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	<title>Vincent LE CORRE - Psychologue - Psychanalyste &#187; Jeu</title>
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	<description>psychologue, psychanalyste, en institution et en libéral, travaillant, entre autres, sur les jeux vidéo, les médiations, le jeu...</description>
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		<title>Lecture du texte « Le jeu et le potentiel » de René Roussillon</title>
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		<comments>https://vincent-le-corre.fr/?p=1428#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2015 11:38:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Objet malléable]]></category>
		<category><![CDATA[Objeu]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[René Roussillon]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 7 septembre 2015.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour tout clinicien qui travaille avec des enfants et des adolescents, la question du jeu est incontournable. Et partant de là, d’un point de vue pratique, celle des objets qui vont servir dans ce jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Freud a parlé du jeu, mais il ne lui fait pas de place d’un point de vue technique, étant donné qu’à part le petit Hans, il ne s’est guère occupé d’enfant. Après la pionnière et oubliée Hermine von Hug-Hellmuth, c’est Mélanie Klein qui marque profondément le paysage de la psychanalyse d’enfants. Le jeu devient, avec Klein, l’équivalent de l’association libre chez l’adulte, donc une sorte de théâtre où les fantasmes de l’enfant vont se déployer, et que l’analyste « n’aurait plus qu’à interpréter ». Mais chaque clinicien s’occupant d’enfants s’aperçoit rapidement que cette hypothèse est bien plus complexe. Peut-on interpréter tout jeu, et doit-on vraiment le faire, et comment, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Le courant psychanalytique français aurait tendance à être plus prudent sur cette question du jeu. Dolto ne parle finalement que très peu du jeu, Lacan aussi. Le second psychanalyste le plus marquant quant au jeu fut un élève de Klein, et il fut plus que méfiant envers l’interprétation. Winnicott insistera en effet sur la dimension thérapeutique du jeu en lui-même. Le texte de Roussillon, <a href="https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2004-1-page-79.htm" target="_blank">que vous pouvez trouvez ici, </a>m’a paru intéressant car il déplie quelque chose d’essentiel sur le jeu. Il introduit ainsi à une réflexion sur l’objet du jeu, entendu comme ce qui met en marche, ce qui produit le jeu, et ce dont le jeu peut se servir concrètement afin qu’il développe ses potentialités thérapeutiques. On a donc là aussi des réflexions autour des médiations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résumé du texte </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon rappelle que la mémoire humaine « est un système ouvert ». Elle possède un fonctionnement biologique (au niveau de son inscription) qui inclurait finalement une actualisation, donc un transfert, une interprétation et donc un autre, une adresse. D’où une certaine liberté à la psyché, qui « obligerait » au jeu.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis il nous rappelle des éléments sur le jeu comme modèle du travail thérapeutique. La psychanalyse française a largement développé le modèle du rêve pour penser la cure (un état psychique proche, motricité suspendue, perception raréfiée, analyste absent du regard…). Mais d’une part, ce modèle ne conviendrait pas à tous les sujets, c’est-à-dire à ceux dont le fonctionnement psychique n’inclue pas si facilement les possibilités de symbolisation que l’on trouve dans le rêve. Alors, la suspension de la motricité et de la perception n’offrent pas les meilleures conditions pour cette symbolisation, voire peuvent aggraver la situation du patient. D’autre part, ce modèle pose également problème pour penser le travail avec les enfants et les adolescents. Perception, motricité et présence sont alors importants.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors le modèle du jeu ? Quels problèmes pose-t-il ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle pourrait être la définition du jeu dans ce modèle ? Est-ce le jeu explicite, manifeste, ou bien par analogie avec un jeu intrapsychique, ou bien encore comme métaphore ?