au projet. Le NPL s’arrangea alors pour éloigner Turing de l’opération, en lui octroyant une bourse au King’s College de Cambridge. C’est durant ce retour à King’s College que Turing se lia d’amitié avec Robin Gandy qui fut considéré comme le seul étudiant dont Turing dirigea la thèse.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, le projet ACE se réduira pour aboutir à une version nommée « ACE Pilot » qui sera terminée en mai 1950.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Retour au King’s College puis départ à Manchester</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le père de Turing mourut le 3 août 1947. Sa mère se portant bien, elle s’intéressa alors de plus en plus aux activités de son fils.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui préoccupait Turing en cette année 1947, « c’était de comprendre le mécanisme de la pensée. Le cerveau arrivait à penser, mais comment ? Les physiologistes de l’époque n’avaient que des idées extrêmement vagues sur les réponses et les stimuli des neurones. ».<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_16_1144" id="identifier_16_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.314 ">17</a>. Ce qui intéressait Turing n’était d’ailleurs pas les explications de type biologique ou chimique, mais il cherchait toujours « une description <em>logique</em> du système nerveux, où la physique et la chimie ne jouaient qu’un rôle de support. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_17_1144" id="identifier_17_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.314 ">18</a>. Il s’intégra rapidement à la vie Cambridge, entreprit d’avoir de nouveau de vraies relations amoureuses avec des hommes après la période difficile de la guerre. Il commencera alors une liaison avec un étudiant nommé Neville Johnson en avril 1948.</p>
<p style="text-align: justify;">La vie intellectuelle de Cambridge lui permettait donc de poursuivre précisément ses propres recherches et développer ses thèmes de prédilection. Il fit par exemple une conférence sur les robots en janvier 1948.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Turing s’interrogeait cependant sur ses possibilités pour travailler concrètement sur ce projet de machine numérique. S’il restait à Cambridge, il pourrait poursuivre en tant que maître-assistant, mais contribuer aux prolégomènes de ce qui allait s’appeler plus tard l’informatique l’attirait trop. A Manchester, le professeur de Mathématiques Max Newman, qui connaissait bien Turing pour avoir été son premier lecteur, avait lancé un autre projet d’ordinateur dans le milieu de l’année 1946. Turing s’arrangea donc pour démissionner du NPL, quitter Cambridge, et rejoindre l’université de Manchester.</p>
<p style="text-align: justify;">« Dès le 21 juin 1948, l’équipe de Manchester avait réussi à exécuter un programme sur le premier calculateur digital électronique à programme enregistré qui eût jamais fonctionné dans le monde. […] La mémoire utilisée était le tube cathodique imaginé par Williams, et on ne pouvait disposer à ce moment que d’une mémoire totale de 1024 chiffres binaires enregistrés sur un tube.»<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_18_1144" id="identifier_18_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.324 ">19</a> Turing rejoindra ainsi peut après Manchester, en octobre 1948, ce qui sonnera l’effacement progressif de son nom autour du projet ACE.</p>
<p style="text-align: justify;">Au mois de juillet et août 1948, il rédigea alors un rapport sur ses activités à Cambridge pour le NPL, centré sur l’idée de <em>Machines Intelligentes</em>. Les idées qui y sont contenues seront reprises dans son fameux article qui paraîtra dans la revue <em>Mind</em> un peu plus tard, « Les ordinateurs et l’intelligence »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_19_1144" id="identifier_19_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Alan Turing, &laquo;&nbsp;Les ordinateurs et l&rsquo;intelligence&nbsp;&raquo;, in La machine de Turing, Alan Turing, Jean-Yves Girard, Seuil, 1995 ">20</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Outre le fait qu’il tentait dans ce rapport de travailler aux questions touchant le déterminisme et l’aléatoire, au cœur de sa notion de machine intelligente, il finissait par se poser des questions quant à la nécessité de périphériques (caméras, microphones, roues, etc.), bref à la place du corps de cette machine dans ses possibilités d’apprentissage. Enfin, il y définissait ce qu’était une machine pour lui, ce qu’on retrouvera également dans son article publié par <em>Mind.</em></p>
<p style="text-align: justify;">A Manchester, Turing eut certaines difficultés pour trouver sa place dans le projet, notamment auprès des ingénieurs. Difficile également d’être séparé de Neville. Mais Newman laissa cependant un rôle important à Turing dans la conception de la machine qui allait être baptisée <em>le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Manchester_Mark_I" target="_blank">Mark I</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Afin d&#8217;avoir une idée des capacités inventives de Turing, et de son côté « Geo Trouvetout », voici un exemple. Durant cette période, Turing rencontra l’américain David Sayre, diplômé des Laboratoires de rayonnements du MIT, qui étudiait « la biologie moléculaire à Oxford avec Dorothy Hodgkin. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_20_1144" id="identifier_20_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.344 ">21</a>. Sayre venait observer les travaux autour du calculateur afin de savoir si ces derniers pouvaient l’aider dans le domaine de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cristallographie" target="_blank">cristallographie</a> à rayons X. Les deux savants discutèrent à partir des travaux de Turing en cryptologie. « Les rayons X permettraient en effet d’obtenir un modèle de diffraction que l’on pouvait considérer comme le chiffrement de la structure moléculaire. […] Le résultat de cette analogie fut que […] avant la fin de nos entretiens, il avait réinventé la plupart des méthodes qu’avaient élaborées jusque-là les spécialistes de la cristallographie. Il avait des connaissances dont l’étendue dépassait largement celles de tous les cristallographes que j’ai pu connaître, et je suis certain qu’il aurait pu faire avancer d’un grand pas la cristallographie s’il s’y était attaqué sérieusement pendant quelque temps. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_21_1144" id="identifier_21_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.344-345 ">22</a>. Cet aspect touche-à-tout se retrouvera également un peu plus tard, quand Turing prendra cette fois le temps de se pencher sur une autre discipline qui l’intéressait déjà depuis quelques années, et dont il posera les bases, la morphogenèse.</p>
