<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Vincent LE CORRE - Psychologue - Psychanalyste &#187; technique</title>
	<atom:link href="http://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;tag=technique" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://vincent-le-corre.fr</link>
	<description>psychologue, psychanalyste, en institution et en libéral, travaillant, entre autres, sur les jeux vidéo, les médiations, le jeu...</description>
	<lastBuildDate>Tue, 13 Jan 2026 12:51:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
		<item>
		<title>Aux sources pulsionnelles de l’invention technique</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1338</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 29 Nov 2013 16:14:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Mendelsohn]]></category>
		<category><![CDATA[pulsion]]></category>
		<category><![CDATA[Stiegler]]></category>
		<category><![CDATA[Tausk]]></category>
		<category><![CDATA[technique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://vincent-le-corre.fr/?p=1338</guid>
		<description><![CDATA[Paris, le 29 novembre 2013.
Un début d'essai sur psychanalyse et technique à partir du concept de pulsion.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-033c6cb1-a498-fb65-e38d-0871e18917da" dir="ltr">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">La technique et l’inadaptation de l’être humain</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tentons ici une spéculation toute freudienne, dans le sens d’un essai de dérivation d’une activité humaine particulière, nommée technique, de ce concept fondamental en psychanalyse, à savoir la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On pose souvent la technique comme cette part de la culture qui aurait permis à l’animal humain de se rendre maître de la nature. Autrement dit, lorsque l’on pense intuitivement au pourquoi de la technique, aux raisons de son émergence dans l’ordre humain, surgit souvent l’idée de protection de l’homme et de contrôle sur la nature, via la maîtrise du feu et l’extension des organes humains à travers des outils, ceci dans le but de résoudre certains problèmes ou d’améliorer son environnement.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ainsi l’ordre de la technique serait le lieu où la question d’une possible adaptation de l’être humain à son environnement se poserait avec le plus d’acuité. La question de son adaptation ou plutôt de son inadaptation fondamentale, car finalement il n’y a pas de rapport adapté de l’homme à son environnement. Et c’est ce que nous indique paradoxalement l’ordre de la technique, et ce particulièrement avec la technique contemporaine si décriée aujourd’hui comme engendrant de multiples maux.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Freud rappelait déjà dans son “Malaise dans la culture” ce déséquilibre inhérent au rapport de l’homme à la technique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] voici que s’élève la voix pessimiste de la critique! La plupart de ces allégeances, insinue-t-elle, sont du même ordre que ce « plaisir à bon marché » prôné par l’anecdote connue : le procédé consiste à exposer au froid sa jambe nue, hors du lit, pour avoir ensuite le « plaisir » de la remettre au chaud. Sans les chemins de fer, qui ont supprimé la distance, nos enfants n’eussent jamais quitté leur ville natale, et alors qu’y eût-il besoin de téléphone pour entendre leur voix ? Sans la navigation transatlantique, mon ami n’aurait point entrepris sa traversée, et je me serais passé de télégraphe pour me rassurer sur son sort. A quoi bon enrayer la mortalité infantile si précisément cela nous impose une retenue extrême dans la procréation, et si en fin de compte nous n’élevons pas plus d’enfants qu’à l’époque où l’hygiène n’existait pas, alors que d’autre part se sont ainsi compliquées les conditions de notre vie sexuelle dans le mariage et que se trouve vraisemblablement contrariée l’action bienfaisante de la sélection naturelle ?»<a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_1_1321"></a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est un passage que reprend Bernard Stiegler<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_0_1338" id="identifier_0_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue &amp;#8211; De la pharmacologie, p.32 ">1</a> pour dire que finalement si la technique permet à l’homme de perfectionner ses organes, “au cours de ce perfectionnement, la technique vient sans cesse compenser un défaut d’être (dont parle aussi Valery) en provoquant à chaque fois un nouveau défaut – toujours plus grand, toujours plus complexe et toujours moins maîtrisable que le précédent. Ce désajustement constant induit frustrations, blessures narcissiques et mélancolie.