</p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon répond évidemment qu’il s’agit plutôt d’un jeu qui implique à la fois « la conception d’un travail de reprise et de transformation » et « l’idée que, à travers le jeu manifeste, se masque et se révèle tout à la fois un autre jeu, un autre enjeu, que se trame comme dans le rêve et selon le terme de Freud une ‘autre scène’ ». Lorsque Roussillon évoque donc qu’il y a jeu et jeu, c’est à dire qu’il y a des jeux très contraints, stéréotypés « où la maîtrise de la situation semble être au premier plan et condenser l’essentiel du transfert » et d’autres formes de jeu « dans lesquelles, à l’inverse, un enjeu psychique inconscient essentiel est ‘transféré’ », cela m’a fait penser à une auteure qui a produit une thèse sur le jeu, Marie Lenormand. On peut <a href="http://www.theses.fr/2011AIX10157" target="_blank">la lire ici</a>. Dans un article, <a href="https://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2015-1-page-23.htm" target="_blank">&laquo;&nbsp;La question du jeu dans la cure des enfants : parcours, enjeux et difficultés&nbsp;&raquo;</a>, elle part du principe qu’il est finalement impossible de parler <em>du</em> jeu (en soutenant d’ailleurs qu’ « aucun auteur ne s’attarde […] à définir ce qu’est le jeu ») « comme d’une catégorie homogène, mais qu’il est bien plutôt indispensable de considérer qu’il existe <em>plusieurs types</em> de jeux. ».  Pour ce faire elle propose « un repérage, structurel, <em>des</em> jeux, considérant que tous ne s’organisent pas selon une seule et unique logique inconsciente ». Lenormand propose une tripartition à laquelle elle aboutit en fonction de la manière dont cette logique inconsciente du jeu va s’organiser selon son rapport à la castration (dénégation, démenti et forclusion).</p>
<p style="text-align: justify;">La tripartition que propose Lenormand est la suivante :</p>
<p style="text-align: justify;">1)      Les jeux  « trompe-l’œil »</p>
<p style="text-align: justify;">« Ces jeux obéissent à une logique de <em>Verneinung</em> consistant à dénier une loi pourtant reconnue et inscrite. S’y chiffre le fantasme et s’y (dé)voile le désir inconscient à la manière de la dénégation. »</p>
<p style="text-align: justify;">2)      Les jeux « leurre »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces jeux « fonctionnent à la manière de fétiches qui permettent de démentir (<em>verleugnen</em>) la castration plutôt que de la dénier (<em>verneinen</em>) »</p>
<p style="text-align: justify;">3)      Les jeux « suppléance »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces jeux obéissent cette fois « à une logique de forclusion » et ont « pour principale fonction d’opérer un traitement de la jouissance et de faire barrage à un retour du réel. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons à Roussillon. Donc, évidemment, ce qui est important dans le jeu, « c’est au niveau des enjeux inconscients qu’il faut le repérer et tenter de le dégager, c’est dans ce qu’il recèle de potentiels non encore advenus, à explorer, à découvrir, dans ce qui est latent à son expression manifeste, qu’il faut l’observer ou l’écouter. ». Roussillon veut promouvoir ainsi une approche du jeu qui comporte deux niveaux : 1) à travers ces jeux, ces <em>games</em>, répétitifs, repérer « quel jeu potentiel est resté en souffrance » 2) « dégager leur potentialité exploratoire et appropriative de l’expérience subjective qu’ils reprennent et tentent de mettre en scène. » Il l’illustre par l’exemple clinique, devenu fameux, relaté par Winnicott dans son article de 1969,<em> &laquo;&nbsp;L’observation des jeunes enfants dans une situation établie&nbsp;&raquo; (</em>in De la pédiatrie à la psychanalyse), où il travaille avec une petite fille de 13 mois. Il présente dans cet article ce qu’il appelle « une situation établie », à savoir un cadre qu’il a construit pour ses consultations avec de très jeunes enfants et où il utilise une spatule en métal.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis Roussillon entre dans une description plus fine de ce qu’il peut y avoir de symbolisant, de thérapeutique, dans le jeu.  