<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Vincent LE CORRE - Psychologue - Psychanalyste &#187; psychologie du développement</title>
	<atom:link href="http://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;tag=psychologie-du-developpement" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://vincent-le-corre.fr</link>
	<description>psychologue, psychanalyste, en institution et en libéral, travaillant, entre autres, sur les jeux vidéo, les médiations, le jeu...</description>
	<lastBuildDate>Tue, 13 Jan 2026 12:51:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
		<item>
		<title>Etude sur le courant de recherche des interactions précoces – dernière partie</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=423</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=423#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 12:39:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[interactions précoces]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie du développement]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://vincent-le-corre.fr/?p=423</guid>
		<description><![CDATA[L’observation et l’analyse des interactions parents-bébé ont une histoire plutôt courte, moins de soixante ans. Largement investi par une partie de la psychanalyse, l’observation du très jeune enfant et la confrontation de celle-ci avec les théories issues des reconstructions au sein des cures n’a cependant pas manqué de produire des polémiques dans le milieu analytique. Je souhaitais faire un panorama de ces recherches afin de mieux s’y retrouver. Voici la seconde et dernière partie qui se penche sur les outils d'évaluation des interactions précoces.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;">Voyons à présent comment analyser la dynamique interactive</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Afin d’analyser cette dynamique, il est nécessaire de la situer sur deux axes :</p>
<h2 style="text-align: justify;">L’analyse transversale</h2>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de travaux minutieux utilisant des techniques micro-analytiques ont mis en évidence une structure temporelle microscopique de l’ordre de la fraction de seconde impossible à saisir dans une observation directe, qui, quant à elle, avait dégagé les aspects macroscopiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sein des structures dites microscopiques, on a pu donc observé des cycles d’attention-retrait. Le retrait de l’enfant est un besoin qui correspond chez lui à la mise en place de système d’auto-régulation lui évitant toute stimulation excessive. C’est l’apprentissage de son propre contrôle homéostatique décrit par Brazelton, qui doit être soutenu par les parents : « Le travail des parents, c’est d’apprendre comment maintenir l’attention du bébé, comment réduire leur propre input afin de ne pas submerger le délicat équilibre de l’enfant et comment accorder leurs propres réponses comportementales au seuil individuel particulier de leur bébé. »<a href="#_ftn1">[1]</a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est la découverte du registre optimal d’attention et d’éveil pour l’apparition des comportements sociaux. Dans cette optique transversale, nous avons déjà cité par exemple D. Stern qui a décrit la structure temporelle des interactions mère-nourrisson dans la situation dite de jeu libre tant au niveau macro que microscopique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">L’analyse longitudinale</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce type d’analyse se place dont dans l’optique d’une observation sur une durée plus longue afin d’observer les changements au cours du développement du nourrisson dans les premiers mois de sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce sujet, Brazelton décrit quatre stades de l’interaction mère-bébé qu’il désigne comme : l’apprentissage du « <em>contrôle homéostatique</em> » que nous avons déjà évoqué précédemment ; « <em>le prolongement de l’attention</em> » avec soutien de l’adulte soignant, c’est à dire la phase où la mère et l’enfant vont apprendre mutuellement et de plus en plus en profondeur à rentrer en communication sur une durée plus longue ; « <em>l’expérience des limites</em> » vers les troisième et quatrième mois, pendant lesquels « la mère et l’enfant apprennent à s’accorder à l’intensité de l’autre, à sa mesure dans le temps, à son rythme, à sa durée et à la forme de ses manifestations comportementales rythmiques »<a href="#_ftn2">[2]</a>, c’est le temps des jeux libres décrits par Stern ; et enfin « <em>l’émergence de l’autonomie</em> » vers les quatrième et cinquième mois où l’initiative du bébé quant aux interactions s’accroît, le bébé commence maintenant à « mener le jeu », stimulant son sens de compétence et de contrôle sur ce qui l’environne, tandis que la mère peut être un peu malmenée par cette poussée d’autonomie qu’elle peut interpréter comme une sorte de rejet à son égard.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">D’autres auteurs ont pu, comme M. Mahler étudié le développement des interactions sur une plus longue période et en rendre compte à l’aide du processus qu’elle nomme : séparation-individuation, « processus qui se définit comme l’acquisition du sentiment d’être à la fois séparé et en relation, véritable ‘naissance psychologique’ de l’être humain. »<a href="#_ftn3">[3]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En conclusion, notons dans cette perspective longitudinale que l’on peut observer différents stades de développement, comme celui de « l’émergence de l’autonomie », qui vont être associés à un type de configuration particulier des interactions comportementales, affectives et fantasmatiques, à la fois chez l’enfant mais aussi chez la mère, qui, elle-même, doit s’adapter à cette évolution parfois non sans difficultés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’évaluation au sein des interactions</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong> </strong>Les différents modèles de l’interaction</h3>