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La question que je voudrais me poser ici serait donc pourquoi un tel déséquilibre ou désajustement inhérent à la technique ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Les contraintes de la pulsion et sa satisfaction</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans son écrit “Pulsions et destins de pulsions” de 1915, Freud se livre à un travail difficile sur ce concept dont il pose dès le début qu’il est un des concepts fondamentaux de sa discipline. Il cherche à en tracer les lignes de forces, et il en arrive à faire une proposition d’une part à l’aide de la fameuse définition “[...] la pulsion nous apparaît comme un concept-frontière entre animique et somatique, comme représentant psychique des stimuli issu de l’intérieur du corps et parvenant à l’âme, comme une mesure de l’exigence de travail qui est imposée à l’animique par suite de sa corrélation avec le corporel”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_1_1338" id="identifier_1_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Freud, &ldquo;Pulsions et destins de pulsions&rdquo; in Oeuvres compl&egrave;tes, Tome XIX, p.169 ">2</a>  ; et d’autre part, à l’aide d’une combinatoire composée des quatre termes que sont la poussée, le but, l’objet et la source de la pulsion. A partir de cela, il décrira plusieurs destins des pulsions.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais ce qui me retient dans ce texte, c’est tout d’abord la discussion de Freud, en amont, pour séparer le concept de pulsion du concept de stimuli extérieur. “Quel est le rapport de la “pulsion” au “stimulus” ?”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_2_1338" id="identifier_2_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">3</a>. Il prépare dans un premier temps la distinction avec la notion de stimulus pulsionnel versus stimulus psychique. “La stimulus pulsionnel n’est pas issu du monde extérieur, mais de l’intérieur de l’organisme lui-même. C’est pourquoi aussi il agit différemment sur l’animique et exige, pour être éliminé, d’autres actions.”</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Le modèle économique de Freud est celui de l’homéostasie à l’intérieur d’un système, autrement dit la nécessaire éconduction de l’énergie qui peut s’accumuler à l’intérieur du système. Il faut que ce dernier puisse liquider la tension afin de garder l’énergie au plus bas niveau. “L’action appropriée” par rapport au schéma-réflexe est donc celle qui “soustrait la substance stimulée à l’action exercée par le stimulus et l’éloigne du domaine de l’action du stimulus.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_3_1338" id="identifier_3_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Alors la pulsion est-elle une catégorie de stimulus qui agirait sur le psychique ?<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_4_1338" id="identifier_4_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &ldquo;[...] le pulsion serait un stimulus pour le psychique.&rdquo;, p.166 ">5</a> Freud commence donc par comparer une notion d’ordre physiologique, le stimulus (Reiz), avec ce que pourrait être la pulsion. Mais il précise tout de suite que l’on ne peut équivaloir pulsion et stimulus psychique car il y a certains stiumuli qui agissent sur le psychique sans que l’on puisse dire qu’ils soient d’ordre pulsionnel, comme “lorsqu’une forte lumière frappe l’oeil.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_5_1338" id="identifier_5_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">6</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ainsi la première distinction entre le stimulus pulsionnel et le stimulus physiologique est sa localisation, “le stimulus pulsionnel n’est pas issu du monde extérieur, mais de l’intérieur de l’organisme lui-même.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_6_1338" id="identifier_6_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.166 ">7</a> Cela a comme conséquence le fait que l’organisme aura d’autres actions appropriées que pour le stimulus physiologique pour éconduire l’énergie accumulée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Après sa localisation, la seconde distinction concerne le rythme, la modalité d’action du stimulus sur l’organisme. Le stimulus (Reiz) agit de manière ponctuel rappelle Freud, contrairement au stimulus pulsionnel qui exerce une poussée constante. Cela engendre également certaines conséquences sur la façon dont l’organisme-système va pouvoir éconduire l’énergie en une action appropriée. A une action ponctuelle pour se soustraire au