Il part de ce qu’il appelle « l’expérience subjective ‘significative’ » comme « ‘matière première du psychisme » et de la façon dont on peut concevoir comment un sujet va se l’approprier, étant posé que cette expérience n’est pas « un donné » pour l’être humain, mais « un amalgame », « multi-pulsionnelle, multi-sensorielle, multi-perceptive, multi-esthétique », et qu’il faut en conséquence un certain travail chez le sujet pour que ce dernier assimile cette expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">La première étape de cette appropriation est celle de la maîtrise, car toute expérience psychique présente un caractère de menace pour le psychisme en ce qu’elle peut venir déborder ce dernier. C’est là que s’insère toutes les recherches sur la fonction de « contenance », ou les « enveloppes psychiques », ce que Roussillon appelle de son côté « la fonction de maintenance » de la psyché. A cette étape, l’inscription de l’expérience au sein de l’appareil psychique n’est pas garantie tant le réflexe premier de l’appareil est plutôt de se protéger contre l’éventuelle effraction. (On devrait peut-être ajouter un certain type d’inscription, car on sait combien « l’inscription » des expériences traumatiques est vécu sur le mode proche de la photographie. Ces expériences traumatiques s&#8217;inscrivent donc, mais font retour chez le sujet de manière telle qu&#8217;il ne peut les assimiler)</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde étape consiste en une seconde présentation, une re-présentation. Et c’est là que le jeu aura toute son importance. Pour que le sujet se ressaisisse de l’expérience, il lui faut lâcher momentanément sa prise, ses défenses, ce qui comporte un certain danger, celui d’être à nouveau débordé par ce caractère potentiellement effractant de l’expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">Roussillon propose alors l’hypothèse que c’est l’exercice d’une certaine liberté qui permet au sujet de se ressaisir de l’expérience. Que si ce sujet est contraint du dehors dans la première étape, il lui faut sentir que cette contrainte n’existe pas dans la seconde pour qu’il accepte de « baisser la garde ». C’est cette même liberté qui doit exister avant tout engagement d’un sujet dans un jeu. « le droit de ne pas jouer est aussi une pré-condition du jeu libre. » Les jeux à caractère compulsif serait ainsi mis en place par des sujets  lorsque une certaine sécurité n‘existe pas pour eux, et c’est alors la conquête de cette liberté qui est d’abord la première étape pour eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir de comprendre comment plus précisément la re-présentation de l’expérience peut devenir appropriation de celle-ci par le sujet, Roussillon revient sur la différenciation réalité externe/réalité interne. C’est en effet un des enjeux justement de la première étape que de maintenir cette différenciation, une fois qu’elle a été mise en place dans le développement. Mais justement, afin que le jeu devienne cet espace de transformation, de re-saisie de l’expérience, il faut que l’opposition entre ces deux espaces (réalité externe, réalité psychique) soit levée, afin que « la réalité interne vienne se ‘loger’ au creux de la réalité externe, dans la perception de celle-ci ». D’où la nécessité, que Winnicott avait souligné en son temps, que l’environnement respecte le « sacré » de l’expérience de jeu, « que le joueur ne soit pas mis dans la position d’avoir à décider de la position ‘topique’ du processus qu’il met en œuvre. » C’est ainsi la dimension d’illusion subjective qui est fondamentale, et qui permettra à son tour la possibilité, à travers l’expérience de jeu, pour le sujet de re-découvrir ce qu’il y avait au préalable déposé. Et c’est le monde du symbole qui s&#8217;ouvre alors, c’est-à-dire des objets à la fois objectifs et subjectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, Roussillon ajoute à cette dimension symbolique, la dimension des affects. A savoir que cette expérience du jouer va produire un type de plaisir spécifique, prototypique des &laquo;&nbsp;sublimations&nbsp;&raquo;. Ce nouveau plaisir signe en effet une transformation, dans le système pulsionnel. Dorénavant, « la représentation et le plaisir pris dans la représentation deviennent le nouveau but de la pulsion. La représentation n’est plus le moyen de repérer l’objet de la pulsion, de l’identifier, elle devient ce par quoi la pulsion se satisfait, ce par quoi elle s’accomplit, elle devient le but même de l’activité pulsionnelle ».</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, Roussillon finit son article sur les caractéristiques des objets matériels du jeu afin qu’ils deviennent ces supports à la symbolisation. Il décrit alors certaines propriétés des objeux comme conditions afin que ceux-ci permettent d’accueillir l’hallucination.</p>
<p style="text-align: justify;">1) Il y a ainsi des objeux qui doivent présenter certaines caractéristiques sensorielles analogues à l’expérience première à symboliser.</p>
<p style="text-align: justify;">2) Il faut parfois que ces objeux soient inanimés, donc à la merci du sujet qui leur insufflera la vie comme bon lui semble.</p>