<p style="text-align: justify;">Comme nous l’avons déjà laissé entendre, nous voulions nous centrer ici sur le modèle qui tente d’intégrer les trois niveaux d’intégration, contrairement à d’autres modèles, plus anciens, qui ne prennent en compte que les aspects comportementaux et affectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, citons par exemple celui de Bell au sein duquel deux systèmes interactifs sont différenciés : le système de soin qui protège et fait vivre l’enfant et les interactions sociales qui désignent les comportements des parents et des enfants s’influençant réciproquement. Ou encore le modèle de « régulation mutuelle » de Tronick et Gianino (1986) qui distingue le système d’autorégulation du nourrisson dont nous avons parlé et le système qui fait appel à l’environnement externe, du fait de l’immaturité du nourrisson.<a href="#_ftn4">[4]</a> Les deux auteurs mettent l’accent sur l’expérience de « réparation » répétée suscitant la représentation d’une interaction comme réparable que l’enfant va pouvoir acquérir, contrairement à des enfants de mères déprimées par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc plus enclins à penser avec Lamour que le modèle intégratif des trois niveaux permet d’accéder au « pourquoi » et de dépasser le niveau descriptif en s’intéressant également aux significations qui vont être véhiculées par les interactions comportementales (« l’introduction des interactions fantasmatiques charge de sens les interactions comportementales. »<a href="#_ftn5">[5]</a>), qui elles-mêmes vont en retour réactiver certains fantasmes et susciter des affects. Cela rejoint ce que Brazelton et Berry appellent les « scénarios imaginaires » introduits par les parents et alimentées par les contributions du bébé.<a href="#_ftn6">[6]</a> Ce modèle nous semble effectivement plus intéressant pour saisir quelque chose autour de la naissance à la vie psychique du nourrisson au sein de cette dynamique interactive.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Différents outils d’évaluation des interactions</h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis une vingtaine d’années, des échelles d’évaluations des interactions ont été mises au point. En voici cinq pour exemples :</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>1- Le Guide pour l’Evaluation du Dialogue Adulte-Nourrisson : le GEDAN</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il a été élaboré par Y. de Rotten et E. Fivaz-Depeursinge en 1992, pour des situations de dialogue en face-à-face, que l’on va filmer, pour des nourrissons de cinq à six semaines jusqu’à trois mois, mais il peut être adapté pour des situations du type repas ou change, et ce, jusqu’à six mois. Destiné à des chercheur-cliniciens ou à la formation à l’observation en clinique, cet outil a été élaboré à partir d’un travail de recherche d’inspiration systémique, sur le dialogue entre nourrisson et adulte dans la famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Un premier niveau a été travaillé micro-analytiquement afin de préciser la structure et la dynamique des interactions : sur le plan du contact corporel, des interactions visuo-faciales et expressives et des « miscoordinations » qui se rapprochent de ce que l’on a déjà désigné comme des interactions non contingentes. Un retour à l’observation en temps réel leur a permis d’exploiter ces résultats micro-analytiques et d’aboutir à un diagnostic de l’interaction selon trois modes :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1-      « consensuel », lorsque le dialogue est non seulement réalisable, mais réalisé</p>
<p style="text-align: justify;">2-      « conflictuel », lorsqu’il est réalisable mais pas réalisé (l’enfant refuse de s’engager)</p>
<p style="text-align: justify;">3-      « paradoxal », lorsque le dialogue n’est ni réalisé, ni réalisable. »<a href="#_ftn7">[7]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’analyse de la vidéo se fait en quatre étapes au cours desquelles les impressions subjectives seront recueillies, l’organisation globale du dialogue sera codé selon le guide, les structures épisodiques (« Un épisode est défini comme une configuration dyadique maintenue par une certaine période. »<a href="#_ftn8">[8]</a>) c’est à dire l’aspect cyclique des interactions, seront évaluées et enfin une synthèse de l’évaluation centrée sur la dyade, l’adulte et l’enfant sera faîte.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>2- La grille d’évaluation des interactions précoces de Bobigny</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Très simple à mettre en œuvre, elle est utilisée dans les unités d’hospitalisation mère-enfants et dans les consultations de nourrissons en PMI et ne nécessite pas d’enregistrement vidéo. « Elle permet un screening portant sur le développement psychologique et somatique de l’enfant (examen physique général, neurologique et moteur), les grandes fonctions (alimentation, sommeil) ainsi que les interactions. »<a href="#_ftn9">[9]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Trois grilles sont disponibles suivant l’âge de l’enfant : deux à trois mois ; onze à treize mois ; deux à trois ans. Les interactions mère-nourrisson sont observées avant l’examen physique et sont réparties en quatre dimensions donnant lieu à une évaluation des échanges du type excessifs, dans la moyenne, rares, absents :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">-          Les interactions corporelles du côté du bébé et du côté de la maman.</p>
<p style="text-align: justify;">-          Les interactions visuelles du côté du bébé et du côté de la maman.</p>
<p style="text-align: justify;">-          Les interactions vocales du côté du bébé et du côté de la maman.</p>
<p style="text-align: justify;">-          Les sourires du côté du bébé et du côté de la maman.</p>
<p style="text-align: justify;">Sont explorés également quatre caractéristiques : l’initiateur des échanges, la réciprocité, la continuité, et la tonalité affective des échanges.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les interactions père-nourrisson sont évalués à partir du discours de la mère (La mère parle-t-elle spontanément du père ? etc…) et directement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>3- Le CARE-Index</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet outil a été élaboré par Crittenden P. dans la lignée des travaux de M. Ainsworth. Il se présente sous la forme d’une échelle qualifiant l’attitude du partenaire envers l’autre, censée repérée les dysfonctionnements maternels depuis la naissance jusqu’à deux ans.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Une situation de jeu entre l’adulte et le bébé est enregistrée puis codée et analysée. L’échelle évalue sept axes de comportements interactifs : les expressions faciales ; vocales ; la position et le contact corporel ; l’expression de l’affect ; l’alternance à l’intérieur des séquences de jeu ; l’activité de contrôle et enfin le choix de l’activité en fonction de l’âge. Pour ces sept axes, il y a trois attitudes d’adulte possible : sensible, disponible, attentif ; contrôlante ; non disponible.</p>
<p style="text-align: justify;">Et enfin, les réponses de l’enfant sont regroupées dans les quatre catégories suivantes : coopérant ; opposant ; compulsivement complaisant ; passif.</p>