stimulus physiologique, impossible de fuir pour l’organisme-système devant le stimulus pulsionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme ce dernier exerce sa pression, une pression constante, sur le sujet, depuis l’intérieur, le sujet ne peut fuir la source du stimulus pulsionnel. Ce sont donc des contraintes toutes particulières. Et une autre conséquence est que ce qui supprime le stimulus pulsionnel, ce sera pour Freud “la satisfaction”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_7_1338" id="identifier_7_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.167 ">8</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ces contraintes, que Freud place d’ailleurs comme une première possibilité offerte au sujet de pouvoir constituer une distinction entre un dedans et un monde extérieur. (“La substance perceptive de l’être vivant aura ainsi acquis, dans l’efficacité de son activité musculaire, un point d’appui pour séparer un ‘à l’extérieur” d’un ‘à l’intérieur’”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_8_1338" id="identifier_8_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p.167 ">9</a> ) me semblent donc importantes pour aborder la question des origines de la technique depuis la psychanalyse, et saisir ainsi le pourquoi de ce déséquilibre qui se ressent au niveau du rapport à la technique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">la pulsion, véritable moteur de la culture</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En effet, à partir de ces contraintes pulsionnelles impossibles à fuir, Freud peut dire alors que ce sont les pulsions, “et non pas les stimulus externes, qui sont les véritables moteurs des progrès qui ont porté le système nerveux, à ce point infiniment performant, au degré de son développement présent.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_9_1338" id="identifier_9_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p. 168 ">10</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cela peut donc être interpréter comme le fait que l’homme a du développer sa culture technique en raison de ces contraintes pulsionnelles. Cette culture technique serait ainsi les actions appropriées à faire au niveau du monde extérieur afin d’apporter satisfaction à ces stimuli pulsionnels en provenance de l’intérieur de l’organisme, donc impossibles à fuir.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] l’introduction des pulsions complique le schéma-réflexe physiologique simple. Les stimuli externes n’imposent que la seule tâche de se soustraire à eux [...]. Les stimuli pulsionnels, faisant leur apparition à l’intérieur de l’organisme, ne peuvent être liquidés par ce mécanisme. Ils soumettent donc le système nerveux à des exigences beaucoup plus élevées, ils l’incitent à des activités compliquées [...] qui apportent au monde extérieur ce qu’il faut de modification pour que celui-ci procure la satisfaction à la source-de-stimulus interne, et ils le forcent avant tout à renoncer à son intention idéale de tenir à distance les stimuli, puisqu’ils entretiennent un apport de stimulus inévitable et continu.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_10_1338" id="identifier_10_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ibid., p. 168 ">11</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/11/Schéma-de-la-pulsion.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1345" title="Schéma de la pulsion" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2013/11/Schéma-de-la-pulsion.jpg" alt="" width="364" height="409" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">L’impossible satisfaction et le déséquilibre</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais malheureusement, la question de la satisfaction des pulsions n’est pas aussi simple. Certes, si l’on s’en tient aux pulsions dites d’auto-conservation (faim, soif), cette satisfaction reste concevable. Mais si l’on aborde le champ des pulsions sexuelles, le champ de la satisfaction se complique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Lacan, dans le commentaire qu’il donne du texte de Freud dans son séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, parle de cette satisfaction notamment en ces termes :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“[...] l’usage de la fonction de la pulsion n’a pour nous d’autre portée que de mettre en question ce qu’il en est de la satisfaction.