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	<title>Vincent LE CORRE - Psychologue - Psychanalyste &#187; la relation d&#8217;objet</title>
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	<description>psychologue, psychanalyste, en institution et en libéral, travaillant, entre autres, sur les jeux vidéo, les médiations, le jeu...</description>
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		<title>De l’analyse comme bundling (19/12/1956) et ses conséquences…</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 09:55:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[la relation d'objet]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[objet phallique]]></category>
		<category><![CDATA[phobie]]></category>
		<category><![CDATA[schéma en Z]]></category>
		<category><![CDATA[solution perverse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 3 octobre 2011.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Lacan reprend sa critique de la notion de relation d’objet telle qu’il la retrouve dans les textes de son époque. Il cite ainsi Maurice Bouvet, mais aussi un article de Pierre Marty et Michel Fain, « L’importance du rôle de la motricité dans la relation d’objet »<a href="#_ftn1">[1]</a>, comme « un exemple vivant de la conception dominante. »<a href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est un article que vous pouvez lire ici :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54459170.image.langFR.r=Revue%20fran%C3%A7aise%20de%20psychanalyse,%201955">Numéro de la Revue Française de Psychanalyse de 1955</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce que Lacan retire de cette conception qu’il appelle dominante de l’analyse :</p>
<p style="text-align: justify;">-    L’analyste est posé comme un objet extérieur réel.</p>
<p style="text-align: justify;">-    Le patient est donc le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">-    Le couple sujet-patient / analyste-objet réel est « l’élément animateur du développement analytique »<a href="#_ftn3">[3]</a></p>
<p style="text-align: justify;">-    Le sujet-patient étant dans l’impossibilité de se mouvoir, se déploie alors « la relation pulsionnelle primitive ».</p>
<p style="text-align: justify;">-    Etant donné que la convention analytique empêche une relation réelle avec l’objet extérieur (l’analyste-objet réel), le sujet-patient fait alors preuve d’une relation avec un objet interne imaginaire qui reste « la personne présente, mais en tant que prise dans les mécanismes imaginaires déjà institués par le sujet. »<a href="#_ftn4">[4]</a></p>
<p style="text-align: justify;">-    D’où il s’ensuit une discordance entre l’objet fantasmatique/imaginaire et l’objet réel. Et la saisie conceptuelle de cette discordance avec la notion de « distance névrotique que le sujet impose à l’objet »<a href="#_ftn5">[5]</a>. C’est-à-dire que le sujet ne peut réaliser complètement la présence réelle de l’objet extérieur, du fait de la place et de l’importance de cet objet imaginaire qui vient comme s’intercaler. Le progrès de l’analyse est alors conçu comme une progression vers la possibilité de réaliser toujours plus réellement cet objet réel qu’est l’analyste, et de réduire la part fantasmatique qui vient y faire obstacle. Selon Lacan : « C’est ainsi que la situation analytique se trouve conçue comme une situation réelle, où s’accomplit une opération de réduction de l’imaginaire au réel. Dans le cadre de cette opération, il se déroule un certain nombre de phénomènes qui permettront de situer les différentes étapes où le sujet est resté plus ou moins adhérent, ou fixé, à la relation imaginaire. »<a href="#_ftn6">[6]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan en conclue le fait que dans cette conception « on ne sait pas pourquoi l’on y parle »<a href="#_ftn7">[7]</a> et si l’on y parle, dans cette conception, du fait de parler, c’est pour rabattre finalement la verbalisation sur la manifestation motrice de la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan rappelle le schéma posé en toute première séance, le schéma Z :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_823" class="wp-caption aligncenter" style="width: 738px"><a href="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2011/10/Schma-en-Z.jpg"><img class="size-full wp-image-823" title="Schéma en Z" src="http://vincent-le-corre.fr/wp-content/uploads/2011/10/Schma-en-Z.jpg" alt="" width="728" height="334" /></a><p class="wp-caption-text">Schéma en Z</p></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet y est en lien avec l’Autre, S-A. L’Autre y étant défini principalement comme « le lieu de la parole », et cette ligne S-A, comme le lieu d’établissement de « tout ce qui est de l’ordre transférentiel, l’imaginaire y jouant précisément un rôle de filtre, voire d’obstacle ». C’est par ailleurs « la ligne a-a’ [qui] concerne la relation imaginaire »<a href="#_ftn8">[8]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan essaie ainsi, avec son schéma, de montrer comment cette conception dominante pose les choses, mais également de faire sentir comment il pose de son côté, une autre conception, à la fois du sujet, et du déroulement de l’analyse. Pour lui, il ne s’agit plus de réduire l’obstacle imaginaire, pour accéder à un analyste réel supposé, mais de permettre au sujet « de s’achever, de se réaliser autant comme histoire que comme aveu […] »<a href="#_ftn9">[9]</a>, autrement dit, d’articuler d’abord le passage par le symbolique (la névrose étant conçue chez lui à cette époque comme « l’impossibilité de l’avènement symbolique »<a href="#_ftn10">[10]</a>), avant de faire jouer la réalité supposée accessible du côté de l’analyste.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Objet médiateur et objet phallique</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la séance sur les trois formes du manque d’objet, Lacan avait introduit ce qu’il avait appelé la triade imaginaire, mère-phallus-enfant « en tant que prélude à la mise en jeu de la relation symbolique, laquelle ne se fait qu’avec la quarte fonction, celle du père, introduite par la dimension de l’Œdipe »<a href="#_ftn11">[11]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’on utilise une médiation dans le travail analytique avec un enfant, j’avais avancé (ici :<a title="Lien permanent : « De l’objet à la médiation », ou le jeu vidéo comme objet médiateur au sein d’un groupe" href="../?p=518">« De l’objet à la médiation », ou le jeu vidéo comme objet médiateur au sein d’un groupe</a>)  l’hypothèse que l’utilisation d’un objet médiateur n’était peut-être pas sans lien avec l’objet phallique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le préciser ici, je dirai d’une part que l’objet médiateur pourrait jouer ce rôle de polarisation des désirs dans le cadre d’un travail individuel, et cela particulièrement pour des sujets qui auraient des difficultés à supporter quelque chose dans un face à face, dans la mesure où cela les inhiberait.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objet médiateur matérialiserait alors le fait que le désir de l’analyste ne serait pas « focalisé » uniquement sur le sujet-patient. La présence de cet objet médiateur, médiateur pour les deux désirs en présence (celui de l’analyste donc, et celui du patient), pourrait ainsi « alléger » une situation qui confronterait le patient avec une situation qui rappellerait celle où l’enfant est censé « réaliser » sur lui l’image phallique…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, c’est « la déception fondamentale de l’enfant » qui est censée se produire lorsqu’il reconnaît que la mère désire ailleurs, qu’il n’est pas l’objet unique de son désir, autrement dit lorsqu’il reconnait que « l’intérêt de la mère, plus ou moins accentué selon les cas, est le phallus ». Lacan laisse en suspens la manière dont l’enfant s’y prend, les conditions par lesquelles passe l’enfant pour reconnaître donc dans un premier temps que sa mère désire autre chose que lui, et dans un second temps, qu’elle manque de quelque chose, donc qu’elle désire tout court.