<p style="text-align: justify;">« Les résultats de cette échelle sont fortement corrélés avec les patterns d’attachement obtenus à l’issu de la ‘situation étrange’. »<a href="#_ftn10">[10]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>4- Les notations globales des interactions mère-bébé à deux et quatre mois</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet outil mis au point par une équipe anglaise (Fiori-Cowley A., Murray L., Gunning M.) se base sur une situation standardisée de jeu en face-à-face mère-enfant, en laboratoire ou à domicile enregistrée en vidéo, avec des nourrissons de deux à six mois. Les items de l’outil se regroupent en trois échelles :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">-          l’échelle maternelle se subdivise en comportement maternel, difficultés d’interagir (d’intrusive à distante), et signes de dépression</p>
<p style="text-align: justify;">-          l’échelle du bébé se subdivise en comportement du bébé et en difficultés d’interagir (de retiré et passif à râleur et irritable)</p>
<p style="text-align: justify;">-          l’échelle des interactions.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>5- L’échelle d’évaluation du comportement néonatal de Brazelton : le BNBAS</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette échelle « a été établie pour saisir les réactions comportementales du nouveau-né à son nouvel environnement »<a href="#_ftn11">[11]</a> dans le contexte des états de conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet outil est un des plus anciens, la première version date de 1973, et a été régulièrement remanié. (La dernière version date de 1995). C’est également un des plus complets, d’où sa large diffusion. Il s’applique sur des nourrissons depuis la naissance jusqu’au premier mois, de préférence le troisième jour de vie, donc principalement dans des services de maternité ou de néonatalogie. Cette échelle évalue plus que les interactions. L’évaluation du bébé concerne ses réactions aux stimuli sonores, visuels et moteurs, ses réflexes ainsi que son tonus. Les six états de vigilance sont pris en compte dans l’examen sachant que l’état quatre est celui qui permet l’évaluation des interactions. « L’enfant n’est pas évalué seul, mais comme un participant actif dans une situation dynamique. »<a href="#_ftn12">[12]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">« L’examen se déroule dans un ordre précis, il débute par les items d’habituation », puis c’est au tour des réflexes et du tonus, « il est ensuite pris dans le creux des bras puis contre l’épaule de l’examinateur pour observer sa ‘câlinité’. C’est alors que l’on procède aux items d’orientation et d’interaction »<a href="#_ftn13">[13]</a>. L’examen se termine par l’évaluation d’items moins agréables pour le bébé comme le réflexe de Moro. On peut regrouper les items en sept groupes :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">-          l’habituation</p>
<p style="text-align: justify;">-          l’orientation-interaction</p>
<p style="text-align: justify;">-          l’organisation motrice et la tonicité</p>
<p style="text-align: justify;">-          l’organisation des états d’éveil</p>
<p style="text-align: justify;">-          la régulation des états d’éveil</p>
<p style="text-align: justify;">-          la stabilité du système nerveux autonome</p>
<p style="text-align: justify;">-          les réflexes</p>
<p style="text-align: justify;">Ce test a un intérêt clinique, outre l’évaluation proprement dite du nourrisson. En effet, il peut être la base d’un dialogue avec les parents dans le but de les aider à mieux comprendre leur bébé en tant que sujet, à l’identifier en tant qu’un bébé singulier avec ses particularités et éventuellement ses difficultés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela peut aller du bébé excessivement calme, ne se manifestant que très peu, qui peut devenir source d’inquiétude pour les parents ou leur rendre la tâche difficile quant à le nourrir et le soigner, au bébé hypersensible réagissant fortement aux stimuli qui peut confronter d’une manière les parents à la difficulté de le comprendre au risque que ces derniers se sentent coupables de ne pas y arriver.</p>
<p style="text-align: justify;">Stoléru et Lebovici recensent à ce sujet des études concernant les différences individuelles entre les nouveau-nés qui vont, en plus des caractéristiques physiques, également affecter les représentations des parents, et donc jouer un rôle non négligeable dans la mise en place des interactions. Il existerait ainsi des différences notables pour « l’irritabilité », la « consolabilité », la capacité du bébé à s’apaiser de lui-même, la labilité de ses états de vigilance, son activité motrice, etc …<a href="#_ftn14">[14]</a></p>
<p style="text-align: justify;">« Le meilleur usage que l’on puisse en faire n’est pas obligatoirement celui du test, mais celui d’un moyen pour démontrer aux parents le comportement du nouveau-né, afin que ceux-là puissent mieux comprendre, dès le début, et le bébé et leur propre tâche. »<a href="#_ftn15">[15]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.143</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.146</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.203</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.209</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> <em>ibid.</em>, p.210</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.163</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> de Roten Y., Fivaz-Depeursinge E., « Un guide pour l’évaluation du dialogue adulte-nourrisson (GEDAN) », in Psychiatrie de l’enfant, n°35, 1, 1992, p.159</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Glatigny-Dallay E., Lacaze I., Loustau N., Paulais J.-Y., Sutter A.-L., « Evaluation des interactions précoces », in <em>Annales Médico Psychologiques </em> n°163, 2005, p.537</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> <em>ibid.</em>, p.537</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Glatigny-Dallay E., Lacaze I., Loustau N., Paulais J.-Y., Sutter A.-L., « Evaluation des interactions précoces », in <em>Annales Médico Psychologiques </em> n°163, 2005, p.538</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.93</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> <em>ibid.</em>, p.93</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Glatigny-Dallay E., Lacaze I., Loustau N., Paulais J.-Y., Sutter A.-L., « Evaluation des interactions précoces », in <em>Annales Médico Psychologiques </em> n°163, 2005, p.540</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.115</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.97</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;p=423</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Etude sur le courant de recherche des interactions précoces &#8211; première partie</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=418</link>