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_11_1338" id="identifier_11_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" J. Lacan &ldquo;Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&rdquo;, p.186 ">12</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans son séminaire, Lacan pose donc que le destin de la sublimation pour la pulsion sexuelle objecte à tout abord simple de cette question de la satisfaction de la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette mise en question de la satisfaction de la pulsion sera d’ailleurs une entrée par rapport au concept de jouissance, mais aussi à celui de symptôme, car c’est bien au niveau du symptôme que se pose le plus concrètement et le plus péniblement pour les patients le paradoxe de la satisfaction de la pulsion sexuelle.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Il me semble que c’est aussi à travers cette mise en question de la satisfaction de la pulsion en tant qu’aucun objet ne puisse satisfaire cette pulsion qu’on peut revenir à notre question de départ, à savoir ce déséquilibre inhérent à l’ordre technique. Le “stimulus pulsionnel” contraint donc le sujet à modifier le monde pour tenter de faire taire cette exigence de travail, en tentant de satisfaire la pulsion qu’il ne peut fuir (contrairement aux stimuli externes qu’il pourrait fuir). Les “besoins” que l’homme chercherait à satisfaire en transformant le monde par la technique sont avant toute chose d’ordre pulsionnel.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">L’hypothèse serait donc que la technique, en ce qu’elle peut avoir d’excessif justement, c’est à dire ne correspondant a priori à aucun besoin physiologique humain, prendrait source dans cette dimension des pulsions sexuelles humaines, et non dans un ordre instinctuel, a fortiori de survie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Il y a enfin une phrase de Lacan concernant son commentaire du texte de Freud que je retiendrais ici par rapport à la question de la technique :</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">“L’intégration de la sexualité à la dialectique du désir passe par la mise en jeu de ce qui, dans le corps, méritera que nous le désignions par le terme d’appareil &#8211; si vous voulez bien entendre par là ce dont le corps, au regard de la sexualité, peut s’appareiller, à distinguer de ce dont les corps peuvent s’apparier.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_12_1338" id="identifier_12_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" J. Lacan &ldquo;Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&rdquo;, p.198 ">13</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette phrase résonne éminemment avec le texte de Victor Tausk sur lequel il faudra se pencher, à savoir « <a href="http://www.dundivanlautre.fr/questions-cliniques/tausk-victor-de-la-genese-de-lappareil-a-influencer-au-cours-de-la-schizophrenie-1919" target="_blank">De la genèse de “l’appareil à influencer” au cours de la schizophrénie</a> » (1919)</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tausk y décrit la tentative du schizophrène, dans le délire, pour se délester de ses pulsions sexuelles qui l’embarrasse dans la création d’une machine qui en retour l’influence. Cette machine a aussi la fonction d’un double, ou plus précisément, “elle fait fonction de corps”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1338#footnote_13_1338" id="identifier_13_1338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Mendelsohn, &ldquo;Quand le corps se laisse interroger par la machine&rdquo;, in Champs psychosomatique, n&deg;39, p.128 ">14</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Nous y reviendrons une autre fois.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Prométhée</h2>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Enfin la question de la technique et de son origine fait partie de la mythologie grecque, avec son héros, le Titan Prométhée. Il faudra donc se pencher sur la mythologie à partir d’un texte, plutôt méconnu, de Freud, à savoir “La prise de possession du feu”. C’est ce que nous ferons plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1338" class="footnote"> B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue &#8211; De la pharmacologie, p.32 </li><li id="footnote_1_1338" class="footnote"> S. Freud, “Pulsions et destins de pulsions” in Oeuvres complètes, Tome XIX, p.169 </li><li id="footnote_2_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_3_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_4_1338" class="footnote"> “[...] le pulsion serait un stimulus pour le psychique.”, p.166 </li><li id="footnote_5_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_6_1338" class="footnote"> Ibid., p.166 </li><li id="footnote_7_1338" class="footnote"> Ibid., p.167 </li><li id="footnote_8_1338" class="footnote"> Ibid., p.167 </li><li id="footnote_9_1338" class="footnote"> Ibid., p. 168 </li><li id="footnote_10_1338" class="footnote"> Ibid., p. 