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je me demande si, dans la situation où l’enfant s’est vu soumis « aux caprices » de la mère, dans le sens où cet objet phallique n’était pas spécialement repérable chez la mère, où ce phallus n’ordonnait pas (ne mettait pas un peu d’ordre) les conduites maternelles, vécues alors comme erratiques par l’enfant (cf mes notes sur la séance intitulée <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=623">&laquo;&nbsp;le phallus et le météore&nbsp;&raquo;</a>), une relation thérapeutique entre un analyste et un enfant, dans un premier temps et sous certaines conditions, peut éventuellement réactualiser cette première situation. Je pense à des situations où les enfants ont vécu des situations d’abandon précoces et importantes du fait, non pas d’une volonté de maltraitance active, mais d’une impossibilité maternelle à s’occuper, à se préoccuper, d’eux.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objet médiateur, dans le cas d’un travail individuel, pourrait alors permettre de donner, pendant un temps, un sens aux conduites de l’analyste qui peuvent apparaître potentiellement angoissantes pour l’enfant. « Nous (l’enfant et l’analyste) sommes là, ensemble, pour et à travers cet objet ». Et ce dernier va progressivement ouvrir la relation vers un ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">La présence de l’objet phallique permet en effet d’articuler la fonction maternelle et l’entrée en jeu de la fonction paternelle, associée à ce que Lacan nomme « la déception fondamentale de l’enfant »<a href="#_ftn12">[12]</a>. Cette articulation est aussi le passage de la frustration (ce manque imaginaire d’un objet réel, supporté par un agent symbolique), vers la castration (ce manque symbolique d’un objet imaginaire, le phallus).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Phobie, déception et rapport à la machine<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la phobie serait une construction du sujet pour faire face à cette déception fondamentale. On a vu également que Lacan usait de l’article d’Anneliese Schnurmann pour en faire la démonstration.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan fait alors quelques remarques sur les deux types de relations libidinales chez Freud, la relation anaclitique et narcissique, et plus spécialement sur la première. Il la déplie à l’aide de ce qu’il vient de montrer, à savoir que l’enjeu y est de dépendance à l’autre, certes (ce que le mot d’anaclitique est censé désigner) mais surtout de dépendance du sujet (l’homme), vis-à-vis de l’exercice de la satisfaction de l’autre (la femme comme substitut maternel) qui vient lui signifier en retour qu’il possède bien l’objet du désir de la mère.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, Lacan prend le fétichisme comme exemple de la solution perverse permettant d’éviter au sujet la confrontation avec l’intersubjectivité, et d’une certaine manière donc, avec le désir chez l’objet de son désir. Le fétichiste « dit lui-même qu’il trouve finalement son objet, son objet exclusif, d’autant plus satisfaisant qu’il est inanimé. […] assuré de ne pas avoir de déception de sa part. »<a href="#_ftn13">[13]</a></p>
<p style="text-align: justify;">La perversion est ainsi présentée par Lacan, comme une autre solution, « non typique » dit-il, sur un mode imaginaire, comme par exemple dans « l’identification de l’enfant à la mère », lorsque l’articulation que l’on a décrite de la fonction paternelle à la fonction maternelle, via l’objet phallique, ne se fait pas.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il peut se faire, en effet, qu’un accident évolutif ou une incidence historique porte atteinte aux liens de la relation mère-enfant par rapport au tiers objet, l’objet phallique, qui est à la fois ce qui manque à la femme et ce que l’enfant a découvert qui manque à la mère. »<a href="#_ftn14">[14]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Là encore, lorsque certains parlent d’addiction aux jeux vidéo, il faut s’interroger plus en avant, à quelle place est mise la machine chez ces sujets. Quelle est la nature de l’objet utilisé dans ces cas-là ?</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-il s’agir d’une solution perverse transitoire, où le sujet tente ainsi de s’éviter la part d’angoisse dans la relation intersubjective en investissant la machine comme objet de désir presque unique. Le sujet est alors presque assuré de ne pas rencontrer de déception du côté de la machine.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le dit de manière humoristique Lacan (qui aime bien d’ailleurs prendre cet exemple de la pantoufle), « Aimer une pantoufle, c’est vraiment avoir l’objet de ses désirs à sa portée. »<a href="#_ftn15">[15]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>De l’amour courtois et des artefacts pervers…</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan s’est intéressé à l’amour courtois tout au long de ce séminaire. Et il me semble que cette séance est la première occasion où qu’il commence à en parler.</p>
<p style="text-align: justify;">« Ces techniques et ces traditions, à partir du moment où on en a la clef, on en retrouve dans d’autres aires culturelles les points d’émergence, explicitement formulés, car cet ordre de recherche dans la réalisation amoureuse a été posé à plusieurs reprises dans l’histoire de l’humanité de façon tout à fait consciente.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est visé et effectivement atteint, c’est sans aucun doute un au-delà du court-circuit physiologique, si on peut s’exprimer ainsi. »<a href="#_ftn16">[16]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour illustrer une certaine analogie avec la solution perverse, Lacan rapproche finalement la conduite de la cure qui oublie la place du symbolique dans la relation analyste-analysant, en centrant sa conception sur la relation d’objet conçue comme dialectique entre l’imaginaire de l’objet interne et le réel de l’analyste, d’une « conception des relations amoureuses » nommée <em>bundling</em>, où une femme se livre certes à un homme, mais reste totalement inaccessible physiquement, elle est entourée dans un drap…</p>
<p style="text-align: justify;">Il reproche ainsi à cette conception psychanalytique, la production de comportements fétichistes, de passages à l’acte, de réactions perverses, qu’il nomme aussi « artefacts pervers ». Et il prend comme exemple un article de Ruth Lebovici, « Perversion sexuelle transitoire au cours d’un traitement psychanalytique »<a href="#_ftn17">[17]</a> qui s’intéresse à un sujet phobique, qui en réaction à certaines interprétations de l’analyste, se construit un fantasme pervers avant de mettre en acte sa solution.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan interprète les différentes étapes du traitement telles qu’elles sont relatées dans l’article relativement à sa critique de la conception de l’analyse en cours et des interprétations qui en découlent, et qui mettent donc au premier plan « la notion de la distance à l’objet-analyste en tant qu’objet réel »<a href="#_ftn18">[18]</a>. Selon lui, cette conception et les actes de l’analyste sont corrélatifs à l’adoption par le sujet de solutions perverses ; cela pousse littéralement le sujet à des artefacts pervers.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Pierre Marty et Michel Fain, « L’importance du rôle de la motricité dans la relation d’objet », in Revue française de psychanalyse, 1955, vol 19, n° 1-2.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.77</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.77</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.78</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.78</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.79 et 80</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.80</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.80</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.81</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.81</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.81</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.81</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.85</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.84</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.86</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.88</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Ruth Lebovici, « Perversion sexuelle transitoire au cours d’un traitement psychanalytique », in <em>Bulletin d&#8217;activité des psychanalystes de Belgique</em>, 1956.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.91</p>