<p style="text-align: justify;">3) Mais parfois, l’objeu pourra apporter la nécessaire surprise, la créativité, dont le sujet aura besoin dans son expérience. Un autre sujet seul peut alors l’apporter. (Dans ce cadre, le jeu vidéo serait un entre-deux. Il présente un caractère animé, une simulation de la vie via les mondes qu’il propose au joueur)</p>
<p style="text-align: justify;">4) Enfin, les propriétés de transformation, de malléabilité de l’objeu sont très importantes, en qu’elles permettront d’accueillir ce qui reste encore informe dans certains états psychiques. Mais ce n’est pas tout, cette caractéristique de transformation permettra également de ‘réfléchir’ sa propre activité au joueur […]. C’est en effet en déformant/transformant, en répétant l’expérience d’une déformation et d’une remise en forme, que le sujet commence à pouvoir réfléchir sa propre activité de symbolisation par le jeu, qu’il en prend conscience, et ainsi qu’il commence à pouvoir se l’approprier. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte de Roussillon me semble donc un élément introductif particulièrement intéressant à beaucoup de questions que se pose tout clinicien engagé dans le travail avec des enfants ou des adolescents. Il attire ainsi l’attention sur cette question essentielle de la symbolisation par le jeu, de son fonctionnement, mais aussi des conditions qui président à l’exercice de celle-ci, à la fois du côté du jeu et du fonctionnement psychique, mais aussi du côté matériel des jeux manifestes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour continuer à lire Roussillon, je vous invite à lire <a href="http://reneroussillon.com/symbolisation/fonction-symbolisante-de-lobjet/" target="_blank">« La fonction symbolisante de l’objet »</a> qui peut être lu comme un complément à ce texte. Je l&#8217;ai commenté <a href="http://vincent-le-corre.fr/?p=876" target="_blank">ici.</a></p>
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		<item>
		<title>14ème Colloque de l’ALEPH: « Jeu d’enfant » (Lille, samedi 6 avril 2013)</title>
		<link>https://vincent-le-corre.fr/?p=1193</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 08:34:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[ALEPH]]></category>
		<category><![CDATA[Franz Kaltenbeck]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris décembre 2012. Annonce du prochain colloque de l'association ALEPH sur Lille, le 6 avril 2013.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/14e-colloque-qjeu-denfantsq-lille-samedi-6-avril-2013.html" target="_blank">http://www.aleph-savoirs-et-clinique.org/14e-colloque-qjeu-denfantsq-lille-samedi-6-avril-2013.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En voici l&#8217;argument écrit par Franz Kaltenbeck.</strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Explorant   l’enfance où se joue l’avenir d’un être humain, la psychanalyse   ne pouvait pas négliger ce que Freud appela « l’occupation la plus chère   et la plus intense de l’enfant », &#8211; le jeu. En 1908, il le met à la   base même de « l’activité poétique », issue de celle du fantasme. Tout   enfant se comporte, selon lui, comme un poète ; il crée son propre   monde. Dans son séminaire <em>Les psychoses</em>, Lacan entérine cette  idée que  le poète engendre un monde. Par contre, les Mémoires d’un  névropathe du  Président Schreber ne relèvent pas de la poésie, car leur  auteur n’y  crée pas un monde à lui, il décrit son aliénation extrême,  étant donné  qu’il est devenu l’objet de la jouissance de l’Autre. Freud  prend, comme  d’ailleurs l’enfant lui-même, le jeu très au sérieux : «  Il serait  alors injuste de dire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux;  tout  au contraire, il prend très au sérieux son jeu, il y emploie de  grandes  quantités d’affect. Le contraire du jeu n’est pas le sérieux,  mais la  réalité »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_0_1193" id="identifier_0_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Freud S., &laquo; Der Dichter und das Phantasieren &raquo; (Le  po&egrave;te et l&rsquo;activit&eacute; de fantasmer), 1908. ">1</a> .