168 </li><li id="footnote_11_1338" class="footnote"> J. Lacan “Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse”, p.186 </li><li id="footnote_12_1338" class="footnote"> J. Lacan “Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse”, p.198 </li><li id="footnote_13_1338" class="footnote"> S. Mendelsohn, “Quand le corps se laisse interroger par la machine”, in Champs psychosomatique, n°39, p.128 </li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;p=1338</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pour une anthropologie psychanalytique de la technique (numérique)</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1321</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2013 09:20:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Stiegler]]></category>
		<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Harold Searles]]></category>
		<category><![CDATA[L'être et l'écran]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Vial]]></category>
		<category><![CDATA[technique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://vincent-le-corre.fr/?p=1321</guid>
		<description><![CDATA[Comme le titre de ce post l’indique, j’aimerais essayer de travailler les liens entre la psychanalyse et la technique. Mis à part quelques exceptions il me semble, il apparaît que c’est un domaine peu exploré. On pourrait considérer Harold Searles par exemple comme un pionnier avec son ouvrage L’environnement non-humain. Certes, il est vrai que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="docs-internal-guid-459051d6-7d88-b071-4133-db712aa2c55e" style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme le titre de ce post l’indique, j’aimerais essayer de travailler les liens entre la psychanalyse et la technique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mis à part quelques exceptions il me semble, il apparaît que c’est un domaine peu exploré. On pourrait considérer Harold Searles par exemple comme un pionnier avec son ouvrage <em>L’environnement non-humain</em>. Certes, il est vrai que Freud parle de la technique, comme dans son <em>Malaise dans la civilisation</em>, mais il la relie à la culture, et non pas directement à sa doctrine. Dans <em>Malaise dans la civilisation</em>, Freud tente en effet de dresser une liste de techniques de défense contre la souffrance. Après avoir rappelé que l’homme peut perfectionner ses organes grâce à sa culture technique, il reliera celle-ci aux tentatives de l’homme pour se protéger d’autrui et du monde extérieur, pointés comme sources de déplaisir<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_0_1321" id="identifier_0_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &ldquo;Il existe &agrave; la v&eacute;rit&eacute; un proc&eacute;d&eacute; diff&eacute;rent et meilleur ; apr&egrave;s s&amp;#8217;&ecirc;tre reconnu membre de la communaut&eacute; humaine et arm&eacute; de la technique forg&eacute;e par la science, on passe &agrave; l&amp;#8217;attaque de la nature qu&amp;#8217;on soumet alors &agrave; sa volont&eacute; : on travaille avec tous u bonheur de tous.&rdquo; ">1</a>. Puis de manière plus pessimiste, il placera finalement le progrès technique comme une source de désillusion pour l’homme, entraînant ainsi l’hostilité de celui-ci envers la culture en général.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">&laquo;&nbsp;Il est encore une autre cause de désillusion. Au cours des dernières générations, l&#8217;humanité a fait accomplir des progrès extraordinaires aux sciences physiques et naturelles et à leurs applications techniques ; elle a assuré sa domination sur la nature d&#8217;une manière jusqu&#8217;ici inconcevable. Les caractères de ces progrès sont si connus que l&#8217;énumération en est superflue.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Or, les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit. Ils croient toutefois constater que cette récente maîtrise de l&#8217;espace et du temps, cet asservissement des forces de la nature, cette réalisation d&#8217;aspirations millénaires, n&#8217;ont aucunement élevé la somme de jouissance qu&#8217;ils attendent de la vie. Ils n&#8217;ont pas le sentiment d&#8217;être pour cela devenus plus heureux.