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		<item>
		<title>La dialectique de la frustration (12/12/1956)</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 14:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
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		<description><![CDATA[Paris, le 22 septembre 2011.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Paris, le 22 septembre 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">La semaine suivante, Lacan propose d’emblée un tableau récapitulatif « qui permet d’articuler avec précision le problème de l’objet tel qu’il se pose dans l’analyse »<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<table style="text-align: justify;" border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="205" valign="top"><strong>Agent</strong></td>
<td width="205" valign="top"><strong>Manque d’objet</strong></td>
<td width="205" valign="top"><strong>Objet</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="205" valign="top"></td>
<td width="205" valign="top">Castration</p>
<p><em>Dette symbolique</em></td>
<td width="205" valign="top">imaginaire</td>
</tr>
<tr>
<td width="205" valign="top"></td>
<td width="205" valign="top">Frustration</p>
<p><em>Dam imaginaire</em></td>
<td width="205" valign="top">réel</td>
</tr>
<tr>
<td width="205" valign="top"></td>
<td width="205" valign="top">Privation</p>
<p><em>Trou réel</em></td>
<td width="205" valign="top">symbolique</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Puis il dit une chose intéressante qui prend à rebours l’idée répandue selon laquelle le scandale de la psychanalyse serait d’avoir mis l’accent sur la sexualité (voir d’avoir produit un certain pansexualisme), à savoir que le scandale serait plutôt d’avoir exposé les paradoxes de cette sexualité, à savoir par exemple que « l’approche de l’objet sexuel présente une difficulté essentielle qui est d’ordre interne. »<a href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Il en dira une autre un peu plus loin que je trouve tout aussi importante, car peu reprise. C’est le fait que l’important dans le développement de l’enfant, est non pas la fameuse toute-puissance de cet enfant, mais la toute-puissance de la mère ou de son substitut. C’est un des signes qui montrent que Lacan est en dialogue critique avec Winnicott dans ce séminaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette première idée donc contredit, on le dit encore une fois, toute approche théorique qui proposerait la théorie d’un objet pleinement satisfaisant pour le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le démontrer, il rappelle au travers d’une citation<a href="#_ftn3">[3]</a> issue de l’article de 1915 « Pulsions et destins de pulsions », que Freud n’établissait aucun lien préétabli entre la pulsion et son objet. L’objet est conçu comme variable et même interchangeable vis-à-vis de la satisfaction de cette pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La notion qui va par contre être au centre de cette séance est donc celle de frustration.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il s’agit pour nous de la critiquer afin de la rendre utilisable et, pour tout dire, cohérente avec ce qui fait le fond de la doctrine analytique […] »<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que la castration, comme on l’a vu au cours de la séance « Les trois formes du manque d’objet du 28/11/1956 », est en lien avec l’ordre symbolique, et plus précisément avec une dette symbolique. L’objet de cette dette est (pour le moment) un objet imaginaire, et c’est le phallus.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>A propos du phallus, et de sa nature</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">A ce sujet, on peut rappeler la question que pose Moustapha Safouan dans son livre <em>Lacaniana</em> au sujet de cet objet imaginaire phallique. S&#8217;agit-il « du même imaginaire que celui qui est en jeu dans la relation avec le semblable, l&#8217;imaginaire spéculaire&nbsp;&raquo;<a href="#_ftn5"><em><strong>[5]</strong></em></a>. C’est une question qui touche juste, car il se pourrait ainsi que l&#8217;imaginaire dégagée par la notion de phallus soit d&#8217;un ordre différent que celui dégagé par la relation au miroir.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Safouan, c&#8217;est une distinction importante, car « La difficulté qu&#8217;aura Lacan à frayer son chemin sera d&#8217;autant plus grande que la question [celle d'un imaginaire distinct] n&#8217;est pas formulée. Celle que le lecteur aura à le suivre ne le sera pas moins. »<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il me semble également que c’est une question que traite Braunstein dans le chapitre « Le phallus comme SOS (signifiant, organe, semblant) »<a href="#_ftn7">[7]</a> de son livre <em>Depuis Freud, après Lacan – déconstruction dans la psychanalyse</em>. Braunstein examine comment la nature du registre dans lequel Lacan situe ce phallus oscille tout au long des années de son séminaire. En suivant Braunstein, il faudrait donc examiner de plus près comment Lacan écrit sur le phallus dans son article <em>la signification du phallus<a href="#_ftn8"><strong>[8]</strong></a></em> en mai 1958, et comment il semble rectifier son propos au cours du séminaire de 1970-1971, <em>D’un discours qui ne serait pas du semblant<a href="#_ftn9"><strong>[9]</strong></a></em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce sera pour une autre fois…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’enjeu réel de la frustration </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Revenons à la question de la castration, la question qui se pose est celle d’y articuler la notion de frustration. Et la première étape au sujet de la frustration va être de noter avec insistance que la frustration introduit un mode de relation à l’objet qui est à placer sur le plan du réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan rappelle combien la littérature psychanalytique a porté un intérêt croissant aux conditions réelles du développement du sujet. Cela est palpable jusqu’à aujourd’hui. J’ajouterai que ce fut aussi le développement d’un intérêt des psychanalystes pour l’observation directe des enfants. Lire <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=418">ici</a> et <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=423">ici</a> sur le courant d’étude des interactions précoces</p>
<p style="text-align: justify;">Une définition de la frustration pourrait être selon Lacan :</p>
<p style="text-align: justify;">« La frustration est donc considérée comme un ensemble d’impressions réelles, vécues par le sujet à une période de développement où sa relation à l’objet réel est centrée d’habitude sur l’imago dite primordiale du sein maternel, par rapport à quoi vont se former chez lui ce que j’ai appelé tout à l’heure ses premiers versants et s’inscrire ses premières fixations, celles qui ont permis de décrire les types des différents stades instinctuels. »<a href="#_ftn10">[10]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Alors « […] qu’en est-il de ce rapport, le plus primitif, du sujet avec l’objet réel ? »<a href="#_ftn11">[11]</a></p>
<p style="text-align: justify;">L’auto-érotisme désigne-t-il un état où n’existe pas d’objet réel, extérieur au sujet, et avec lequel justement le sujet serait en relation ? Le sein peut-il être considéré comme un objet réel pendant la phase dite auto-érotique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d’aborder la théorie kleinienne pour avancer sur la notion de frustration, Lacan cite comme premier exemple la théorie du <em>primary love</em> des Balint, qui tente selon lui de concilier l’existence d’une phase auto-érotique  et l’existence d’un objet réel, reconnu par l’enfant pendant cette phase, en proposant cette idée d’un amour parfait et complémentaire entre l’enfant et sa mère. Puis il la critique comme tout à fait contraire à l’expérience clinique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il soutient par contre les positions de Klein, vis-à-vis de critiques qui reprochent à « la géniale tripière » de produire une sorte de schéma du développement où justement, tout serait déjà contenu en quelque sorte à l’intérieur du sujet, une théorie platonicienne qui oublierait finalement les conditions réelles dans lesquelles se développe le sujet, pour mettre l’accent sur la reconnaissance. Lacan finit par s’interroger sur l’hypothèse qui lui semble féconde de l’Œdipe précoce selon Klein.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces détours pour revenir au point de départ :</p>