</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Freud  a raison d’y rajouter que l’enfant distingue fort bien  la réalité et  le monde de ses jeux et appuie même souvent son monde sur  des objets  réels. N’a-t-il pas observé comment son petit-fils Heinerle a  su  répondre au départ de sa mère et plus précisément à l’alternance de  la  présence et de l’absence de celle-ci par le jeu d’une bobine où il   saluait l’apparition et la disparition de cet objet par deux sons que   Freud interpréta comme les mots fort (absent) et da (ici) ? L’enfant   aurait ainsi répété l’expérience désagréable de l’absence de la mère   qui ne pouvait pas être plaisante pour lui. Voilà pourquoi Freud   s’interroge à cet endroit sur l’existence d’un « au-delà du principe du   plaisir », un domaine où le sujet n’agit pas pour maintenir ses  tensions  à un bas niveau. Peut-on pointer le sérieux du jeu d’une façon  plus  incisive que par cette observation et par les « spéculations   » freudiennes sur l’automatisme de répétition et la pulsion de mort  ?</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Les  meilleurs disciples de Freud ont poursuivi la recherche dans ce  sens.  Ils ont fait du jeu à la fois un moyen d’explorer l’inconscient   infantile qui ne sait pas encore se dire et un instrument jouissif au   service de la dimension thérapeutique dans l’analyse des petits   patients. Ainsi, Lacan rend tôt hommage à Mélanie Klein qui, dans le cas   Dick<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_1_1193" id="identifier_1_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Klein M., Essais de psychanalyse, &laquo; L&amp;#8217;importance de la  formation du  symbole dans le d&eacute;veloppement du moi &raquo; (1930), Payot,  Paris, 2005. ">2</a>, a su livrer à son petit patient psychotique, grâce à un  jeu de  trains (le petit et le grand train), un symptôme très proche de  la  réalité psychique (« le schéma de l’OEdipe »)<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_2_1193" id="identifier_2_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Lacan J., Le S&eacute;minaire I. Les &eacute;crits techniques de Freud,  Paris, 1975, Seuil, p. 99-104. ">3</a>. Winnicott, lui, émancipe  le jeu de  la seule réalité psychique. Il en fait un dispositif « à  l’extérieur de  l’individu » mais précise que l’aire de ce jeu n’est  pas le monde  extérieur. Si l’objet transitionnel aide l’enfant à accepter  et à  maîtriser la présence et l’absence de la mère, le jeu est chez   Winnicott plutôt pensé comme un « phénomène transitionnel »<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_3_1193" id="identifier_3_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Winnicott  D. W., Jeu et r&eacute;alit&eacute;, Paris, Gallimard, 1975. ">4</a>. Par la  suite, des  psychanalystes ont trouvé des objets spécifiques  pour certaines  structures cliniques, par exemple les « objets de  sensation autistiques  » repérés par Francis Tustin<a href="https://vincent-le-corre.fr/?p=1193#footnote_4_1193" id="identifier_4_1193" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Tustin F., &laquo; Psychotherapy with  children who cannot play &raquo;, in The  protective Shell in Children and Adults.  Londres, 1992, Karnac Books, p.  87-121. ">5</a>  pour chaque enfant et  font partie de son corps, de  sorte que l’on peut se demander si  l’autiste joue avec  ses objets.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Depuis  les temps héroïques de la psychanalyse des enfants,  beaucoup de  jeux nouveaux sont offerts aux enfants de tout âge.  L’industrie  électronique a apporté un degré de sophistication aux jeux  d’ordinateur  dont on n’a pas encore mesuré les conséquences pour  l’inconscient et  pour le domptage des pulsions. Les  psychanalystes doivent étudier le  défi de ces objets et gadgets s’ils  veulent persister dans leur effort  d’accueillir les êtres souffrant du  malaise dans la civilisation. Après  tout, le sujet de la psychanalyse  est défini par Lacan comme sujet de  la science. Et ce sujet-là demande  plus que des thérapies  simplistes. Si les jeux d’enfants contribuent à  façonner les activités  intellectuelles et ludiques des adultes, force  est de reconnaître que  les jeux joués à partir de la puberté ou à l’âge  adulte, ne sont pas  toujours constructifs. Ils peuvent avoir des effets  dévastateurs et  régressifs. Dès leur adolescence, certains sujets  tombent dans la  dépendance des jeux d’ordinateurs et s’y consacrent  jours et nuits,  menant alors une vie de larve. À la différence des  enfants observés par  Freud, Klein, Winnicott, Tustin et d’autres, pour  ces jeunes et moins  jeunes, le jeu n’est plus un symptôme salutaire mais  plutôt une  activité incessante qui masque mal un vide menaçant.