		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=418#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 11:23:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[interactions précoces]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie du développement]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://vincent-le-corre.fr/?p=418</guid>
		<description><![CDATA[L’observation et l’analyse des interactions parents-bébé ont une histoire plutôt courte, moins de soixante ans. Largement investi par une partie de la psychanalyse, l’observation du très jeune enfant et la confrontation de celle-ci avec les théories issues des reconstructions au sein des cures n’a cependant pas manqué de produire des polémiques dans le milieu analytique. Je souhaitais faire un panorama de ces recherches afin de mieux s'y retrouver. Voici la première partie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;">Historique du courant de recherche sur les interactions précoces</h2>
<p style="text-align: justify;">L’observation et l’analyse des interactions parents-bébé ont une histoire plutôt courte, moins de soixante ans. Ce courant de recherche a été particulièrement fécond, tant d’un point de vue clinique, dans une visée préventive, que d’un point de vue théorique. Largement investi par une partie de la psychanalyse, l’observation du très jeune enfant et la confrontation de celle-ci avec les théories issues des reconstructions au sein des cures n’a cependant pas manqué de produire des polémiques dans le milieu analytique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nous allons dans un premier temps retracer les grandes étapes de ces recherches. On peut dire que c’est la convergence de plusieurs points de vue et la volonté de certains de les intégrer qui a finalement fondé ce type de recherches. Le nourrisson est devenu, selon l’expression de Serge Lebovici, le sujet exemplaire d’un « approche transdisciplinaire ». L’apport de la psychanalyse, on l’a dit, a été essentiel. Freud s’était en effet déjà intéressé à cette question des origines, et notamment celle des toutes premières représentations. Ce fut la théorie de l’étayage (Grossièrement, les origines des liens d’attachement de l’enfant à l’adulte soignant étaient conçues comme s’enracinant dans les expériences de satisfaction des besoins physiologiques tel que le nourrissage). De Sandor Ferenczi à Karl Abraham, en passant par Mélanie Klein, on trouve des tentatives dans la théorie psychanalytique de relier les débuts de la vie psychique à la biologie et de reconstruire ainsi les bases de ce que l’on nomme la construction de l’objet interne chez l’enfant.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que les premiers travaux d’Ernst Kris et d’Anna Freud mettent l’accent sur l’importance de l’observation directe de l’enfant, en parallèle de l’analyse de la mère. Lebovici et Stoléru parlent avec A. Freud des débuts d’une « psychologie psychanalytique du développement »<a href="#_ftn1">[1]</a> et relèvent que celle-ci accorde aux parents un rôle direct dans le développement du nourrisson par les modifications de leurs attitudes en corrélation avec le nouveau-né. Ce seront les travaux de Margaret Mahler, mais surtout ceux de René Spitz, qui établiront les modèles théoriques les plus féconds. Ce dernier n’a cependant pas observé le bébé en interaction avec sa mère, et a posé le concept de privation de la relation avec l’objet maternel plus que celui d’interaction. Citons enfin le travail de D.W. Winnicott qui a aussi affirmé que les bébés doivent être étudiés avec leur mère. « Pour lui, la nourriture n’était qu’un domaine important de l’interaction parmi d’autres. Il a mis en valeur l’importance de l’expérience de la réciprocité entre bébé et mère. »<a href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A ce stade de l’histoire, il faut citer les travaux importants de deux autres courants très importants. Ceux qui se sont développés en éthologie, avec à l’origine ceux de K. Lorenz<a href="#_ftn3">[3]</a> autour de la phase critique, l’empreinte et les mécanismes déclencheurs innés : le fait que « les comportements programmés du jeune sont déclenchés par la présence spécifique d’un objet dans son entourage »<a href="#_ftn4">[4]</a>, et ceux de Tinbergen<a href="#_ftn5">[5]</a> autour des mécanismes internes de déclenchement de ces comportements dont l’objet ne serait pas nécessairement spécifique, un leurre pouvant opérer.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais aussi les approches qui ont été fécondées par la première cybernétique de Wiener et McCulloch, pour ne citer qu’eux, lors des fameuses « conférences Macy »<a href="#_ftn6">[6]</a>. La cybernétique, en passant par l’école de Palo Alto, avec Margaret Mead, Gregory Bateson et Paul Watzlawick, aboutit à ce que l’on nomme aujourd’hui l’approche systémique. Cette approche, centrée notamment sur l’étude de la communication, a fortement popularisé le concept d’interaction en promouvant un autre type de causalité désignée comme circulaire, transactionnelle et rétroactive ; le concept d’homéostasie d’origine biologique (introduit par W. B. Cannon) ; celui de système, composé d’éléments (dont la somme est bien évidemment plus que le tout) ne pouvant être décrits qu’en fonction de la totalité du système et qui sont eux-mêmes interactifs, car leur expression influence celles des autres qui les modifient rétroactivement.<a href="#_ftn7">[7]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, citons les travaux issus de la psychologie expérimentale qui ont contribué d’une part à expliquer les interactions précoces avec les concepts d’imitation, de conditionnement positif et négatif mais aussi de renforcement, et d’autre part à mettre en évidence chez le bébé des compétences très précoces perceptives et cognitives ainsi que celles qui lui permettent d’interagir avec autrui.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est donc à ce carrefour, où les avancées théoriques, mais aussi et surtout méthodologiques (la place de l’observation est centrale, ainsi que celle de l’expérimentation), furent nombreuses, que l’œuvre de J. Bolwby se situe, en essayant d’intégrer les apports de la psychanalyse, de l’éthologie, de la cybernétique et des travaux sur le développement précoce du bébé, notamment ceux de Piaget. Bowlby, frappé par les travaux de H. Harlow sur les singes (qui remettent déjà en cause la perspective psychanalytique de l’étayage sur la satisfaction des besoins oraux), construira le paradigme de l’attachement pour définir la nature des liens qui unissent le bébé et sa mère. Il va l’ancrer sur une fonction biologique spécifique et sur la théorie de la néoténie, et ce faisant, remettre en question les modèles psychanalytiques en initiant un autre courant de recherche qui va s’intéresser à décrire les interactions sociales à partir de l’étude des comportements.