<p style="text-align: justify;">« On a tort de ne pas partir de la frustration qui est le vrai centre quand il s’agit de situer les relations primitives de l’enfant. »<a href="#_ftn12">[12]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Les deux pôles de la frustration et…  les jeux vidéo</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan propose finalement deux versants dans la frustration :</p>
<p style="text-align: justify;">1)      <em>L’objet réel</em>. Pas de manque. Pour Lacan, même dans la phase auto-érotique, où l’autre n’est pas encore conçu, l’objet réel existe et exerce bel et bien une influence sur l’enfant, « bien avant d’avoir été perçu comme objet. »<a href="#_ftn13">[13]</a> Mais surtout, il faut l’introduction de « périodicité » entre des absences, des « trous et des carences », pour que cet objet commence d’être perçu véritablement par le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>2) </em><em>L’agent</em>. C’est-à-dire ici la mère. « La mère est autre chose que l’objet primitif. Elle n’apparaît pas en tant que telle dès le départ, mais, comme Freud l’a souligné, à partir de ses premiers jeux, jeux de prise d’un objet parfaitement indifférent en lui-même et sans aucune espèce de valeur biologique. »<a href="#_ftn14">[14]</a> C’est la mère qui, par ses jeux donc, va introduire le sujet au manque d’objet.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan s’est donc bien intéressé à Winnicott. J’aurais envie de dire que ses propositions, ce que Miller appelle « La théorie du manque d’objet », s’articulent avec celles de Winnicott sur l’aire transitionnelle, elles semblent tout à fait se construire en dialogue avec le psychanalyste britannique. En dialogue critique, il faut ajouter.</p>
<p style="text-align: justify;">Car Lacan dit à un moment, au sujet de cette frustration, que l’objet peut changer de statut uniquement grâce à cette périodicité des absences, et que nous n’avons pas besoin de postuler chez le sujet la distinction d’un moi et d’un non-moi.<a href="#_ftn15">[15]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Alain Vanier rappelle que le 3 février 1975, à l’Institut français de Londres, Lacan disait que son objet <em>a</em> était ce que Winnicott appelait l’objet transitionnel<a href="#_ftn16">[16]</a>. Il rappelle également que les points de rencontre entre ces deux grands analystes ont été autour de trois thèmes principaux : « Tout d’abord la question de l’objet, puis celle du stade du miroir et enfin celle du self. Avec en filigrane, le problème de la position de l’analyste dans la cure. »<a href="#_ftn17">[17]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les jeux vidéo, il a souvent été question d’auto-érotisme à leur sujet. La thèse de Mathilde Cador-Delcourt s’intitule par exemple : « L’addiction aux jeu vidéo : une activité auto-érotique ? »<a href="#_ftn18">[18]</a></p>
<p style="text-align: justify;">L’objet serait réel, le manque imaginaire. On parle de jouissance auto-érotique où l’Autre serait absent.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Yves Le Fourn écrit également : « Avec les jeux vidéo, l’enfant ne rejoue que rarement : il demande à ce qu’on lui en ‘achète  un autre’. Le plaisir à jouer, à partager du temps, à recommencer est remplacé par le plaisir du « toujours plus » d’isolement, du «  toujours plus » de jouissance auto-érotique. En paraphrasant Melanie Klein, on pourrait dire que « le jeu (vidéo) transforme l’angoisse de l’enfant en réussite (impossible) de rencontrer cet Autre, autre que lui-même ». Peut-on alors jouer, au-delà du défi ou d’une compétition classique, avec la rencontre d’un Autre soi-même virtuel ? »<a href="#_ftn19">[19]</a></p>
<p style="text-align: justify;">De quelle nature est cet Autre virtuel, cette IA, pour le joueur ? Je ne suis pas certain qu’elle puisse se réduire à « soi-même ». Il n’est pas certain que le temps du jeu, il soit difficile de distinguer si l’IA du jeu vidéo est si différente d’un Autre sujet, d’un Autre, certes absent physiquement.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait également essayer de reprendre cette réflexion autour de la frustration dans les jeux vidéo. Car ces derniers fonctionnent beaucoup avec elle. C’est un grand moteur dans ce type de jeux. Comme le dit Lacan, la frustration est « une impression très réelle ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est la frustration de ne pas réussir, de ne pas savoir comment passer telle situation, frustration de n’avoir pas fait un bon score, etc. Tout cela peut rendre d’ailleurs parfois un peu agressif, tendu, mais donne finalement généralement envie de s’y remettre, sauf si un point de non-retour est atteint où c’est plutôt l’abandon du jeu qui prime alors. Du côté des game designers, il faut donc un bon dosage de la frustration dans le gameplay.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel serait l’agent dans les jeux vidéo qui distille cette frustration ? Pourrait-elle être l’IA (l’Intelligence Artificielle) ?</p>
<p style="text-align: justify;">Certains psychologues, comme Thomas Gaon<a href="#_ftn20">[20]</a>, ont articulé le jeu excessif ou problématique chez certains sujets, avec la difficulté, dans certains jeux tels que les MMORPG (les jeux de rôles en ligne persistants) de se séparer. Se séparer des communautés virtuelles, des groupes en ligne dans ce type de jeux, mais aussi se séparer de cet Autre que serait l’IA, la machine. Cette séparation serait à articuler avec cette alternance présence/absence dont Lacan, dans cette séance de son séminaire, fait précisément les conditions de possibilité d’articulation d’une relation réelle avec une relation symbolique.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, à la suite de Freud (relire l’analyse du jeu d’enfant faite par Freud au travers de celle de son petit-fils, Ernst, dans l’« Au-delà du principe de plaisir »), Lacan articule ce qu’il appelle « le registre de l’appel » (« L’objet maternel est proprement appelé quand il est absent – et quand il est présent, rejeté, dans le même registre que l’appel, à savoir par une vocalise »<a href="#_ftn21">[21]</a>), avec « la présence-absence » (qui, quant à elle, « connote la première constitution de l’agent de la frustration, qui est à l’origine la mère »<a href="#_ftn22">[22]</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce registre de l’appel, c’est l’amorce de l’ordre symbolique, et c’est, selon Lacan, l’élément de la relation d’objet réelle qui importe pour la transition de la frustration vers la castration.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est aussi pourquoi, tout bêtement, il est tout à fait intéressant de parler de cet objet vidéoludique avec les patients pour lesquels le jeu peut être excessif. La relation d’objet réelle que certains joueurs entretiennent avec certains jeux vidéo pourrait ainsi reconduire le désir de renouer une relation sécurisante avec un Autre dont la demande est tout à fait compréhensible et « le désir » pas du tout insatiable justement. En effet, il est souvent mis l’accent sur le sujet quant à sa difficulté à se séparer, notamment chez les adolescents. Mais il est plus rarement mis l’accent sur l’Autre (possiblement incarné par le parent). La demande du jeu vidéo peut ainsi être « comblée ». Le joueur sait ce que l’IA attend de lui. Il lui est possible de bien décrypter cette demande, et de la combler, en terminant tout simplement le jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Jouer peut ainsi être l’occasion de remettre au travail la possibilité de se séparer, via une relation avec un Autre d’un type un peu spécial.