<p style="text-align: justify;">L’année 1948 fut aussi l’année de publication du célèbre ouvrage <em>La Cybernétique</em> de Norbert Wiener, qui définissait cette nouvelle discipline comme travaillant sur « la régulation et les communications dans l’être vivant et la machine ». Cela signifiait, en fait, la description du monde où l’information et la logique importaient davantage que l’énergie ou la constitution matérielle. »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_22_1144" id="identifier_22_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.339 ">23</a>. <em>Le moment cybernétique</em>, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Mathieu Triclot, introduit effectivement une véritable révolution avec pour cœur conceptuel, l’information. L’ouvrage de Wiener permit la diffusion vers le grand public de ce qui se préparait depuis quelques années déjà, notamment avec les travaux de Claude Shannon, que Turing avait rencontré par ailleurs durant la guerre, et qui viendra cette fois voir Turing à Manchester. La cybernétique, et la future théorie de l’information avait en effet besoin des idées de Turing. Il fut d’ailleurs invité à participer au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ratio_Club" target="_blank">Ratio Club</a>, un groupe de discussion autour des idées de la Cybernétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi prenait de plus en plus d’importance, tant dans l’espace médiatique que celui des idées, le thème désormais classique de l’analogie entre l’esprit et la machine, celui de la machine pensante. Un colloque important eut lieu à Manchester en octobre 1949 sur « L’esprit et la machine à calculs », auquel Turing participa.</p>
<p style="text-align: justify;">Et nous achèverons cet épisode sur la publication, un an plus tard, de son plus fameux article, « Computing Machinery and Intelligence » dans la revue <em>Mind</em>. Cet article, où Turing expose son test comme une tentative de « définition opérationnelle de la ‘pensée’ de ‘l’intelligence’ ou de la ‘conscience’ en recourant à un jeu de devinettes sexuelles »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1144#footnote_23_1144" id="identifier_23_1144" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Andrew Hodges, Alan Turing ou l&rsquo;&eacute;nigme de l&rsquo;intelligence, Payot, 1983, 1988, p.349 ">24</a> me semble en effet ce qui a marqué le plus la culture informatique. Même si Turing n’a cessé de rêver à ses machines intelligentes, comme en témoigne ce morceau d’anthologie qu’est cet article, il n’en verra pas la concrétisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous le lirons plus en détails une autre fois, et nous essaierons au prochain épisode de saisir après-coup, avec Jean Lassègue, la cohérence des travaux de Turing, à savoir que sa participation à la naissance de l’informatique correspondait chez Turing à l’étape d’une tentative de modélisation informatique de l’activité de pensée. Le second volet concernait cette fois les aspects proprement biologiques, à savoir l’étude de la genèse des formes à travers ses recherches en morphogenèse utilisant toujours la modélisation informatique.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1144" class="footnote"> Philipe Breton, Une histoire de l’informatique, Seuil, 1990, p. 84 </li><li id="footnote_1_1144" class="footnote"> Philipe Breton, Une histoire de l’informatique, Seuil, 1990, p. 97 et pour en savoir plus sur ces cinq projets : p. 99 à 105</li><li id="footnote_2_1144" class="footnote"> Philipe Breton, Une histoire de l’informatique, Seuil, 1990, p. 91 </li><li id="footnote_3_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.246 </li><li id="footnote_4_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.248 </li><li id="footnote_5_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.252 </li><li id="footnote_6_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.253 </li><li id="footnote_7_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.259 </li><li id="footnote_8_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.261 </li><li id="footnote_9_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.278 </li><li id="footnote_10_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.282 </li><li id="footnote_11_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.283 </li><li id="footnote_12_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.301 </li><li id="footnote_13_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.302 </li><li id="footnote_14_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.304 </li><li id="footnote_15_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.305 </li><li id="footnote_16_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.314 </li><li id="footnote_17_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.314 </li><li id="footnote_18_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.324 </li><li id="footnote_19_1144" class="footnote">Alan Turing, « Les ordinateurs et l’intelligence », in La machine de Turing, Alan Turing, Jean-Yves Girard, Seuil, 1995 </li><li id="footnote_20_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.344 </li><li id="footnote_21_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.344-345 </li><li id="footnote_22_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.339 </li><li id="footnote_23_1144" class="footnote"> Andrew Hodges, <em>Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence</em>, Payot, 1983, 1988, p.349 </li></ol>]]></content:encoded>
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