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, les recherches de l’éthologue Robert Hinde sont caractéristiques, et l’éthologie humaine par la suite, portée par H. Montagner par exemple, continuera d’explorer ce champ. M. Ainsworth, quant à elle, plus spécifiquement dans la lignée de Bowlby, prolongera la réflexion de ce dernier et formalisera les hypothèses de ce dernier sur les différentes modalités d’attachement à partir du fameux paradigme de la « Strange situation » pendant laquelle on observe les interactions de l’enfant amené à être séparé pendant quelques minutes de sa mère, pendant l’absence de cette dernière, et enfin pendant les retrouvailles. On peut citer également M. Main qui sera à l’initiative du AAI (Adult Attachement Interview), permettant d’établir une corrélation entre le discours des parents et le sentiment d’attachement des enfants, Tronick et Cohn qui mettront au point le paradigme expérimental du visage impassible (« Still face ») étudiant les comportements séquentiels du bébé en réaction à leur mère à qui l’on a demandé d’avoir une attitude de non-réponse aux sollicitations de ce dernier, et enfin A. Corboz-Warnery et E. Fivaz-Depeursinge qui ont mis au point une situation d’observation systématisée de la triade bébé-mère-père.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, notons que les neurosciences vont également venir enrichir ce nouveau courant d’observation et « démontrer les liens directs entre le développement du cerveau et les compétences du nouveau-né dont la description enrichit le répertoire des cognitions du bébé. Ces descriptions conduisent au riche catalogue des interactions essentiellement comportementales. »<a href="#_ftn8">[8]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les compétences et les états de conscience du nourrisson</h2>
<p style="text-align: justify;">Avant de détailler ce que l’on désigne par interactions précoces, il nous faut revenir sur l’un des partenaires de l’interaction sur lequel beaucoup de recherches de ces trois dernières décennies années ont porté, modifiant ainsi radicalement sa conception, à savoir celle du bébé.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux points qui nous intéresseront pour l’étude des interactions sont le développement de ses compétences, et leur expression au travers des états de conscience. Ces états de vigilance apparaissent comme un véritable système régulateur de base plus ou moins à disposition du nourrisson.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Les compétences précoces du nourrisson</h2>
<p style="text-align: justify;">Les compétences que J. Cosnier définit comme « les aptitudes potentielles d’un système à capter et à intégrer l’information et à émettre lui-même des signaux ou à réaliser des comportements (des ‘performances’). L’information, ou le ‘stimulus’, ou le signal révéleront donc la compétence latente, mais le contraire n’est pas vrai : une compétence peut, en l’absence d’un milieu adéquat, rester muette. »<a href="#_ftn9">[9]</a> Et l’on sait aujourd’hui que « l’ordonnancement génétique de l’organisation commence dès cette période et se poursuit sans trêve après la naissance, sans que cet événement ne vienne vraiment modifier le cours de son évolution »<a href="#_ftn10">[10]</a>. Il existe ainsi des compétences fœtales qui s’expriment dans le goût et l’audition. On répertorie habituellement les compétences sensorielles du nouveau-né en :</p>
<p style="text-align: justify;">-          capacités visuelles</p>
<p style="text-align: justify;">-          capacités auditives</p>
<p style="text-align: justify;">-          capacités olfactives</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi que des compétences motrices et sociales (capacité à imiter autrui et à entrer dans ce que l’on désigne comme la synchronie interactionnelle).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais ces compétences ne peuvent apparaître dans n’importe quelle circonstance : « leur expression dépend étroitement de l’état de vigilance dans lequel se trouve le bébé. »<a href="#_ftn11">[11]</a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les états de vigilance ou états de conscience</h2>
<p style="text-align: justify;">Ces six états ont été décrits par Wolff (1959 ; 1966). Ils sont un élément primordial dans l’examen du comportement car toutes les réactions du bébé à toute stimulation dépendent de son état de vigilance au moment du stimulus. « Ces états sont le contexte nécessaire à la compréhension des réactions du nouveau-né. Selon l’état où se trouve le nouveau-né, la stimulation est ou n’est pas appropriée. »<a href="#_ftn12">[12]</a> Ce sont :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1-      Le sommeil profond</p>
<p style="text-align: justify;">2-      Le sommeil rapide ou paradoxal</p>
<p style="text-align: justify;">3-      L’état intermédiaire</p>
<p style="text-align: justify;">4-      L’état de réveil alerte : c’est l’était d’éveil calme et attentif, l’état 4, celui où le bébé est disponible pour l’interaction dont les intervalles vont aller grandissant.</p>
<p style="text-align: justify;">5-      L’état alerte mais furieux</p>
<p style="text-align: justify;">6-      Les pleurs</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut noter que le bébé exerce un contrôle sur ses niveaux de vigilance, qu’il peut utiliser aussi à des fins défensives en réponse à des stimuli excessifs. Ainsi ce que l’on nomme l’habituation, souvent utilisée dans les expérimentations en psychologie afin de déterminer par exemple les possibilités de discrimination ou de catégorisation des nouveau-nés, est « une réaction protectrice, une fermeture du système nerveux devant une stimulation excessive de l’extérieur. »</p>
<p style="text-align: justify;">Les réactions des nourrissons et l’ampleur de leur réponse tendent à diminuer devant la répétition d’un même stimulus : « Chez le sujet humain, l’habituation à des stimulations sensorielles est interprétée en termes cognitifs : une trace en mémoire se construit qui, à chaque essai, est comparée au stimulus ; quand trace et stimulus coïncident le sujet est habitué, et l’intensité de la réponse décroît jusqu’à une valeur de plancher. »<a href="#_ftn13">[13]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">La dynamique des interactions précoces et les modalités de leur observation</h2>