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en revenir à Lacan, ce couple présence-absence est ainsi « le premier élément d’un ordre symbolique », en ce qu’il représente un jeu d’opposition plus-moins. « […] dans l’opposition plus et moins, présence et absence, il y a déjà virtuellement l’origine, la naissance, la possibilité, la condition fondamentale, d’un ordre symbolique. » <a href="#_ftn23">[23]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>De la frustration à la castration en passant par la toute-puissance… de la mère</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan s’interroge sur les éléments qui permettront à ce qu’une dialectique s’installe entre la mère et l’enfant, ce qui donnera plus tard d’ailleurs le titre à cette séance.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan nous livre une proposition à retenir, c’est celle de la constitution de la mère comme puissance, c’est le passage de la mère symbolique, à la mère réelle. Et corrélativement, le passage de l’objet de satisfaction qui était jusque-là réel, à un objet symbolique.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, lorsque la mère, comme agent symbolique représentant ce couple d’alternance présence-absence, répondant à l’appel du sujet et offrant par exemple le sein comme objet réel, ne répond plus, « lorsque, en quelque sorte, elle ne répond plus qu’à son gré, elle sort de la structuration, et elle devient réelle, c’est-à-dire qu’elle devient une puissance. »</p>
<p style="text-align: justify;">Associé à ce changement de nature du côté de l’agent, il y a également un changement de nature de l’objet. Car en effet, si la mère devient réelle, lorsqu’elle ne répond plus. Les objets de satisfaction, qui étaient jusqu’ici réels, deviennent cette fois « objets de don » (« L’objet vaut comme le témoignage du don venant de la puissance maternelle »), et donc « susceptibles d’entrer dans la connotation présence-absence ».</p>
<p style="text-align: justify;">« L’objet a dès lors deux ordres de propriété satisfaisante, il est deux fois objet possible de satisfaction – comme précédemment, il satisfait à un besoin, mais aussi il symbolise une puissance favorable. »<a href="#_ftn24">[24]</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est là, il me semble, que Lacan discute le plus avec Winnicott. Il récuse la notion même de toute-puissance du côté de l’enfant. Pour lui, c’est celle de la mère qui compte le plus. Il n’existerait même de toute-puissance que du côté de la mère ou de son substitut. On sait combien cette expérience d’omnipotence a une place singulière dans la théorisation winnicottienne, notamment dans la construction de cette aire intermédiaire, l’aire transitionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on peut résumer les choses, nous pourrions dire qu’à partir du moment où l’agent faisant fonction de mère peut ne pas répondre à l’appel du sujet, d’un statut symbolique fondé sur cette alternance présence-absence calée sur l’appel du sujet, il passe à un statut réel fondé sur le fait qu’il peut donner cette fois l’objet attendu par le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">N’existait dans l’état 1, qu’un agent symbolique, avec un objet réel de satisfaction. A l’état 2, l’agent est devenu réel, et l’objet qu’il pourvoie est devenu quant à lui symbolique, c’est-à-dire qu’il symbolise la puissance de l’agent.</p>
<p style="text-align: justify;">« C’est un moment décisif, où la mère passe à la réalité à partir d’une symbolisation tout à fait archaïque. »<a href="#_ftn25">[25]</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est pour Lacan, ici, que se situe l’objet intermédiaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet, nous dit Lacan, a réalisé qu’il existait une puissance, extérieure, détenant tout ce dont il avait besoin, par le fait que cette puissance peut se refuser, peut refuser de donner.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Retour au phallus et articulation avec le dispositif Moi Idéal – Idéal du Moi</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan repart maintenant de la nature imaginaire du phallus chez Freud. Ce phallus est « à proprement parlé la forme, l’image érigée »<a href="#_ftn26">[26]</a> et sert d’opérateur de distinction entre ceux que l’on appelle hommes, et ceux appelées femme. Chez les femmes, toujours en suivant Freud, le phallus est mis en position d’objet manquant, donc désirable. Lacan rappelle que, pour Freud (notamment dans son article publié en 1917 « Des transpositions pulsionnelles en particulier dans l’érotisme anal »), cet autre objet qu’est l’enfant, est possiblement mis à la place de ce premier objet manquant qu’est le phallus.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan revisite là la théorie du narcissisme, à l’aide du phallus. Dans son ouvrage sur le narcissisme<a href="#_ftn27">[27]</a>, Patrick Delaroche propose de rapprocher le dispositif Moi Idéal &#8211; Idéal du Moi de ce que construit Lacan ici, à savoir l’introduction du phallus comme élément symbolique tiers dans la relation dyadique mère-enfant afin de subvertir le modèle classique de la relation d’objet fondée sur une complémentarité entre la satisfaction recherchée (ce qui serait la complétude du Moi en somme) et celle que pourrait apporter l’objet (tout ce qui manque, sur le modèle d’une relation mère-enfant parfaite, adéquate, comme on a pu le voir dans les conceptions des Balint<a href="#_ftn28">[28]</a> et parfois dans les études sur les interactions précoces).</p>
<p style="text-align: justify;">En introduisant le phallus, on peut en effet essayer d’articuler de manière intéressante narcissisme et castration. Delaroche décrit ainsi « l’investissement de l’enfant comme phallus par la mère comme le paradigme de la fusion incestueuse que pourra représenter le Moi Idéal. »<a href="#_ftn29">[29]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Que l’enfant vienne saturer le manque maternel, Lacan le dit en ces termes : « […] l’enfant en tant que réel prend pour la mère la fonction symbolique de son besoin imaginaire […] »<a href="#_ftn30">[30]</a> Aussi, l’étape suivante consistera en ce que l’enfant est censé s’apercevoir que ce que la mère désire est non pas lui-même, mais l’image du phallus. Ce sera donc à la phase freudienne dite phase phallique, c’est-à-dire au moment où le phallus devient l’organisateur entre les sexes (lire entre autres l’article de Freud de 1923 « L’organisation génitale infantile »), que le sujet est censé reconnaître à la fois ce décalage, mais également le fait que cette puissance maternelle qu’est l’agent symbolique devenu réel, n’est en fait pas tout-puissant, car il lui manque bien quelque chose, à savoir, le phallus.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que Lacan apporte finalement<a href="#_ftn31">[31]</a> et que les « deux notes sur l’enfant » à Jenny Aubry résument, à la suite de Freud et de son équation pénis=enfant<a href="#_ftn32">[32]</a>, c’est la possibilité de comprendre que la sortie du narcissisme côté enfant, doit se penser avec la mère et la contrainte s’exerçant sur cette dernière quant à désinvestir progressivement son enfant comme phallus.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, avec Lacan et Delaroche, le Moi Idéal se constituerait durant l’étape où la mère investirait son enfant comme le prolongement d’elle-même, comme la partie d’elle-même qui lui manque et qui serait censée lui apporter toute satisfaction, à savoir le phallus. Puis, le mouvement censé succéder à cette étape, serait le désinvestissement par la mère de cet enfant-phallus, pour en faire un objet séparé d’elle. Se soumettant elle-même à la castration, l’enfant, qui pouvait être pour elle le phallus, pourra désormais chercher à l’avoir.</p>