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On devrait se contenter de conclure que la domination de la nature n&#8217;est pas la seule condition du bonheur, pas plus qu&#8217;elle n&#8217;est le but unique de l’oeuvre civilisatrice, et non que les progrès de la technique soient dénués de valeur pour« l&#8217;économie» de notre bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">[...] mais&#8230;, mais voici que s&#8217;élève la voix pessimiste de la critique! La plupart de ces allégeances, insinue-t-elle, sont du même ordre que ce « plaisir à bon marché » prôné par l&#8217;anecdote connue : le procédé consiste à exposer au froid sa jambe nue, hors du lit, pour avoir ensuite le « plaisir » de la remettre au chaud. Sans les chemins de fer, qui ont supprimé la distance, nos enfants n&#8217;eussent jamais quitté leur ville natale, et alors qu&#8217;y eût-il besoin de téléphone pour entendre leur voix ? Sans la navigation transatlantique, mon ami n&#8217;aurait point entrepris sa traversée, et je me serais passé de télégraphe pour me rassurer sur son sort. A quoi bon enrayer la mortalité infantile si précisément cela nous impose une retenue extrême dans la procréation, et si en fin de compte nous n&#8217;élevons pas plus d&#8217;enfants qu&#8217;à l&#8217;époque où l&#8217;hygiène n&#8217;existait pas, alors que d&#8217;autre part se sont ainsi compliquées les conditions de notre vie sexuelle dans le mariage et que se trouve vraisemblablement contrariée l&#8217;action bienfaisante de la sélection naturelle ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Que nous importe enfin une longue vie, si elle nous accable de tant de peines, si elle est tellement pauvre en joies et tellement riche en souffrance que nous saluons la mort comme une heureuse délivrance ?&nbsp;&raquo;<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_1_1321" id="identifier_1_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Freud, Malaise dans la civilisation ">2</a></p>
<p id="docs-internal-guid-459051d6-7d8e-dd85-7919-07385b139b08" style="text-align: justify;" dir="ltr">C’est ce qui fait dire à Bernard Stiegler que finalement si la technique permet à l’homme de perfectionner ses organes, “au cours de ce perfectionnement, la technique vient sans cesse compenser un défaut d’être (dont parle aussi Valery) en provoquant à chaque fois un nouveau défaut &#8211; toujours plus grand, toujours plus complexe et toujours moins maîtrisable que le précédent. Ce désajustement constant induit frustrations, blessures narcissiques et mélancolie.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_2_1321" id="identifier_2_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" B. Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, de la pharmacologie, Flammarion, 2010, p.32 ">3</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On constate ainsi que Freud s&#8217;en tient à une vision de la technique comme moyen pour l’homme de s’améliorer afin de pallier certains problèmes, même si ce mouvement entraîne un déséquilibre créant ainsi de nouvelles sources de souffrance. C’est là que Stiegler retrouve le sens du <em>pharmakon </em>concernant l’objet technique, et qu’il s’applique à développer depuis plusieurs années.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais pour Freud, la technique donc, est un moyen pour l’homme, mais elle n’est pas mise en lien direct avec “son essence”, ou les conditions même de son développement. Plus largement, la technique au 20ème siècle est ainsi désignée largement comme un des maux de notre temps. Stépahne Vial le rappelle dans l’Etre et l’écran.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_3_1321" id="identifier_3_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" S. Vial, L&rsquo;Etre et l&rsquo;&eacute;cran, chapitre &ldquo;Contre le &ldquo;syst&egrave;me technicien et le f&eacute;tichisme de la technique&rdquo;, p.37 &agrave; 44 ">4</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Révolution du numérique</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cependant, si l’on s’intéresse à la technique aujourd’hui, il est un domaine qui a pris une telle ampleur qu’il est impossible de l’ignorer. C’est le domaine de l’informatique, qu’on le relie à la technologie ou à la science. Ce champ, on peut l’appeler le numérique, et l’avènement de ce champ, la révolution du numérique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Cette expression de révolution informatique désigne ainsi ce que l’on peut appeler la numérisation du monde, c’est-à-dire la possibilité de numériser toutes sortes d’objets : transformer du texte, du son, ou encore de la vidéo en ce qui serait une nouvelle forme d’équivalent général après la monnaie, le code informatique. Cette révolution numérique, même si elle apporte de nouvelles choses, de nouveaux cadres de pensée, s’inscrit également dans une histoire des techniques, celle de l’écriture (donc dans celle encore plus large de la mémoire et des dispositifs que Bernard Stiegler, dans la suite de Platon, appelle hypomnémata).