<p style="text-align: justify;">Comme le souligne J. Cosnier, « insister sur le fait que le nouveau-né est compétent, ne veut pas dire que le milieu est sans importance pour lui, mais au contraire cela souligne qu’il lui est sensible dès sa naissance et qu’il est donc prêt très précocement à établir avec lui des relations transactionnelles. »<a href="#_ftn14">[14]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Aussi, le mot est lâché, afin de décrire ce processus dynamique d’adaptation mutuelle, nous nous réfèrerons à la théorie transactionnelle ou interactionnelle, qui définit un enchaînement complexe de processus bidirectionnels qui vont se développer en spirale : la fameuse <em>spirale transactionnelle</em> selon Escalona. A une époque, seul l’aspect quantitatif semblait intéresser les chercheurs; ces derniers, fidèles à un certain idéal scientifique, s’efforçaient de circonscrire leurs études aux aspects mesurables tandis que les cliniciens se réservaient l’aspect qualitatif du comportement et les « nuances plus profondes de significations qui échappent aux tentatives de quantification. »<a href="#_ftn15">[15]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette division n’est plus aujourd’hui de mise. Les observations de plus en plus fines du comportement ont permis des avancées énormes sur les compétences subtiles et très précoces du nourrisson, et on peut s’accorder sur le fait que « la quantification du comportement révèle des tendances et fournit une base pour la qualification du comportement. L’objectivation du comportement interactionnel séquentiel apporte un éclairage sur les relations de ‘cause à effet’ entre des partenaires et entre des éléments de comportement distincts. » « Enfin la quantification peut aider à interpréter les ‘intentions’ ou les ‘significations’. » <a href="#_ftn16">[16]</a> Les techniques d’observation micro-analytiques utilisant la vidéo ont permis par exemple, contrairement à l’œil nu, de pouvoir observer certains comportements jusque-là restés invisibles.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Au sein de cette spirale transactionnelle, plusieurs dimensions existent dont certaines sont plus accessibles à la mesure que d’autres. Lamour<a href="#_ftn17">[17]</a> distingue au sein des interactions parents-nourrisson trois modalités interactives :</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>- Les interactions comportementales :</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Elles sont définies comme « la manière dont le comportement de l’enfant et le comportement de la mère s’agencent l’un par rapport à l’autre » et cela, suivant trois registres :</p>
<p style="text-align: justify;">1-      <em>corporel</em> (Outre les contacts cutanés, les caresses, il y a la manière dont est tenu le bébé et dont il est manipulé ; l’ajustement tonico-postural : H. Wallon avait mis en évidence le lien entre le tonus et l&#8217;émotion, et soulignait son importance dans les interactions mère-nourrisson, il parlait d&#8217;une <em>relation tonico-affective que </em>J. de Ajuriaguerra reprendra en parlant de « <em>dialogue tonique »</em> et en mettant en exergue la fonction du tonus dans la communication inter-humaine).</p>
<p style="text-align: justify;">2-      <em>visuel</em> (Le regard mutuel et l’importance des temps de regard réciproque) et le <em>vocal</em> (Les cris et pleurs du bébé favorise le rapprochement entre mère et bébé, et ce que l’on nomme le « motherese » à savoir le langage de la mère avec sa prosodie particulière ainsi que son intonation chargée d’affects)<a href="#_ftn18">[18]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">3-      <em>les comportements de tendresse</em> étudiés par Ajuriaguerra et Casati et nommés comme : l’embrassement-étreinte, le baiser, les blottissements, les caresses. Ce sont donc les interactions réelles qui ont été étudiées principalement par les psychologues et l’éthologie humaine à l’aide de l’observation.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>- Les interactions affectives :</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Elles sont définies comme « l’influence réciproque de la vie émotionnelle du bébé et de celle de sa mère ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est en somme la tonalité affective générale de l’interaction. Cependant, comme le précise Lamour, elles « se ressentent mais ne se laissent pas facilement décrire, en raison peut-être de la difficulté des adultes de lier des affects archaïques du bébé à des représentations »<a href="#_ftn19">[19]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut observer également l’évolution de ce type d’interactions au travers de l’évolution du discours maternel : le contenu est principalement affectif jusque cinq-sept mois (la mère commente et donne du sens à l’état émotionnel de l’enfant) et devient plus informatif par la suite (commentaires sur l’activité du bébé et les évènements extérieurs).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avec D. Stern, on parle d’harmonisation affective et « d’accordage affectif », permettant aux deux partenaires de partager leurs expériences émotionnelles. Celui-ci atteint son développement vers neuf mois, pour désigner une expérience subjective où « le partenaire reproduit la qualité des états affectifs de l’autre sur un autre canal sensori-moteur. »<a href="#_ftn20">[20]</a> L&#8217;accordage se produit donc par la mise en relation d&#8217;une conduite de l&#8217;adulte différente de celle de l&#8217;enfant : elle reprend un paramètre de l&#8217;expression émotionnelle de l&#8217;enfant mais elle ne reprend pas matériellement le comportement expressif de l&#8217;enfant, au contraire, elle le traduit dans une autre modalité de comportement.Cette conduite de traduction montre que d’un côté, l&#8217;adulte cherche à reprendre le comportement émotionnel de l&#8217;enfant, et du côté de l’enfant, elle lui permet de délier l&#8217;état émotionnel de son expression et de mettre au travail les formes d&#8217;expression de ses propres émotions.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Enfin avec R.N. Emde ou encore les travaux de Campos et Feinman, on parle de référence sociale. A la fin de la première année (mais les expressions émotionnelles de l&#8217;adulte sont utilisées par l&#8217;enfant dès 9/10 mois), l&#8217;enfant devient capable d&#8217;utiliser l&#8217;expression émotionnelle d&#8217;autrui pour modifier son interprétation et, éventuellement, son action dans des situations ambiguës. Ainsi dès la fin de la première année, le bébé considère autrui comme éprouvant des états émotionnels et est capable d&#8217;utiliser l&#8217;expression d&#8217;autrui comme ressource pour sa propre activité interprétative et évaluative.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>- Les interactions fantasmatiques :</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Elles sont définies comme « l’influence réciproque de la vie psychique de la mère et de son bébé ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette notion a été introduite par Kreisler et Cramer, ainsi que Lebovici, afin d’insister sur le fait que la vie mentale des deux partenaires était à prendre en compte si l’on voulait aborder de façon satisfaisante les autres dimensions des interactions. Les interactions fantasmatiques, en somme, donnent sens aux interactions comportementales et sont, à ce titre, indispensables en clinique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Outre ces trois dimensions, il nous faut terminer cette rapide présentation des interactions par certaines notions qui jouent un rôle important au sein de ces dernières et qui vont nous aider quant à voir plus clair dans ce qui s’y déroule.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">La rythmicité et la synchronie</h2>