<p style="text-align: justify;">En suivant Lacan, le petit enfant doit donc abandonner la croyance en la possession du phallus, de son côté, mais également du côté de la mère. Il doit abandonner l’espérance de satisfaire pleinement cette mère en incarnant pour elle le phallus, puis en acceptant le fait qu’elle-même doive chercher ce qui lui manque ailleurs que chez lui. Il est à noter que ce mouvement est par ailleurs décrit chez Freud du côté de l’enfant (chez Freud, c’est un enfant actif, qui tend à désirer de manière active sa mère), c’est à dire que c’est à lui que s’adresserait d’abord le renoncement à la mère, et sur lui que s’exercerait avant tout la castration. Alors que du côté de Lacan (chez Lacan, on a plutôt le modèle d’un enfant séduit par sa mère, pris dans une séduction qui peut s’avérer d’ailleurs particulièrement dangereuse<a href="#_ftn33">[33]</a>), c’est d’abord la mère qui doit se soumettre à la castration, l’enfant, qui pouvait être pour elle le phallus, doit être désinvesti de cette place.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Delaroche, nous pensons que le Moi Idéal représente bien ce moment où l’enfant est identifié par la mère au phallus qui lui manque. Et que se soumettre à la castration, ce qui se traduit entre autres pour la mère, à aller chercher ce phallus ailleurs que chez son enfant ou dans la relation qu’elle a avec lui, permet alors que s’enclenche chez l’enfant cette dialectique entre le Moi Idéal et l’Idéal du Moi. Cet Idéal du Moi va représenter ce à quoi l’enfant devra désormais se soumettre pour obtenir à nouveau la satisfaction narcissique perdue, ou en devenir d’être perdue, et qui va donc se situer au-dehors de la relation à caractère incestueuse que représente le Moi Idéal.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour terminer, Lacan commencera à parler d’un exemple (tiré d’un article d’Anneliese Schnurmann, élève d’Anna Freud, « L’observation d’une phobie »), un cas de phobie censé offrir une vue intéressante justement sur ce passage de la mère symbolique à la mère réelle, et de la construction chez le sujet d’une phobie afin de faire face au manque phallique chez la mère.</p>
<p style="text-align: justify;">
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<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.59.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.59.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.60.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.60.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Moustapha Safouan, <em>Lacaniana</em>, Fayard, 2001, p. 61.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Moustapha Safouan, <em>Lacaniana</em>, Fayard, 2001, p. 61.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Nestor Braunstein, « Le phallus comme SOS (signifiant, organe, semblant) » in <em>Depuis Freud, après Lacan – déconstruction dans la psychanalyse</em>, Erès, 2008, p. 107.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Jacques Lacan, « La signification du phallus », in <em>Ecrits II</em>, Seuil, 1999, p.163.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Jacques Lacan, Jacques Lacan, <em>D’un discours qui ne serait pas du semblant</em>, Seuil, 2007.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.62</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.63</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.66</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.66</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.67</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.66</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> « LACAN – Oui, petit <strong>a </strong>est une fonction que j’ai inventée pour désigner l’objet du désir. Petit <strong>a </strong>est ce que Winnicott appelle l’objet transitionnel… J’ai eu la chance de faire la connaissance de Winnicott. »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Alain Vanier, « Winnicott et Lacan, Lacan et Winnicott », in <em>Winnicott avec Lacan</em>, sous la direction de Catherine et Alain Vanier, Hermann, 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> <a href="http://www.hopital-marmottan.fr/documentation/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_display&amp;id=957">http://www.hopital-marmottan.fr/documentation/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_display&amp;id=957</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref19">[19]</a> Le Fourn Jean-Yves , « Les enfants jouent-ils encore ? » Game-boy et jeux vidéo, <em>Enfances &amp; Psy</em>, 2001/3 n°15, p. 48.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref20">[20]</a> Gaon T. (2009), « L’échappée virtuelle : Futur délice ou délit de fuite ? » in <em>La Lettre de l’enfance et de l’adolescence</em>, revue du GRAPE, « Tous addicts ? », n°77, décembre 2009, Erès.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref21">[21]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.67</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref22">[22]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.67</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref23">[23]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.67</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref24">[24]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.68</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref25">[25]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.69</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref26">[26]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.70</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref27">[27]</a> Patrick Delaroche, <em>De l’amour de l’autre à l’amour de soi</em>, Denoël, 1999.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref28">[28]</a> Michael Balint, <em>Amour primaire et technique psychanalytique</em>, Payot, 2001, ou encore <em>Le défaut fondamental</em>, Payot, 2003.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref29">[29]</a> Patrick Delaroche, <em>De l’amour de l’autre à l’amour de soi</em>, Denoël, 1999, p. 61.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref30">[30]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.71</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref31">[31]</a> Notamment avec ce que les deux notes sur l’enfant à Jenny Aubry résument. Elles ont été publiées par Jacques-Alain Miller dans : Jacques Lacan, <em>Autres écrits</em>, Paris, Le Seuil, 2001, p. 373-374.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref32">[32]</a> Sigmund Freud, « Des transpositions pulsionnelles, en particulier dans l’érotisme anal », in <em>Œuvres complètes, tome XV</em>, PUF, 1996.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref33">[33]</a> « Le rôle de la mère, c’est le désir de la mère. C’est capital. Le désir de la mère n’est pas quelque chose qu’on peut supporter comme ça, que cela vous soit indifférent. Ça entraîne toujours des dégâts. Un grand croco­dile dans la bouche duquel vous êtes — c’est ça, la mère. On ne sait pas ce qui peut lui prendre tout d’un coup, de refermer son clapet. C’est ça, le désir de la mère.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, j’ai essayé d’expliquer qu’il y avait quelque chose qui était ras­surant. Je vous dis des choses simples, j’improvise, je dois le dire. Il y a un rouleau, en pierre bien sûr, qui est là en puissance au niveau du clapet, et ça retient, ça coince. C’est ce qu’on appelle le phallus. C’est le rouleau qui vous met à l’abri, si, tout d’un coup, ça se referme. », in Jacques Lacan, <em>L’envers de la psychanalyse</em>, Seuil, 1991, p. 129.</p>
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		<title>Notes sur le Séminaire LA RELATION D’OBJET – Le signifiant et le Saint-Esprit (05/12/1956)</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=671</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=671#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 15:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Anneliese Schnurmann]]></category>
		<category><![CDATA[la relation d'objet]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
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		<category><![CDATA[phobie]]></category>

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		<description><![CDATA[Des notes sur cette troisième séance en date du 5 décembre 1956 … où Lacan commence cette fois sa critique de la conception de la phobie. Pour ce faire il cherche ainsi à utiliser des fameux termes de frustration, privation et castration en lien avec sa triade imaginaire, symbolique et réel.