</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">On peut définir rapidement cette culture numérique comme un ensemble de pratiques qui s’appuient sur de nouveaux outils technologiques, en posant que ces pratiques affectent entre autres certains des piliers de notre culture issus des trois monothéismes : nos savoirs-lire et nos savoirs-écrire. (La page et l’auteur versus l’internet et l’écriture collaborative). D’où le fait Serge Tisseron parle de &laquo;&nbsp;la culture du livre&nbsp;&raquo; qui aura de plus en plus à cohabiter avec &laquo;&nbsp;une nouvelle culture des écrans&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Milad Doueihi (un historien des religions qui étudie donc “naturellement” le numérique&#8230;) pose ainsi que cette culture numérique, ce mouvement social, économique, politique s’appuyant sur le numérique, est un véritable processus civilisateur couplé d’un phénomène religieux (il parle ainsi de conversion, conversion de l’analogique au numérique, et conversion religieuse) en tant que cette culture numérique serait aujourd’hui le seul mouvement qui se voudrait aussi universaliste que la religion.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Enfin cette culture numérique bouleverse aujourd’hui nos institutions (notamment l’école, mais aussi la démocratie, le lien social, etc.) mais également certains concepts  (La façon de penser la propriété intellectuelle, l’identité, etc.) ou certaines valeurs de la culture actuelle (visibilité contre pertinence, l’intimité et l’extimité, ce qui rejoint la question du narcissisme, etc.) mais aussi nos manières de jouer. Aussi, comme le font finalement les enfants et les adolescents, on peut prendre les jeux vidéo comme un point d’entrée pour aborder le numérique, comme une initiation à cette culture numérique. C’est d’ailleurs pourquoi les jeux vidéo peuvent donc être étudiés comme paradigme de cette culture numérique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Car on peut aisément soutenir que cette numérisation affecte la fabrique des subjectivités contemporaines de différentes manières. Par exemple, d’une part à travers la prise de données permanente sur tout un chacun (par exemple la façon dont le capitalisme réintègre et valorise les traces que chacun peut laisser sur le web), d’autre part en fonction de la place que prennent les machines numériques dans nos vies. Aussi, il devient de plus en plus impossible de négliger politiquement la place des algorithmes et du code informatique dans la construction même de la réalité sociale dans laquelle nous sommes plongés.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_4_1321" id="identifier_4_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf ">5</a>. Mais la place des robots également. Le Japon est en point à ce sujet. Mais la question va se poser de plus en plus, comment allons-nous penser nos relations avec ces machines ? Quelle place auront-ils auprès de nos personnes âgées, ou de nos enfants ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><strong>Articuler psychanalyse et technique à partir du numérique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Mais pourquoi se servir du numérique pour essayer d’articuler la psychanalyse avec la question de la technique ?</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Tout d’abord parce qu’on vient de le voir, le numérique est devenu aujourd’hui une véritable culture. Aussi, du point de vue strict de la clinique, cette culture est ainsi devenue importante à prendre en compte, tant dans le discours des patients, que des objets qui peuvent servir de médiations.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Une seconde raison existe, et pour l’exposer on peut partir à la fois de l’idée de Stéphane Vial, à savoir que la “révolution numérique” met au jour de manière plus flagrante que ne l’a fait jusqu’ici aucun système technique, le fait que l’être humain a toujours été un être de la technique, ou autrement dit que l’homme n’est homme qu’à travers la technique, et ce non pas dans un rapport (le terme de rapport induirait encore l’idée d’une nature humaine expurgée de la technique) mais de manière ontologique.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Jean-Michel Salanskis indique également une idée proche. Dans <em>Le monde du computationnel</em>, il pose en effet que le numérique nous force à réinterroger ce que nous pensions sous le terme de technique.<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_5_1321" id="identifier_5_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &amp;laquo;&amp;nbsp;[...] l&amp;#8217;enseignement premier et radical de la r&eacute;volution informationnelle, ou de l&amp;#8217;&eacute;mergence du computationnel, concerne l&amp;#8217;identit&eacute; m&ecirc;me de la technique : lorsque nous prenons cette r&eacute;volution ou cette &eacute;mergence comme &eacute;volution technique, nous avons peut-&ecirc;tre tort, ou en tout cas nous pensons trop simplement, et n&eacute;gligeons un d&eacute;placement de sens consid&eacute;rable.