<p style="text-align: justify;">En effet, dans ces premiers mois d’existence, le bébé est un organisme immature donc soumis à des exigences physiologiques qui sont difficiles à réguler seul. L’adulte doit être là pour l’y aider, et pour ce faire, il doit adapter son propre comportement à l’égard du rythme de l’enfant afin de « trouver les techniques qui aident le bébé à réduire ou à contrôler les réponses motrices qui pourraient interférer avec la capacité de faire attention. »<a href="#_ftn21">[21]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La synchronie interactionnelle a été particulièrement décrite par Condon et Sander. La notion fut empruntée aux études appliquées aux interactions conversationnelles entre adultes, et appliquée aux observations de la dyade mère-bébé qui révélèrent « une synchronisation très fine entre l’organisation des mouvements de l’enfant et l’émission parolière de l’adulte, et ceci dès les premiers jours de la vie. »<a href="#_ftn22">[22]</a></p>
<p style="text-align: justify;">D. Stern a également proposé le modèle de la valse pour décrire ce moment où « chacun des partenaires connaît les pas et la musique par cœur et peut donc évoluer exactement en même temps que l’autre. »<a href="#_ftn23">[23]</a> En effet, très tôt les bébés se forment des attentes et commencent à anticiper des évènements. C’est pourquoi le paradigme du conditionnement ne suffit plus. Si l’on associe à événement A (une pression du doigt à gauche sur son front), un événement B (une goutte d’eau sucrée du côté où il a reçu la pression), « ils ne se contentent pas de tourner la tête du bon côté, ils expriment de la détresse, lorsque B ne se réalise pas »<a href="#_ftn24">[24]</a>. J. Nadel va jusqu’à proposer alors à ce sujet l’hypothèse d’une capacité très précoce à traiter l’intentionnalité de la mère.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">La réciprocité</h2>
<p style="text-align: justify;">C’est une notion importante qui a permis de déplacer le regard des observateurs qui se centrait sur, soit la mère, soit le bébé. La focale a été mise sur le lien qui se met progressivement en place entre le comportement du nourrisson qui va donc être considéré comme communicatif et la réponse associée de la mère, puis <em>vice versa.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les points majeurs de cette notion concernent les questions suivantes : « Chaque partenaire perçoit-il les messages de l’autre ? En tient-il compte ? Comment les prend-il en compte et comment affectent-ils son propre comportement et ses propres attitudes ? »<a href="#_ftn25">[25]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est surtout grâce à certaines techniques d’observation micro-analytique employé notamment par Brazelton et son équipe que l’analyse très fine des comportements d’engagement  ou de retrait durant les interactions a pu être mise au point. Vinrent ensuite des situations plus expérimentales. En mettant précisément en cause cette réciprocité, on a pu mettre en évidence son rôle dans la dynamique interactionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est, au départ, le paradigme de Tronick et Cohn, que nous avons déjà cités (la « still face » ou le visage impassible) qui a fourni des observations importantes sur le fait que le bébé est d’une part à l’origine de sollicitations envers sa mère, par le regard, le sourire ou l’ébauche d’un geste, et d’autre part, qu’il est « capable de détecter des variations dans la qualité affective du comportement maternel. »<a href="#_ftn26">[26]</a> En effet, si sa mère ne répond pas à ses tentatives d’engager une interaction, (ce que fait la mère dans l’expérience de Tronick), il se retire et se renferme. Sur une période de temps plus longue, si ces tentatives de rentrer en contact avec la mère n’aboutissent jamais, elles cesseront définitivement.</p>
<p style="text-align: justify;">T. Field prolonge ce paradigme en l’appliquant à des mères déprimées et montre que les enfants de mères non-déprimées sont plus perturbés devant le changement affectif de leur mère et réajustent leur comportement face à celui-ci, tandis que les enfants de mères déprimées ne perçoivent quasiment plus le changement affectif qui peut se produire : ils ne sont devenus que très peu sensibles aux changements chez leur mère. « La réciprocité soutient donc fortement l’interaction »<a href="#_ftn27">[27]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il faut citer les études de D. Stern sur les situations dites de « jeu libre » concernant des bébés de trois à quatre mois et leur mère. Ces situations n’ont d’autre but que l’intérêt et le plaisir mutuel, ou en termes expérimentaux : « le maintien mutuel d’un niveau d’attention et de vigilance à l’intérieur d’un intervalle optimal au sein duquel le bébé peut manifester des comportements de relation positifs tels que des sourires et des vocalisations »<a href="#_ftn28">[28]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Stern conçoit alors ce type de situation comme une structure hiérarchisée de quatre niveaux se décomposant en unités de comportement qui se combinent à chaque niveau pour former des unités plus grandes. Aux <em>actes élémentaires maternels</em> (vocalisations, gestes, sourires, …) répondent ou non une série d’actes du bébé. Au niveau supérieur, il désigne <em>des périodes d’attention visuelle mutuelle</em> qui décrivent, pour le bébé, une séquence où il observe une série d’actes maternels en maintenant son attention. Le troisième niveau sera celui des <em>jeux (games)</em> qui consistent « en une série d’épisodes d’attention mutuelle au cours desquelles l’adulte utilise de manière répétitive un ensemble de comportements avec seulement des variations mineures d’un épisode d’attention mutuelle à l’autre. »<a href="#_ftn29">[29]</a> Le dernier niveau sera celui de <em>la séquence totale de jeu (play period)</em> incluant des différentes séquences de jeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Au travers des descriptions de Stern se dessine ainsi une structure temporelle rythmique qui ne doit rien au hasard. Au niveau des actes élémentaires maternels, il décrit alors de véritables <em>phrases vocales </em>ou <em>kinétiques</em>, qui sont utilisées par la mère, mais aussi par le père, au cours d’épisodes ayant chacun un rythme particulier et propre à l’adulte.