Paris, le 14/06/2011]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Paris, le 14/06/2011</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Lacan commence cette séance en rappelant que Dolto a fait un exposé la veille sur l’image du corps, et qu’à ce propos, « l’image du corps n’est pas un objet. »<a href="#_ftn1">[1]</a> Cette image ne peut devenir un objet selon lui, et cela lui donne ainsi un statut différent des autres formations imaginaires. En fait Lacan avance que l’usage de cette image du corps par Dolto est un usage signifiant, dans le sens où « […] aucune ne se soutient par soi-même. C’est toujours par rapport à une autre de ces images que chacune prend sa valeur cristallisante, orientante, qu’elle pénètre dans le sujet dont il s’agit, c’est à savoir le jeune enfant. »<a href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est intéressant de voir là les prémices de la fameuse définition que Lacan donnera plus tard (<em>a priori</em> au cours de son séminaire <strong><em>Les problèmes cruciaux pour la psychanalyse</em></strong>) du signifiant articulée à celle du sujet : « Le signifiant, à la différence du signe, qui représente quelque chose pour quelqu&#8217;un, le signifiant est ce qui représente un sujet pour un autre signi­fiant. »</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan discutera finalement avec Dolto tout au long de cette séance, en finissant par poser la question des relations entre l’image du corps propre de l’enfant et la phallus, en tant que « pour la mère, l’enfant est loin d’être seulement l’enfant puisqu’il est aussi le phallus […] »<a href="#_ftn3">[3]</a>. Et ajoutant que cette relation discordante, est tout à fait essentielle dans l’expérience analytique. Cette séance a d’une certaine manière pour but d’introduire à cette discordance.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan précise en ce début de séance qu’il veut démarrer sur un questionnement sur la nature possiblement imaginaire des deux types d’objets que sont l’objet phobique et l’objet fétiche. Il pose ainsi une question importante : « Ces objets surgissent-ils tout simplement de la succession typique de ce que l’on appelle les stades ? »<a href="#_ftn4">[4]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Il essaie alors de lever des malentendus au sujet de ce qu’il a dit de la notion de réalité à la séance précédente (mais il n&#8217;avancera pas grand-chose de plus finalement), en prenant l’image de cette usine hydraulique, et il précise qu’il veut continuer sur ce thème de l’opposition ou de la différenciation réalité/réel, en développant ce que l’on considère par réalité lorsqu’on met l’accent « sur ce qui est avant »<a href="#_ftn5">[5]</a>, et plus précisément, « […] avant qu’un fonctionnement symbolique ne se soit exercé […] »<a href="#_ftn6">[6]</a>. Il opère un rapprochement entre cette usine hydraulique comme nécessité à calculer l’énergie, et le psychisme, via l’utilisation chez Freud de cette catégorie, issue du vocabulaire de la thermodynamique, pour forger son concept de libido. Le concept d’énergie est en effet un concept particulièrement important chez Freud. Le chapitre « De la dynamique à l’économique, le modèle fechnero-helmholtzien » du livre de Paul-Laurent Assoun <strong><em>Introduction à l’épistémologie freudienne<a href="#_ftn7"><strong>[7]</strong></a></em> </strong>offrira de quoi prolonger la réflexion sur ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’avancera donc pas grand-chose de plus sur cette différenciation réalité/réel. Mais l’important, c’est de retenir que, pour Lacan, la libido freudienne est un concept dont la grammaire se déploie sur le plan de l’imaginaire. Et que l’intérêt de la métaphore est ce rapprochement entre le <em>Es </em>freudien, le <em>Ca </em>(ou encore le sujet de l’inconscient) et l’usine. « Le Es est ce qui, dans le sujet, est susceptible, par l’intermédiaire du message de l’Autre, de devenir Je. […] Si l’analyse nous a apporté quelque chose, c’est ceci &#8211; le Es n’est pas une réalité brute, ni simplement ce qui est avant, le Es est déjà organisé, articulé, comme est organisé, articulé, le signifiant. »<a href="#_ftn8">[8]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan reprend également la dialectique des deux principes freudiens du plaisir et de réalité, et cherche à l’articuler à ce qu’il appelle « […] les deux niveaux de la parole qui s’expriment dans les notions de signifiant et de signifié. »<a href="#_ftn9">[9]</a> Mais au travers de tout un développement sur ce qu’est cette usine hydraulique, il cherche à rappeler à ses auditeurs que ce <em>Es</em>, dont il est vrai que l’image (celle du <em>Ca</em>) a souvent été celle d’une sorte de magma à base d’instincts d’où émergeraient les pulsions, est à rapprocher du fonctionnement du langage, que ce <em>Es </em>n’est finalement « pas quelque chose de si naturel que ça, et moins encore que les images. »<a href="#_ftn10">[10]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Puis Lacan revient sur le coeur de son travail cette année, l&#8217;oubli de la place du manque de l&#8217;objet dans la théorie analytique de son temps, à partir de cette fameuse proposition que nous avons relevée au tout début de la première séance, exprimée ici sous cette forme « Au niveau de l’expérience analytique, toute <em>Findung</em> de l’objet, nous dit Freud, est une <em>Wiederfindung</em>. »<a href="#_ftn11">[11]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y revient à partir de l’écriture des <em>Trois essais sur la théorie de la sexualité</em> de Freud, ouvrage que le Viennois n’aura eu de cesse de remanier, et ce particulièrement après avoir élaboré sa théorie du narcissisme. Et Lacan d’ajouter que Freud a pu construire sa théorie de la libido en l’articulant à ce concept de narcissisme, et donc à « la fascination du sujet par l’image, laquelle n’est jamais, en fin de compte, qu’une image qu’il porte en lui-même. Voilà le dernier mot de la théorie narcissique. »<a href="#_ftn12">[12]</a></p>
<p style="text-align: justify;">La valeur organisatrice du fantasme découle de cette discordance entre le sujet et son objet premier, qui vient carrément perturber la recherche du sujet, sa relation avec la réalité extérieure. Et cette valeur du fantasme est à articuler elle-même avec le développement en deux temps de la sexualité infantile. « Il y a donc toujours discordance de l’objet retrouvé par rapport à l’objet recherché. Voilà la notion à partir de laquelle s’introduit la première dialectique freudienne de la théorie de la sexualité. »<a href="#_ftn13">[13]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lacan entend surtout replacer au centre des débats sur la reconstitution des différents stades, qui servaient à l’époque à expliquer par exemple les phobies chez les enfants d’un point de vue psychogénétique, le fait et la valeur de l’Œdipe. « La relation prégénitale ne s’appréhende qu’à partir de l’articulation signifiante de l’Œdipe. Les images et les fantasmes qui forment le matériel signifiant de la relation prégénitale viennent eux-mêmes d’une expérience qui s’est faite au contact du signifiant et du signifié.»<a href="#_ftn14">[14]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Puis après avoir rappelé les trois catégories du manque de l’objet, frustration, castration et privation, il se propose d’essayer de relire certaines conceptions de l’apparition de phobies infantiles, en prenant comme exemple un article d’Anneliese Schnurmann, élève d’Anna Freud, « L’observation d’une phobie » (in <em>Psychoanalytic Study of the Child</em>, vol. 3-4, 1949, p. 253-270.). Il précise que cette conception annafreudienne de la phobie est centrée sur la frustration conçue comme «  privation d’un objet privilégié, celui du stade où le sujet se trouve au moment de l’apparition de ladite privation. »<a href="#_ftn15">[15]</a> Ce sera le cas Sandy, celui d’une petite fille de deux ans cinq mois, qui fut confiée pendant la guerre, à la Hampstead Nursery.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan veut ainsi démontrer que l’usage qui est fait de la privation (notamment chez Jones) n’est pas suffisamment rigoureux, car pour « que le sujet appréhende la privation, il faut d’abord qu’il symbolise le réel. Comment le sujet est-il amené à le symboliser ? Comment la frustration introduit-elle l’ordre symbolique ? C’est la question que nous poserons, et nous verrons que le sujet n’est ni isolé, ni indépendant, et que ce n’est pas lui qui introduit l’ordre symbolique. »<a href="#_ftn16">[16]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est encore une fois en rappelant la place du phallus chez la mère de l’enfant que Lacan finit cette séance. Donc, c’est également en rappelant l’exigence de s’avancer dans la compréhension de la sexualité féminine.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je le disais en introduction, Lacan discute avec Dolto dans cette séance. On pourrait dire d’une certaine manière que pour Dolto, c’est le concept d’image du corps propre qu’elle pense avoir apporter à la théorie analytique, c’est celui de phallus que Lacan apportera.</p>
<p style="text-align: justify;">En posant que l’enfant pour la mère, est aussi le phallus, avant d’être un enfant, et que cette « perturbation » se situe sur le plan de l’imaginaire, Lacan veut nous introduire au processus qui va mener l’enfant à la symbolisation de ce qu’il représente dans la relation qui le lie à sa mère. Et c’est par le biais de l’examen de la phobie chez l’enfant que Lacan veut aborder cela.</p>