&amp;nbsp;&amp;raquo; in J-M Salanskis, Le monde du computationnel, Les Belles Lettres, 2011, p.135 ">6</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dans le cadre psychanalytique, c’est plutôt la question du langage qui intervient lorsqu’il s’agit d’avancer dans une sorte d’ontologie de l’être humain, du moins lorsqu’on n’évince pas Lacan du champ psychanalytique. Car, même si Lacan a été soucieux de se départir de faire une ontologie de l’être humain en cherchant toujours et encore à désubstantifier le sujet (dépsychologiser le traditionnel sujet), posant que l’inconscient était d’ordre “pré-ontologique”, il n’en reste pas moins que la question ontologique dans la psychanalyse mérite d’être examinée.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Jacques-Alain Miller (qui fut présent lors du séminaire de Lacan de 1964) commenta en 2011 dans son séminaire “La difficulté avec l’ontologie, la doctrine de l’être – s’il faut le préciser -, Lacan a eu un problème avec l’ontologie. Et ce n’est pas un débat secondaire. C’est une question centrale. Elle se règle dans le cours de son enseignement par un recours au terme qui lui est polairement opposé : l’ontique. L’ontique concerne l’étant, à savoir – ce qui est.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Donc, voilà, le chemin à parcourir.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La catégorie dont nous faisons usage, la catégorie du réel, ne se dégage avec sa puissance conceptuelle qu’à la condition de cerner, limiter la fonction de l’être.”<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1321#footnote_6_1321" id="identifier_6_1321" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/ ">7</a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En tout cas, je souhaiterais essayer de faire dialoguer l’approche philosophique de la technique, que Vial appelle par exemple donc de ses voeux dans son ouvrage L’être et l’écran, et la psychanalyse. Et pour débuter nous pourrions peut-être d’une part paraphraser Lacan avec sa notion de parlêtre (qui signifiait que l’homme était un être parlé avant même que d’être un être parlant), en posant que l’homme est constitué, fabriqué pour ainsi dire, par la technique, mais que l’inconscient resterait d’une certaine manière encore en amont.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comment pourrrions-nous essayer de penser cela ?</p>
<p dir="ltr">Peut-être qu’il nous faudra évaluer la question des rapports entre technique et langage. Et à cela, ajouter la question du corps. Ceci nous porte donc vers les travaux de Leroi-Gourhan&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1321" class="footnote"> “Il existe à la vérité un procédé différent et meilleur ; après s&#8217;être reconnu membre de la communauté humaine et armé de la technique forgée par la science, on passe à l&#8217;attaque de la nature qu&#8217;on soumet alors à sa volonté : on travaille avec tous u bonheur de tous.” </li><li id="footnote_1_1321" class="footnote"> S. Freud, <em>Malaise dans la civilisation </em></li><li id="footnote_2_1321" class="footnote"> B. Stiegler, <em>Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue, de la pharmacologie</em>, Flammarion, 2010, p.32 </li><li id="footnote_3_1321" class="footnote"> S. Vial, L’Etre et l’écran, chapitre “Contre le “système technicien et le fétichisme de la technique”, p.37 à 44 </li><li id="footnote_4_1321" class="footnote"> <a href="http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf" target="_blank">http://www.laquadrature.net/files/Benjamin-Bayart_LImpossible_avril-2012.pdf</a> </li><li id="footnote_5_1321" class="footnote"> &laquo;&nbsp;[...] l&#8217;enseignement premier et radical de la révolution informationnelle, ou de l&#8217;émergence du computationnel, concerne l&#8217;identité même de la technique : lorsque nous prenons cette révolution ou cette émergence comme évolution technique, nous avons peut-être tort, ou en tout cas nous pensons trop simplement, et négligeons un déplacement de sens considérable.&nbsp;&raquo; in J-M Salanskis, Le monde du computationnel, Les Belles Lettres, 2011, p.135 </li><li id="footnote_6_1321" class="footnote"> <a href="http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/" target="_blank">http://disparates.org/lun/2011/03/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique/ </a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;p=1321</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