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Notre   colloque, ouvert à tout le monde, mais aussi adressé aux   médecins, psychiatres, cliniciens, soignants, éducateurs, enseignants,   littéraires et philosophes, est préparé avec l’ambition:</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>-   d’approfondir la notion du jeu dans la psychanalyse, en l’articulant   aux quatre concepts fondamentaux freudiens (inconscient, répétition,   transfert et pulsion) ainsi qu’à l’acte, à la jouissance et au symptôme   dans la théorie de Lacan ;</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>- d’étudier les rapports du jeu à la poésie, à l’art, à la science et à la philosophie ;</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>-  de  recenser les jeux nouveaux de notre époque. Ceux-ci aident le sujet   dans sa construction cognitive et psychique mais peuvent aussi   l’entraîner vers la perte des ses coordonnées personnelles et sociales ;</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>- de poser, grâce à des cas cliniques, la question de l’efficacité des jeux dans les cures d’enfants.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Franz Kaltenbeck</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<h3><strong>Parmi les intervenants, nous pouvons déjà vous annoncer la présence de :</strong></h3>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Anne BOISSIERE</strong> Professeur  à l’Université de Lille 3 où elle enseigne  l’esthétique et dirige le  Centre d’Etudes des Arts Contemporains. Elle  est notamment l’auteur de  La pensée musicale de Theodor W. Adorno  (Beauchesne, 2011), Adorno, la  vérité de la musique moderne (Presses  Universitaires du Septentrion,  1999). Elle a également coordonné le  collectif Musique et philosophie  (1997), co-dirigé avec Catherine  Kintzler, Approche philosophique du  geste dansé, de l’improvisation à  la performance (2006), et, avec  Véronique Fabbri et Anne Volvey,  Activité artistique et spatialité  (L’Harmattan, 2010).</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Sylvie BOUDAILLIEZ</strong> Psychanalyste, psychologue clinicienne au BAPU, au  CMPP Henri Wallon, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Chantal DALMAS</strong> Gérontopsychiatre à Aubagne, membre de l’ALEPH.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Franz KALTENBECK</strong> Psychanalyste à Paris et à Lille, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Vincent LE CORRE</strong> Psychologue  clinicien et psychanalyste. Il exerce à  Paris. Il est notamment  intéressé par les relations que nous  entretenons avec les machines  numériques (notamment leurs origines avec  les travaux d&#8217;Alan Turing). A ce sujet, il étudie les jeux vidéo comme  objet culturel dans leurs usages courant ou excessif.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong> </strong></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><strong>Marie LENORMAND</strong> Psychologue  clinicienne en CMPP, chargée de cours à  l’université de Provence  Aix-Marseille, docteur en psychologie, agrégée  de philosophie.</p>
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<div style="text-align: justify;"></div>
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<p><strong>Eric Le TOULLEC</strong> Psychiatre et psychanalyste à Toulouse, membre du Collège de Psychanalystes de l’ALEPH.</p>
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<p><strong>Marie-Claude THOMAS</strong> Psychanalyste  à Paris et auteur de Lacan, lecteur  de Mélanie Klein (Erès, 2012),  L’autisme et les langues (L’Harmattan,  2011) et La première journée de  Sabine (Amalthée, 2006).</p>
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<p><strong>Antoine VERSTRAET</strong> Psychologue clinicien à Lille, membre de l’ALEPH.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1193" class="footnote"> Freud S., « Der Dichter und das Phantasieren » (Le  poète et l’activité de fantasmer), 1908. </li><li id="footnote_1_1193" class="footnote"> Klein M., Essais de psychanalyse, « L&#8217;importance de la  formation du  symbole dans le développement du moi » (1930), Payot,  Paris, 2005. </li><li id="footnote_2_1193" class="footnote"> Lacan J., <em>Le Séminaire I. Les écrits techniques de Freud</em>,  Paris, 1975, Seuil, p. 99-104. </li><li id="footnote_3_1193" class="footnote"> Winnicott  D. W., Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1975. </li><li id="footnote_4_1193" class="footnote"> Tustin F., « Psychotherapy with  children who cannot play », in <em>The  protective Shell in Children and Adults</em>.  Londres, 1992, Karnac Books, p.  87-121. </li></ol>]]></content:encoded>
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