<p style="text-align: justify;">« Lors d’un moment particulièrement critique, alors qu’aucune voie d’une autre nature n’est ouverte pour la solution du problème, la phobie constitue un appel à la rescousse, l’appel à un élément symbolique singulier. […] Au moment où il est appelé au secours pour maintenir la solidarité essentielle menacée par la béance qu’introduit l’apparition du phallus entre la mère et l’enfant, l’élément qui intervient dans la phobie a un caractère véritablement mythique. »<a href="#_ftn17">[17]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.41.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.43.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.57.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.42.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.44.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.44.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Paul-Laurent Assoun, <em>Introduction à l’épistémologie freudienne</em>, Payot, 1981,n p.145.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.46.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.47.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.50.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.51.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.52.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.53.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.53.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.55.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.56.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Jacques Lacan, <em>La relation d’objet</em>, Seuil, 1994, p.58.</p>
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		<title>Notes sur le Séminaire LA RELATION D’OBJET &#8211; introduction</title>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 10:18:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[la relation d'objet]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Bouvet]]></category>
		<category><![CDATA[Michel de M'Uzan]]></category>

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		<description><![CDATA[Afin de travailler sur la notion de jouissance (par exemple dans les rapports homme-machine),  sur celle de phallus (autour des objets médiateurs), j’ai décidé de travailler sur ce séminaire pour m’ouvrir, je l’espère, quelques possibilités d’approcher ce que j’essaie de chercher en ce moment. Ce ne sont que des notes autour des différentes séances de ce séminaire…
Paris, le 3 mai 2011.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Paris, le 3 mai 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin de travailler sur la notion de jouissance (par exemple dans les rapports homme-machine),  sur celle de phallus (autour des objets médiateurs), j’ai décidé de travailler sur ce séminaire pour m’ouvrir, je l’espère, quelques possibilités d’approcher ce que j’essaie de chercher en ce moment.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne sont que des notes autour des différentes séances de ce séminaire…</p>
<p style="text-align: justify;">Il est difficile pour travailler un séminaire de ne pas parler un peu des précédents tant les outils que Lacan forge sont « recyclés » d’années en années.</p>
<p style="text-align: justify;">En quelques mots&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au cours des années 1951-1952 et 1952-1953</strong>, Lacan a commenté les <em>cinq psychanalyses </em>de Freud. Et c’est là qu’il a commencé à parler des trois termes symbolique, imaginaire et réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, après 1953, c’est à dire après la scission et la création de la SFP (le public s’est donc élargi et a changé) Lacan continue son séminaire en reprenant ce qu’il a développé autour de ces trois dimensions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’année 1953-1954</strong> fut consacrée aux éléments techniques tels que les notions de transfert, de résistance et de refoulement. Mais il expose également la topique de l’imaginaire, et commence déjà à aborder la notion de relation d’objet au travers d’une lecture critique des écrits de Michael Balint.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’année 1954-1955</strong> fut centrée sur une sorte de déconstruction de la notion de Moi, toujours en s’appuyant sur la distinction des trois termes. L’objectif est de démontrer que la théorie qui place le Moi au centre (en rendant équivalent, moi et conscience) est une régression théorique au regard de ce que tentait de décrire Freud.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de ces deux années, il va dégager deux notions importantes, celle de symbolique et celle d’Autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’année 1955-1956</strong> est consacrée aux psychoses. Il va essayer de mettre en œuvre ces deux notions (symbolique et Autre). Il relit les mémoires de Schreber. Et il va commencer à mettre au centre de sa théorie la place du signifiant. Il construira la fameuse notion de <em>Verwerfung</em>, la forclusion, et le non moins célèbre Nom-Du-Père.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous allons maintenant nous recentrer sur le séminaire qui nous occupe et qui a eu lieu, lui, du 21 novembre 1956 au 3 juillet 1957.</p>
<p style="text-align: justify;">Le titre original du séminaire, que Lacan rappelle à la première séance, est <strong>« La relation d’objet et les structures freudiennes »</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que Lacan vise en tenant ce séminaire sur la relation d’objet</strong><strong> cette année-là</strong>?</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’inscrit d’emblée dans ce « retour à Freud », et le fait qu’il bataille toujours contre les tenants de l’Ego-psychology. Ce séminaire a lieu au moment où la notion de relation d’objet était mise au premier plan de la théorie psychanalytique. Du point de vue pratique, le progrès de la cure était fondé sur une rectification du rapport du sujet à l’objet. Ce rapport sujet-objet était considéré comme une relation duelle. Lacan va développer ces points dans les premières séances.</p>
<p><strong>Pourquoi la relation d’objet était-elle au premier plan ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Freud l’emploie parfois (Dans <em>Deuil et Mélancolie</em>, par exemple, Freud écrit « Il avait existé un choix d’objet, une liaison de la libido à une personne déterminée ; sous l’influence d’une vexation ou d’une déception réelles de la part de la personne aimée, intervint un ébranlement de cette relation d’objet. »<a href="#_ftn1">[1]</a>). Mais comme le soulignent Laplanche et Pontalis, elle ne fait pas partie de son appareil conceptuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à partir des années 30, dans les disciplines qui tentent de décrire le développement de l’homme, l’accent est mis sur les relations entre l’organisme et l’environnement. La psychanalyse n’échappe pas à ce mouvement. Pour reprendre les mots de Michael Balint qui a œuvré pour mettre au premier plan la notion de relation d’objet, il fallait passer d’une <em>one-body psychology</em> (c’était une expression de John Rickman, un analyste anglais) à une <em>two-body psychology</em>. On commençait donc à reprocher à Freud le fait qu’il aurait décrit les choses uniquement du point de vue du sujet, de l’intra-psychique. Et on met l’accent sur le manque théorique de Freud quant à cette notion d’objet. C’est en effet un élément constitutif de la pulsion, dans <em>les trois essais.</em> Et Freud examine également les réactions à la perte de l’objet, de l’objet externe, réel et aimé, pour en faire un paradigme dans <em>Deuil et Mélancolie.</em></p>
<p>C’est après la seconde guerre mondiale, avec les débats anglo-saxons, que cette notion de relation d’objet va véritablement arriver au devant de la scène psychanalytique avec les travaux de Mélanie Klein, Michael Balint, Ronald Fairbairn ou encore Donald Winnicott.</p>
<p style="text-align: justify;">On voit donc au final deux sortes de centrage s’affirmer. Ce que certains psychanalystes appellent :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’object-seeking</em>, où est décrit un homme fondamentalement orienté vers la recherche de l’objet.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le pleasure-seeking</em>, où l’homme est cette fois d’abord en quête de la satisfaction sexuelle et du plaisir, certes au travers d’objets, mais mis au second plan.</p>
<p style="text-align: justify;">En gros, cela modifie la façon dont on utilise la théorie de la pulsion.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan va donc reprendre ce qu’il a développé les années précédentes à savoir que, selon lui, l’on ne peut pas penser la relation analytique comme une relation duelle. C’est par exemple le but du schéma dit Z (ou dit encore L). Il introduit un autre point de vue, celui de l’intersubjectivité d’une part, et celui de la dimension symbolique, et bien sûr son articulation avec celle de l’imaginaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Lacan a déjà développé certaines distinctions dans les années précédentes, qui étaient centrées plutôt du côté de la technique utilisée dans la cure (qu’est-ce que la résistance, ou le transfert). Il a essayé d’avancer un certain nombre de choses sur la situation analytique, sur la relation analyste-analysant. Il va à présent s’avancer du côté de la théorie, au travers de ce qui est en vogue à ce moment, c’est à dire la théorie de la relation d’objet.</p>
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Sigmund Freud, « Deuil et Mélancolie », in <em>Œuvres complètes, tome XIII</em>, PUF, 2005, p. 269.</p>
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