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">La contingence</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce mot a été directement adapté de l’anglais « contingency » « et traduit l’adaptabilité réciproque dans les successions interactives. »<a href="#_ftn30">[30]</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce concept englobe en quelque sorte le précédent et permet de qualifier le comportement des différents protagonistes : « C’est un concept synthétique, portant à la fois sur la perception des signaux, leur déchiffrage et l’adéquation des réponses. »<a href="#_ftn31">[31]</a> Il est donc très utile pour qualifier les interactions observées, qui deviendront harmonieuses dans le cas où la contingence domine.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Notons que dans cette optique, ce sera l’harmonie qui va devenir l’idéal de la relation avec l’enfant et il nous semble alors peut-être important de nuancer cette vision qui peut rapidement s’imposer. C’est ce qu’ont bien vu Tronick et Gianino, à notre avis, en faisant l’hypothèse que « l’expérience de réparation est un caractère permanent et essentiel de l’interaction. »<a href="#_ftn32">[32]</a> En effet, les interactions normales ne sont jamais complètement harmonieuses : 70% des interactions ne seraient pas contingentes selon Lamour, mais 34% des « erreurs » seraient corrigées dans le temps suivant de l’interaction.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nous pensons que ces « erreurs » n’en sont peut-être pas, dans le sens où elles sont peut-être nécessaires afin d’introduire un espace où le bébé puisse faire l’expérience de ce non-ajustement, de cette dysharmonie, et que ces expériences participeraient à la construction de sa propre subjectivité. En somme, une certaine dialectique harmonie/dysharmonie serait nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, notons également avec Brazelton et Berry l’importance des états de conscience quant à la contingence des interactions : « jusqu’à l’accomplissement de l’homéostasie, tout signal peut devenir aussi bien une surcharge qu’une sollicitation. L’effet des signaux d’un parent est contingent sur l’état d’attention du bébé et sur ses besoins, tout comme les propres signaux du bébé. »</p>
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.27</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.115</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Lorenz K., <em>L’agression, une histoire naturelle du mal</em>, Flammarion, 1969.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.47</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Tinbergen N., <em>L’étude de l’instinct</em>, Payot, 1953.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> J.-P. Dupuy, <em>Aux origines des sciences cognitives</em>, La Découverte, 1999.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.15</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.177</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Cosnier J., « Observation directe des interactions précoces ou les bases de l’épigenèse interactionnelle », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em>, n°27, 1, 1981, p.109</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.181</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> <em>ibid. </em> p.183</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.84</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Pêcheux M.-G., « Les méthodes de la psychologie du développement », in <em>Psychologie du développement et psychologie différentielle</em>, nouveau cours de psychologie sous la direction de Ionescu et Blanchet, PUF, 2006, p.126</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Cosnier J., « Observation directe des interactions précoces ou les bases de l’épigenèse interactionnelle », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em>, n°27, 1, 1981, p.111</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.121</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.121</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Lamour M., <em>Stratégie adaptatives précoces : une approche interactive de la psychopathologie du nourrisson</em>, in « Le développement du nourrisson », p. 459</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.192</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref19">[19]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.195</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref20">[20]</a> <em>ibid.</em>, p.196</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref21">[21]</a> Brazelton B. &amp; Cramer B., <em>Les premiers liens, </em>Calmann-Levy, 1991, p.151</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref22">[22]</a> Cosnier J., « Observation directe des interactions précoces ou les bases de l’épigenèse interactionnelle », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em>, n°27, 1, 1981, p.112</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref23">[23]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.202</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref24">[24]</a> Nadel J<em>., L’humain version bébé</em>., in « Le développement du nourrisson », p. 355</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref25">[25]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.172</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref26">[26]</a> Lamour M<em>., Stratégie adaptatives précoces : une approche interactive de la psychopathologie du nourrisson</em>, in « Le développement du nourrisson », p. 462</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref27">[27]</a> Lamour M<em>., Stratégie adaptatives précoces : une approche interactive de la psychopathologie du nourrisson</em>, in « Le développement du nourrisson », p. 462</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref28">[28]</a> Lebovici S. &amp; Stoléru S., <em>La nourrisson, la mère et le psychanalyste &#8211; les interactions précoces-</em>, Bayard 1994, p.179</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref29">[29]</a> <em>ibid.</em>, p.180</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref30">[30]</a> Lamour M. &amp; Lebovici S., « Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques », in <em>Psychiatrie de l’enfant</em> n°34, 1, 1991, p.212</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref31">[31]</a> Lamour M<em>., Stratégie adaptatives précoces : une approche interactive de la psychopathologie du nourrisson</em>, in « Le développement du nourrisson », p. 462</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref32">[32]</a> <em>ibid.</em>, p. 463</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://vincent-le-corre.fr/?feed=rss2&#038;p=418</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
